14 juillet — 7 novembre
Par ptit moine le vendredi 14 juillet 2006, 08:50 - événements - Lien permanent
Des fêtes plutôt macabres...
L'année dernière, la « fête » du 7 novembre a été supprimée du calendrier russe.
A quand la suppression du 14 juillet ?
Le 14 juillet, on fête la prise de la Bastille...
La prise de la Bastille ? En 1789, des émeutiers se rendent à l'hôtel des Invalides en quête d'armes. La foule fait irruption dans l'arsenal et emporte 28 000 fusils et 20 bouches à feu. Mais il lui manque encore de la poudre...
Les émeutiers rugissent : «A la Bastille !» La rumeur prétend que de la poudre y aurait été entreposée.
Le marquis de Launay, gouverneur de la Bastille, est traîné dans les rues de la capitale avant d'être décapité par un boucher.
Sa tête est fichée sur une pique et promenée en triomphe à travers le faubourg ainsi que les têtes des autres défenseurs de la Bastille. Ce rituel macabre, inédit dans l'Histoire du pays, illustre le basculement de la Révolution dans la violence.
À la Bastille, on libère les détenus au prix d'une légère déception car il ne s'agit que de sept personnages de minable envergure (escrocs, faussaires, délinquant sexuel...). Au demeurant, les émeutiers sont surpris de découvrir des chambres spacieuses et d'un grand confort, à l'opposé des cellules de torture que décrivaient complaisamment dans leurs brochures les intellectuels poudrés qui avaient eu, comme Voltaire ou le marquis de Sade, l'occasion de séjourner à la Bastille.
Le soir même, Palloy, un entrepreneur zélé, réunit 800 ouvriers et entreprend la démolition de la vieille forteresse dont les jours étaient de toute façon comptés.
Le premier anniversaire de l'événement donnera lieu à une grande réconciliation nationale, la Fête de la Fédération.
Les députés et les délégués de tous les départements, les «Fédérés» forment un immense cortège qui traverse la Seine et gagne la vaste esplanade du Champ-de-Mars.
Dans les tribunes, sur les côtés de l'esplanade, on compte 260 000 Parisiens auxquels s'ajoutent une centaine de milliers de fédérés, rangés sous les bannières de leur département.
La tribune royale (le roi ne sera assassiné que trois ans plus tard) est située à une extrémité du Champ-de-Mars, sous une haute tente. À l'autre extrémité, un arc de triomphe.
Au centre de l'esplanade, Talleyrand, évêque d'Autun (qui ne se cache pas d'être athée), célèbre la messe sur l'autel de la patrie, entouré de 300 prêtres en surplis de cérémonie.
Ensuite vient la prestation de serment. La Fayette, commandant de la garde nationale, prononce le premier au nom des gardes nationales fédérées. Après La Fayette, c'est au tour du président de l'Assemblée de prêter serment au nom des députés et des électeurs.
Enfin, le roi prête à son tour serment de fidélité aux lois nouvelles : « Moi, roi des Français, je jure d'employer le pouvoir qui m'est délégué par la loi constitutionnelle de l'État, à maintenir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par moi et à faire exécuter les lois ». La reine, se levant et montrant le Dauphin : « Voilà mon fils, il s'unit, ainsi que moi, aux mêmes sentiments ».
Beaucoup plus tard, en 1880, la IIIe République, en faisant du 14 juillet la Fête nationale, consacrera la réconciliation de la France de l'Ancien Régime et de celle de la Révolution.
Source
Le 7 novembre est pour la Russie l'équivalent du 14 juillet. Après la pérestroïka, dans les années 1990, quand les événements de 1917 purent être éclairés de façon nouvelle, la majorité des Russes changea d'opinion à l'égard de cette « fête »; puis ce jour changea de vocation : on l'appella jusqu'à l'année dernière Jour de la concorde et de la réconciliation. Le 7 octobre, anniversaire de la révolution d'Octobre, est jusqu'à nos jours le jour de fête le plus contesté dans l'histoire du pays. L'année dernière, cette « fête » a été supprimée du calendrier (elle a été déplacée au 4 novembre en souvenir du 4 novembre 1612 — jour où Minine et Pojarski ont libéré Moscou des Polonais).
A quand la suppression du 14 juillet ?
La prise de la Bastille ? En 1789, des émeutiers se rendent à l'hôtel des Invalides en quête d'armes. La foule fait irruption dans l'arsenal et emporte 28 000 fusils et 20 bouches à feu. Mais il lui manque encore de la poudre...
Les émeutiers rugissent : «A la Bastille !» La rumeur prétend que de la poudre y aurait été entreposée.
Le marquis de Launay, gouverneur de la Bastille, est traîné dans les rues de la capitale avant d'être décapité par un boucher.
Sa tête est fichée sur une pique et promenée en triomphe à travers le faubourg ainsi que les têtes des autres défenseurs de la Bastille. Ce rituel macabre, inédit dans l'Histoire du pays, illustre le basculement de la Révolution dans la violence.
À la Bastille, on libère les détenus au prix d'une légère déception car il ne s'agit que de sept personnages de minable envergure (escrocs, faussaires, délinquant sexuel...). Au demeurant, les émeutiers sont surpris de découvrir des chambres spacieuses et d'un grand confort, à l'opposé des cellules de torture que décrivaient complaisamment dans leurs brochures les intellectuels poudrés qui avaient eu, comme Voltaire ou le marquis de Sade, l'occasion de séjourner à la Bastille.
Le soir même, Palloy, un entrepreneur zélé, réunit 800 ouvriers et entreprend la démolition de la vieille forteresse dont les jours étaient de toute façon comptés.
Le premier anniversaire de l'événement donnera lieu à une grande réconciliation nationale, la Fête de la Fédération. Les députés et les délégués de tous les départements, les «Fédérés» forment un immense cortège qui traverse la Seine et gagne la vaste esplanade du Champ-de-Mars.
Dans les tribunes, sur les côtés de l'esplanade, on compte 260 000 Parisiens auxquels s'ajoutent une centaine de milliers de fédérés, rangés sous les bannières de leur département.
La tribune royale (le roi ne sera assassiné que trois ans plus tard) est située à une extrémité du Champ-de-Mars, sous une haute tente. À l'autre extrémité, un arc de triomphe.
Au centre de l'esplanade, Talleyrand, évêque d'Autun (qui ne se cache pas d'être athée), célèbre la messe sur l'autel de la patrie, entouré de 300 prêtres en surplis de cérémonie.
Ensuite vient la prestation de serment. La Fayette, commandant de la garde nationale, prononce le premier au nom des gardes nationales fédérées. Après La Fayette, c'est au tour du président de l'Assemblée de prêter serment au nom des députés et des électeurs.
Enfin, le roi prête à son tour serment de fidélité aux lois nouvelles : « Moi, roi des Français, je jure d'employer le pouvoir qui m'est délégué par la loi constitutionnelle de l'État, à maintenir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par moi et à faire exécuter les lois ». La reine, se levant et montrant le Dauphin : « Voilà mon fils, il s'unit, ainsi que moi, aux mêmes sentiments ».
Beaucoup plus tard, en 1880, la IIIe République, en faisant du 14 juillet la Fête nationale, consacrera la réconciliation de la France de l'Ancien Régime et de celle de la Révolution.
Source
Le 7 novembre est pour la Russie l'équivalent du 14 juillet. Après la pérestroïka, dans les années 1990, quand les événements de 1917 purent être éclairés de façon nouvelle, la majorité des Russes changea d'opinion à l'égard de cette « fête »; puis ce jour changea de vocation : on l'appella jusqu'à l'année dernière Jour de la concorde et de la réconciliation. Le 7 octobre, anniversaire de la révolution d'Octobre, est jusqu'à nos jours le jour de fête le plus contesté dans l'histoire du pays. L'année dernière, cette « fête » a été supprimée du calendrier (elle a été déplacée au 4 novembre en souvenir du 4 novembre 1612 — jour où Minine et Pojarski ont libéré Moscou des Polonais).A quand la suppression du 14 juillet ?



