Christophe d'Aloisio, le président de Syndesmos, a pris la parole pour expliquer de façon extrêmement brillante et audacieuse que les jeunes souhaitaient l'unité, voulaient une liturgie commune, étaient prêts à servir le Conseil œcuménique en envoyant un délégué au département de la jeunesse. Mais personne (ou presque) n'a pris le temps de l'écouter. Certes Mgr Anastassios était là. Il a bien rappelé aux participants que désormais les orthodoxes étaient 'inside the WCC', que le temps de la proposition et de l'unité devait l'emporter sur celui de la critique et de la désunion. On l'a écouté poliment, puis la discussion a repris sur la nécessité pour chacun de devoir rendre visite aux paroisses orthodoxes de la ville...
La décision avait été prise que chacun célèbre la liturgie du dimanche dans son coin. On n'a même pas envisagé de mélanger les délégations. Alors que C. Levalois n'a eu que 5 minutes pour parler, Mgr Gennadios a lu pendant 20 bonnes minutes le détail des horaires de bus pour aller à l'Eglise du patriarcat de Constantinople. On a bien ri !
Mais à la fin de la réunion plusieurs jeunes orthodoxes m'ont confié qu'ils iraient aux liturgies pentecôtistes et catholiques le lendemain tant la crise du monde orthodoxe était triste... Quant à mon ami catholique venu assister à la réunion en observateur, il est reparti en me glissant avec regret: 'Voyez comme ils s'aiment...'

Nous sommes réellement à la veille d'un éclatement du monde orthodoxe. Je viens d'ailleurs d'apprendre que la cathédrale de Nice que le patriarcat de Moscou souhaite subtiliser à Constantinople représente plus de 70 % des recettes (grâce au tourisme) de l'Eglise orthodoxe russe relevant de Constantinople en France. Si Moscou récupérait la cathédrale de Nice ce serait donc la fin d'une Eglise qui, malgré toutes ses faiblesses, est l'héritière du principal mouvement de réforme de l'Orthodoxie au XXe siècle avec des figures comme S. Boulgakov, N. Afanassiev, O. Clément, etc. Heureusement j'apprends grâce à orthodoxie.com que C. Estrosi souhaite classer monument historique la cathédrale.
Commentaires :
  1. officiellement, ce n'est pas le patriarcat de Moscou qui réclame l'église de Nice, mais la Fédération de Russie s'affirmant propriétaire du terrain depuis l'époque tsariste.
  2. M. Estrosi souhaite non pas classer la cathédrale — car elle est déjà classée monument historique —, mais son patrimoine : icônes, habits sacerdotaux, etc.