royautés
Par ptit moine le mardi 3 octobre 2006, 11:00 - réflexions - Lien permanent
On raconte que lors de la réception officielle qui a suivi le transfert de
la dépouille de l'impératrice Maria Théodorovna, s'est produit un sérieux
incident diplomatique : le Prince danois s'est levé brusquement et est sorti,
suivi par la délégation danoise, laissant les hôtes russes profiter du festin.
Le patriarche de Moscou, resté seul à sa table, a suivi le mouvement quelque
temps après, ainsi que les autres évêques.
Les rapports de la royauté et de la république ne sont apparemment pas très
bons.
Il est intéressant cependant de remarquer qu'une telle cérémonie revêt une
grande importance pour la Russie du XXIe siècle, qui cherche à
retrouver son histoire. Le temps où l'on considérait les monarques comme
d'affreux sanguinaires est passé. La presse russe en témoigne bien à travers
ses articles sur cette cérémonie.
Et qu'en est-il en France ?
En France, on fait toujours l'apologie de la Révolution de 1789, dont on
célèbre encore la prise de la Bastille. Pourtant, les horreurs de la fin du
XVIIIe siècle sont bien comparables à celles de la Russie du début
du XXe.
La famille impériale russe a rapidement été assassinée par les communistes,
sans procès. Le roi Louis XVI, quant à lui, a été guillotiné quelques années
après la révolution française, après un procès. L'attitude du roi français face
à sa condamnation a quelque chose de comparable à celle de l'empereur
russe :
Parvenu au pied de la guillotine, Louis XVI, placide, considéra un instant les
instruments de son supplice et demanda si les tambours s'arrêteraient de
battre. Il s'avança pour dire : « Je meurs innocent des crimes qu'on
m'impute. je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que
vous allez verser ne retombera pas sur la France » (source).
Il fut enterré au cimetière de la Madeleine, rue d'Anjou-Saint-Honoré. Ses
restes ne seront jamais retrouvés et le corps transporté le 21 janvier à
Saint-Denis inhumé au côté de Marie-Antoinette, trouvés le 18 janvier 1815, est
celui d'un inconnu (source).
En 1816, Louis XVIII fit élever un monument funéraire réalisé par Edme Gaulle
(source).
Quelques réflexions — «voir la suite».
« 22 janvier 1979, Alphonse de Bourbon devant les restes de Louis XVI
à la Basilique royale de Saint Denys. » (source)
Comme il est étrange de voir le cercueil d'un roi de France (à comparer au cérémonial du transfert de la dépouille de Maria Théodorovna en Russie) poussiérieux, présenté au recueillement de son descendant !
Et si le cercueil ne contient pas la dépouille de Louis XVI — comme le suppose la note précédente — quelle situation étrange !

Cathédrale de Saint-Denis.
Orants de Louis XVI, roi de France de 1754 à 1792, et de la reine Marie-Antoinette.
Ils furent commandés par Louis XVIII à Edme Gaulle et à Pierre Petitot en 1816, et réalisés en 1830.

© Eloïse Bollack / L'Internaute Magazine

Source
Une autre réflexion contemporaine sur ce thème : Maître Eolas



Commentaires
Connaît-on les causes de cet incident diplomatique ?
Sur Louis 16, son procès était totalement bidon, du genre des procès nazis ou communistes. C'était la terreur.
Il est temps que j'aille me recueillir à St Denis, jamais vu, alors que j'étais à St Petersbourg, un comble. Quant aux dépouilles impériales russes, connaît-on avec certitude leur contenu ?