Il s'est récemment exprimé sur les « Eglises russes » dans la Revue quotidienne (traduction française). Si Soljénitsyne, après un exil forcé, est retourné dans son pays natal pour avoir compris — quoique pas tout jeune non plus — que la Russie et l'Eglise russe avaient bien changé, son éditeur ne lui a pas emboîté le pas.
Ce qui lui fait utiliser des mots comme « Karlovsiens » (карловчане), pour citer l'Eglise russe hors frontières. Cette terminologie à connotation péjorative en usage avant la Deuxième guerre a vraiment fait son temps.
(Précision : une juridiction appelait l'autre « Karlovsiens », qui nommait la première de « Evlogiens » — евлогиане.)

Dans ce même article, il affirme que l'Eglise hors frontières considérait auparavant le patriarcat de Moscou comme «privé de la Grâce». Drôle d'affirmation si l'on pense aux prêtres du patriarcat reçus dans l'Eglise de l'étranger. Comment cela aurait-il été possible si le Patriarcat était privé de la Grâce ?

La perle est, à mon avis, la citation suivante :
«То, что всегда характеризовало карловацкую синодальную церковь, — в ней не было никакого творчества, ни поиска новых путей, ни богословского, ни культурного творчества, почти. И это все потому, что она всегда де-факто отрицала свободу.»
où il est dit que, «dans l'Eglise hors frontières (je corrige la terminologie passéiste - NDLR), il n'y avait pas de créativité, pas de recherche de nouvelles voies, ni théologique, ni culturelle. Parce qu'elle a toujours nié de facto la liberté.»
Je me demande bien ce que sont la créativité et la recherche de nouvelles voies dans l'Eglise orthodoxe. Il me semblait que les Pères de l'Eglise avait déjà tracé depuis longtemps les voies théologiques. Et heureusement qu'ils l'ont fait, car, depuis longtemps, il n'y a plus de Pères de l'Eglise. C'est sans doute pour cela que les intellectuels de notre temps aspirent à prendre leur place.
En vain.

Autre perle : «если соединение состоится, ... то оно только усилит консервативные тенденции в православной церкви в России.» Si l'Eglise hors frontières se réunit au Patriarcat, cela ne fera que renforcer les tendances conservatrices de l'Eglise orthodoxe russe.
Ne serait-ce pas exagérer l'influence d'une dizaine d'évêques sur l'ensemble des 175 évêques du patriarcat de Moscou ?

En conclusion, il nous reste à espérer que cette génération de ptits vieux cède la place à une nouvelle génération pour qui toutes les rancœurs et querelles de chapelles du siècle passé n'auront aucun intérêt. Espérons aussi que les intérêts de cette nouvelle génération se porteront plus sur la recherche spirituelle où réside toute la richesse de la Tradition orthodoxe !