Alexandre Schmorell
Par ptit moine le jeudi 13 juillet 2006, 07:00 - événements - Lien permanent
C'est aujourd'hui le 63e
anniversaire de la mort d'Alexandre Schmorell. Il a été décapité à
Munich le 13 juillet 1943 par les nazis pour son activité au sein de le
Rose blanche — petit groupe opposé au régime hitlérien.
Il repose au cimetière Am Perlacher Forst
situé — providentiellement — en face de la cathédrale orthodoxe russe
actuelle de Munich. Le diocèse d'Allemagne de l'Eglise russe hors
frontières a obtenu l'autorisation du Concile des évêques de préparer
la canonisation du martyr Alexandre, qui est déjà honoré sur le plan
local.
Alexandre est né en Russie en 1917. Ses grands-parents paternels, d'origine allemande, avaient émigré en Russie au milieu du XIXe
siècle. Sa mère, russe, mourrut lorsqu'il avait deux ans, de sorte que
son éducation fut confiée à une nourrice russe très pieuse. Son père se
remaria avec une Allemande.
A l'âge de 4 ans, en pleine guerre civile, il part avec sa famille et la nourrice pour Munich.
Son père était protestant, sa belle-mère catholique, mais en souvenir
de sa mère il fut élevée par la nourrice dans la foi orthodoxe.
Il fréquente souvent l'église russe, où il rencontre ses concitoyens russes qui ont fui le régime totalitaire.
En 1942, son ami Hans Scholl le présente à l'architecte Manfred Eickemeyer qui leur dépeint le ghetto juif et la destruction systématique des Juifs et des tziganes.
Avec son ami Scholl, Schmorell fonde la Rose blanche, mouvement estudiantin opposé au régime nazi.
Sophie Scholl et de proches amis de Schmorell se joignirent à eux : Willi Graf, Christophe Probst et le professeur Kurt Huber.
En juillet 1942, les trois amis sont envoyés sur le front oriental et se retrouvent en Russie. Alexandre écrit :
Le 30 octobre, ils quittent la Russie pour l'Allemagne.J'ai souvent des conversations avec la population russe — le simple peuple et l'intelligentsia, en particulier avec les médecins. Je m'en suis formé la meilleure impression. Si l'on compare les Russes avec les Allemands ou les Français, on arrive à la conclusion à quel point ils sont plus jeunes, plus frais, plus agréables !
Ils éditent à nouveau des tracts qu'ils envoient par la poste ou laissent dans la cour des immeubles. Le 5e bulletin est le fruit d'un sérieux travail : il est tiré à 9 000 exemplaires et distribué à Berlin, Cologne, Stuttgart, Vienne, Munich. Le 6e bulletin, consacré à la catastrophe de Stalingrad, marqua la fin de leur activité : Hans et Sophie Scholl sont arrêtés à l'université le 18 février 1943, alors qu'ils y déposaient un millier d'exemplaires du tract. Les Scholl ne trahirent pas leurs compagnons, mais, lors de fouilles à leur domicile, la police put reconstituer la liste complète de l'organisation, pour ce qui concerne Munich.
Deux mois plus tard eut lieu le deuxième procès qui condamna à la guillotine Kurt Huber, Alexandre Schmorell et Willi Graf. Dix personnes furent également emprisonnées.
Lors des deux années suivantes, il y aura encore sept procès, dont celui de Hambourg où l'on continuait à imprimer des tracts.
Le 13 juillet, Alexandre Schmorell et le professeur Kurt Huber sont guillotinés.
Durant l'été 1943, l'aviation anglaise jette sur le pays un million d'exemplaires du dernier tract rédigé par le professeur Huber...
Le lendemain, 14 juillet, le corps d'Alexandre est remis à sa famille. Il est enterré par l'Eglise orthodoxe russe au cimetière Perlacher Forst de Munich où, une vingtaine d'années plus tard, viendront le rejoindre son père et sa belle-mère.
Chaque année, un office funéraire est célébré sur sa tombe par le clergé de la cathédrale russe.

Les enfants déposent des cierges sur la tombe d'Alexandre Schmorell et ses parents,
après l'office commémoratif annuel.

Source 1 (en russe)
Source 2 (en russe)



Commentaires
Le fait de s'opposer au nazisme est-il une raison suffisante pour être considéré comme saint au sens chrétien ?