монахUne vierge et Colluthos le martyr
Une autre vierge était ma voisine, mais je n’ai pas vu son visage, car elle ne sortit jamais, à ce qu’on dit, depuis qu’elle eut renoncé au monde. Or, après avoir passé intégralement soixante ans dans l’ascétisme avec sa propre mère, elle était sur le point de passer de cette vie à l’autre.  Le martyr de l’endroit, du nom de Colluthos, s’étant présenté devant elle, lui dit : « Aujourd’hui tu dois faire route vers le Maître et voir tous les saints. Eh bien, viens et déjeune avec moi dans mon sanctuaire. » S’étant donc levée de grand matin, elle s’habilla, prit dans sa corbeille du pain, des olives et des légumes, puis elle sortit après tant d’années de réclusion. Entrée au sanctuaire, elle se mit en prière. Au moment où personne n’était à l’intérieur de l’église, elle s’assit et dit au martyr : « Bénis mes aliments, saint Colluthos, et accompagne-moi dans mon voyage avec tes prières. » Ayant mangé et, à nouveau, prié, elle revint dans sa maison vers le coucher du soleil. Elle confia à sa mère un écrit de Clément, l’auteur des Stromates, sur le prophète Amos, et lui dit : « Donne-le à l’évêque exilé, et dis-lui : Prie pour moi, car je fais route. » Elle mourut au cours de cette nuit, sans fièvre ni mal de tête, mais s’étant préparée elle-même pour la sépulture.
évêque Pallade
: vies d'ascètes et de Pères du désert