saint Quentin
Par ptit moine le lundi 13 novembre 2006, 08:00 - fêtes - Lien permanent
C'est aujourd'hui la fête du père Quentin, de Lyon. Une bonne occasion pour
lui souhaiter une bonne fête, et aussi de parler un peu de saint Quentin,
évangélisateur de la Picardie, martyrisé au troisième siècle.
Reliques de saint Quentin dans la basilique de Saint-Quentin
(Aisne).

Un manuscrit du XIIe siècle, dit
l’authentique, conservé à la Bibliothèque municipale, renferme le
récit de la vie de Quentin. C'est le plus ancien retrouvé à ce sujet et il fait
partie du Trésor de la Basilique. Cette histoire a inspiré un mystère du
XVe siècle en 24 000 vers, représenté à plusieurs reprises
devant la collégiale (la dernière fois, à l'intérieur de celle-ci en
1987).
Quentinus serait le fils d'un sénateur romain du nom de Zénon. Il demande au
pape Marcellin de l'autoriser à évangéliser les habitants de la Picardie. Il
part donc prêcher : on le rencontre à Amiens en compagnie de quelques
chrétiens. Sa foi est grande, comme le prouve sa conduite en tous points
louable. Il baptisait sur les places, et, dit-on, guérissait miraculeusement
les perclus rhumatisants, les enflés hydropiques et d’autres
malades.
L'empereur Maximien et son préfet Rictiovare ménagent peu les prédicateurs de
la nouvelle religion. Sommé de mettre un terme à ses pratiques, Quentinus
refuse de se soumettre et de sacrifier aux dieux païens. Rictiovare
l'emprisonne alors à Amiens. Il est martyrisé, notamment par l’enfoncement de
broches dans les épaules (visibles sur le buste du saint qui figure sur le
blason de la ville).
Semblant ignorer la douleur, Quentin prie, ses tortionnaires ressentent les
souffrances qu'ils souhaitaient à leur supplicié ; alors on croit à de la
magie et d'autant plus facilement que les geôliers se convertissent tandis que
Quentinus est mystérieusement délivré. Repris et soumis à de plus cruelles
tortures, il parait ne pas les subir et Rictiovare s'acharne sur lui en vain.
On décide de transférer le condamné à Rome. Augusta est sur le chemin qui mène
à cette ville. Quentinus y est détenu dans une tour située en haut de la rue
Émile-Zola (détruite de nos jours). Étant emprisonné, et souffrant de la soif,
Quintinus aurait fait jaillir dans son cachot même, qui était sous terre, une
fontaine. (On lui attribue pareillement une autre fontaine miraculeuse dans une
cour, à Marteville, où il a dû passer, venant d'Amiens sous escorte). Colliette
rapporte que des enflés, des hydropiques, venaient boire et demander
la guérison à la fontaine du cachot, qui existait encore au XVIIe
siècle.
Longtemps, une sculpture de bois (le Petit Saint-Quentin) rappellera le séjour
que le martyr effectua dans la cité qui portera son nom : en 1917, les
Allemands enlèvent la statue, remplacée depuis par un bas-relief de Gabriel
Girodon.
Augusta est la dernière étape du voyage de Quentin : Rictiovare, excédé,
lui fait trancher la tête, et, pour ne pas attirer de pèlerins autour du
tombeau, il fait jeter tête et corps dans la Somme. Ceci se passe en 287.
Cinquante-cinq ans plus tard, une dame romaine, Eusébie, voit en songe Dieu qui
lui ordonne de se rendre à Augusta. Là, le miracle s'accomplit : le corps et la
tête du saint émergent des eaux qui les avaient engloutis. D'aveugle qu'elle
était, Eusébie retrouve l'usage de ses yeux.
Quand on veut transporter les reliques à Vermand, le convoi se fait si lourd
qu'il est impossible de le mener au delà de la colline. On élève une chapelle
qui cédera la place à plusieurs églises successives. Le Bourg de Saint-Quentin
naît progressivement autour de ce lieu saint. Les fidèles viennent prier et les
malades croient une guérison miraculeuse possible. Les pèlerinages
s'organisent.



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