Les Allemands appellent ce jour (8 ou 9 mai): « Fin de la guerre », les Français disent : « Libération », les Russes : « Victoire ». Les Allemands pourraient dire « Défaite », mais ils préfèrent dire « Libération », sous-entendant libération du nazisme.

Pourquoi donc un Allemand peut-il conseiller à notre Eglise de ne pas participer aux commémorations du 60e anniversaire de ce jour sous prétexte que l'armée soviétique de cette époque a commis quantité de bavures ? Sous prétexte que les Anglais de cette époque ont trahi les Russes qui se trouvaient en Autriche (Lienz) ou en Allemagne, en les remettant aux autorités soviétiques – qui devaient bien entendu les exterminer par la suite ?

En 1994, l'Assemblée des évêques de l'Eglise du Patriarcat de Moscou a décidé de commémorer chaque année à cette date (9 mai) les soldats morts pour la foi, la Patrie et le peuple lors de cette guerre (1941–1945). Le nombre de victimes de cette guerre est gigantesque et reste une plaie pour le peuple. Ce jour est comme un deuxième samedi de saint Dimitri (en novembre), quand sont commémorés les soldats tombés en 1380 lors de la bataille de Koulikovo.
La responsabilité du stalinisme dans les pertes humaines de cette époque ne peut être niée. Cependant, aujourd'hui, le peuple russe ne veut pas oublier ces victimes, et c'est honorable.

Aussi, participer aux commémorations – s'il ne s'agit pas d'une action politique pour cautionner les agissements du pouvoir soviétique – est un devoir pour les Russes de l'émigration – quelle qu'elle soit. Pour l'Eglise, c'est également un devoir de commémorer les victimes de la guerre, et aussi les victimes de la dictature communiste