Aujourd'hui a lieu une « cérémonie » un peu éprouvante, au premier abord — l'exhumation des reliques de notre grand-mère russe, dont on fêtait il y a quelques jours le 28e anniversaire du décès ou plutôt de la renaissance en Christ.

Garder sa sérénité. En prenant de l'âge, il faut bien garder cette paix intérieure que l'expérience de la vie et l'expérience des épreuves nous ont apportée.
Personnellement, je me suis trouvé plusieurs fois dans des cimetières de monastères au Mont-Athos et en Terre Sainte. Dans ces pays chauds, les moines sont enterrés à même la terre, puis exhumés peu d'années après pour rejoindre les ossuaires des monastères, ce qui se fait assez naturellement. D'abord parce qu'on a l'habitude de vénérer les reliques des saints — qui ne sont autre que des ossements : on a une attitude de respect et non de crainte. Ensuite, on sait que, selon la prophétie de Ezéchiel et la promesse du Christ, les ossements prendront chair et se réanimeront le jour de la résurrection : relire le passage de cette prophétie de Ezéchiel (chap. 37, vers 1-14) qui est déclamé le soir précédant Pâques, juste après la procession du saint suaire (elle est toujours chantée par le lecteur au milieu de l'église). Ce texte se lit juste avant notre plus grande fête — la résurrection du Seigneur ! Et c'est pourquoi il faut vivre les choses dans cet esprit.

Nous ne sommes pas destinés à rester éternellement sur terre (et heureusement, car on ne pourrait sans doute plus supporter toutes ces maladies), mais pour nous chrétiens, ce n'est pas tragique, car on sait qu'il y a une autre vie après, bien plus paisible.
Appréhender le décès des gens proches et moins proches avec beaucoup d'angoisse n'est pas du tout chrétien. Car le décès n'est qu'une séparation : on s'attriste évidemment d'une séparation — qu'elle soit courte ou longue —, mais elle ne doit pas conduire au désespoir.
Car Dieu est toujours avec nous, à tout moment. Et, plus encore, au moment de la mort : comme le Christ a emporté l'âme de Sa très sainte Mère le jour de la Dormition, de la même façon Il peut prendre notre âme avec douceur et paix le jour de notre mort. C'est tout l'enseignement chrétien : ce n'est pas une théorie — c'est la vie en Christ. Et c'est pourquoi il faut toujours garder la prière aux lèvres et dans le cœur (ce n'est pas réservé aux moines), pour sentir la présence du Christ à ses côtés.
La prière du cœur, qui est répétée sans cesse, est très simple : ГОСПОДИ ИИСУСЕ ХРИСТЕ, СЫНЕ БОЖИЙ, ПОМИЛУЙ МЯ!
SEIGNEUR JESUS-CHRIST, FILS DE DIEU, AIE PITIE DE MOI !