Pauline :Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
(Le Cid)
Père barbare, achève, achève ton ouvrage :
cette seconde hostie est digne de ta rage ;
joins ta fille à ton gendre ; ose : que tardes-tu ?
Tu vois le même crime, ou la même vertu :
ta barbarie en elle a les mêmes matières.
Mon époux en mourant m'a laissé ses lumières ;
son sang, dont tes bourreaux viennent de me couvrir,
m'a dessillé les yeux, et me les vient d'ouvrir.
Je vois, je sais, je crois, je suis désabusée :
de ce bienheureux sang tu me vois baptisée ;
je suis chrétienne enfin, n'est-ce point assez dit ?
Conserve en me perdant ton rang et ton crédit ;
redoute l'empereur, appréhende Sévère :
si tu ne veux périr, ma perte est nécessaire ;
Polyeucte m'appelle à cet heureux trépas ;
je vois Néarque et lui qui me tendent les bras.
Mène, mène-moi voir tes dieux que je déteste :
ils n' en ont brisé qu'un, je briserai le reste ;
on m'y verra braver tout ce que vous craignez,
ces foudres impuissants qu'en leurs mains vous peignez,
et saintement rebelle aux lois de la naissance,
une fois envers toi manquer d'obéissance.
Ce n'est point ma douleur que par là je fais voir ;
c'est la grâce qui parle, et non le désespoir.
Le faut-il dire encor, Félix ? Je suis chrétienne !
Affermis par ma mort ta fortune et la mienne :
le coup à l'un et l'autre en sera précieux,
puisqu'il t'assure en terre en m'élevant aux cieux.
(Polyeucte, Acte V, scène V)
Saint Polyeucte (IIIe siècle)
est le premier martyr de la ville de Melitine en Arménie (fêté le 22 janvier — NC).




Une pétition officielle circulait dernièrement dans
nos contrées.
L'



