Jean de Cronstadt

Nous voyons parfois quelqu'un avoir l'air de prier, mais ne faire par là que travailler pour le démon caché dans son cœur, parce qu'il ne prie que de la bouche, tandis que son cœur reste froid, et éloigné du Seigneur, sans ressentir, sans désirer ce que la bouche demande et profère. Il y a de même beaucoup de communiants, qui communient peu sincèrement, sans apporter au pied de l'autel tout l'amour dont ils devraient être pénétrés, mais venant communier de la bouche seule, lorsqu'ils ont dans le cœur l'incrédulité, l'indifférence, la passion du boire et du manger, l'amour de l'argent, l'orgueil, la colère, l'envie, la paresse, et que ce cœur est bien loin de Celui qui est tout amour, toute sainteté, toute perfection, toute sagesse et toute bonté. De pareils hommes doivent examiner leur conscience, se repentir sincèrement, et se rendre bien compte de l'importance de la prière en général et de la communion en particulier. L'indifférence envers Dieu et la froideur dans la prière viennent du démon, c'est de lui que vient ce froid glacial des âmes. Quant à nous, aimons le Seigneur ardemment, aimons-Le autant que doivent l'aimer ses enfants. Donne-nous cet amour, ô Seigneur, car sans Toi, nous ne pouvons rien faire. (Jn 15,5). Tu es pour nous tout, et nous, nous ne sommes rien. Tu nous as appelés du néant à l'existence, et c'est Toi qui nous donnes tout.

Ma vie en Christ de saint Jean de Cronstadt