petit nouveau
Par ptit moine le lundi 12 juin 2006, 17:19 - événements - Lien permanent
Une nouvelle « recrue » pour notre monastère. Georges vient d'Avignon, a la quarantaine passée et ne parle que le français. En principe, ce ne sont pas les conditions idéales pour débuter dans la voie monastique, car plus on a vécu longtemps en célibataire, plus il est difficile de s'adapter à la vie communautaire, de renoncer à son moi et à ses habitudes. Qui plus est, chez nous, la langue commune est le russe ou l'allemand...
Cela dit, si l'on pense à la vie de saint Paul le Très-simple, le disciple de saint Antoine le Grand, on peut toujours s'attendre au miracle. Paul était en effet très âgé lorsqu'il voulut devenir le disciple de saint Antoine, et le saint refusa longtemps de l'accepter. Mais quand saint Antoine vit la forte volonté du vieillard — ce dernier resta de nombreux jours debout dans les intempéries devant la cellule du saint —, il décida finalement de le recevoir comme disciple. Paul est devenu un grand saint parmi les moines.



Commentaires
Que le Seigneur Dieu vienne en aide à son serviteur Georges, qui se lance dans l'arène de la vie monastique ! Je me permets de poser une question : est-ce bien nécessaire, pour mener une vie chrétienne, de se lancer dans un tel marathon linguistique ? Pour ma part, j'ai toujours désiré mener ma vie spirituelle et liturgique dans ma langue : le Français. Au plus intime de mon être, dans le dialogue avec Dieu, le "paravent" d'une langue morte me paraît être un obstacle important. Bien sûr, je respecte totalement les personnes pour lesquelles ces questions de langue ne sont pas un problème. J'admire ceux qui sont doués pour l'apprentissage des langues, mais il faut garder à l'esprit qu'à partir de la Pentecôte, toutes les langues sont devenues sacrées. J'espère que le serviteur de Dieu Georges gardera courage, malgré tant de défis à relever !
Encore un petit mot, si je puis me permettre... Il est magnifique de voir quelqu'un entrer dans la vie monastique dès la jeunesse. Mais aujourd'hui, au 21e siècle, il n'est pas mauvais non plus d'avoir une certaine maturité, devant un monde aux yeux duquel la consécration à Dieu n'est plus une évidence. Quelqu'un dans la quarantaine aura "fait le tour" de ce que peut offrir le monde, et se sera aperçu de ce que cela vaut réellement : ce que vaut la consommation et les plaisirs mondains... Il ne sera plus tenté d'idéaliser le monde et ses prétendus attraits, il aura constaté les limites de son "égo", et n'aura plus rien à prouver à personne. C'est une simplification de l'être qui est une bonne base pour la vie monastique. Le monde déçoit ceux qui mettent en lui leur espérance ; Dieu seul est notre joie !
Merci beaucoup, cher Père, pour vos précisions. Et bonne fête de la Pentecôte !