Impressions :
• le film mérite bien sa réputation de qualité
• pour nous, c'est un dilemme : un film n'est pas la réalité. Quand on regarde ce film où coule beaucoup de sang, on voit l'interprétation théatrale. Ce n'est pas le Christ qui souffre, c'est un acteur qui joue un rôle et qui ne souffre pas dans sa chair : les blessures ne sont que maquillage, le sang répandu au sol n'est pas du sang... Nous avons les larmes aux yeux, mais pourquoi ? – Les offices de la Semaine Sainte nous font revivre ces moments du martyre volontaire du Christ-Sauveur : à cette période de l'année, on « vit » véritablement (si l'on n'assiste pas superficiellement aux offices, bien sûr) à nouveau ces moments, et l'on sait que l'aboutissement, le point culminant n'est pas la mort, mais la résurrection.
• on sent bien l'influence typiquement « catholique », c'est-à-dire que le côté pathétique, dramatique est fortement mis en valeur. Pour les chrétiens d'Orient, la «fête des fêtes » est Pâques – la résurrection du Seigneur. La passion du Christ n'est pas un but en soi ; elle est le moyen de la Rédemption.
Il suffit de comparer un calvaire occidental avec un calvaire oriental, et l'on voit alors la différence d'appréhension.

Calvaire de tradition occidentale :
(les pieds du Christ sont joints et contorsionnés, ainsi que les mains ; tout exprime le désespoir)
300px-Crucifixion

Calvaire de tradition orientale :
(pas de pathos, la croix est symbole de victoire)


Comme dans la tradition du « Passionsspiele » d'Oberammergau auquel, tous les dix ans (prochain en 2010), participent les habitants de ce petit village bavarois (www.passionsspiele2000.de/)