le monastère de Sanaxar
Par ptit moine le lundi 11 décembre 2006, 11:00 - vie monastique - Lien permanent
Le monastère
d'hommes de Sanaxar est un monastère relativement ancien (XVIIe siècle), proche
de celui de Sarov où saint Séraphim a accompli ses exploits monastiques.
Il se trouve en Mordovie — petite
république indépendante située en Russie, à 500 km à l'est de Moscou. Le mot
Sanaxar provient du lac qui s'étend aux pieds du monastère.
J'ai choisi de parler un peu de ce monastère consacré à la Nativité de la Mère
de Dieu car je place presque quotidiennement des images de ses moines.
Et aussi parce que l'esprit traditionnel qui y règne est assez proche de celui
de notre communauté (en termes quantitatifs ce n'est bien sûr pas comparable :
nous sommes quatre «actifs», ils sont actuellement une centaine de moines).
Après un siècle d'existence, ce monastère déclina —
phénomène courant dans la Russie impériale à une époque où les moines étaient
souvent considérés comme parasites. Il fut alors rattaché au monastère
(Pustin') de Sarov.
A cette époque le monastère était aussi célèbre que celui de Sarov.
Au XXe siècle, lors des persécutions, il cessa son activité comme tous les monastères de Russie.
C'est en 1991 qu'il renaît de ses cendres. Chaque année, il s'enrichit d'une dizaine de nouveaux moines — ce qui montre sa vitalité. Les activités, essentiellement rurales, sont pourtant diversifiées. Comme beaucoup de monastères russes, celui-ci participe à la vie sociale en accueillant pèlerins et, surtout, des jeunes salariés qui s'initient à la vie professionnelle dans un milieu où sont absents alcool et tout ce qui fait sombrer la jeunesse russe aujourd'hui.

La règle monastique de saint Théodore (Ouchakov) est toujours en vigueur. On peut y lire que, chaque jour, l'office débute à 3 h du matin par les matines, qui sont suivies par la Divine liturgie (qui durent, en tout, plus de quatre heures). A 9 h : commence dans une autre église la Liturgie « tardive ».
Après la liturgie, tous les frères derrière le supérieur se dirigent en ordre vers le réfectoire.
Le soir, les vêpres débutent à 16 h. Elles sont suivies par les complies et par la règle monastique (lecture de canons et hymnes acathistes). Puis, les frères se rendent au réfectoire pour le repas du soir.
A 19 heures, tous se réunissent à l'église pour la règle monastique du soir qui est suivie des prières du soir.
La journée se termine par la règle personnelle en cellule : 300 prières de Jésus («Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi, pécheur») qui sont accompagnées de métanies (jusqu'au sol ou non, selon le jour) toutes les dix prières.
Cette règle précise également qu'il est indispensable pour tous d'être présents à l'église dès le début des offices, et qu'il ne convient pas de sortir avant la fin.
Pour les repas, il est précisé qu'ils sont préparés de façon identique pour tous. Il n'est pas permis de prendre de repas en cellule, ce qui concerne aussi bien les frères que le supérieur (exception est fait pour les malades).



Commentaires
Beau et bon ! Comment font-ils pour avoir des "anciens" et une tradition monastique après tant d'années de persécutions et de fermeture ? Ils ont fait venir des moines d'ailleurs pour encadrer tous ces jeunes ? Et le monastère à Sarov est tout aussi renaissant ?
"servus" ptit moine et prie pour nous (pour mon gamin Victor et pour ma Marie) !
Ayant lu votre commentaire de Sanaxar, je me demande si vous avez un commentaire sur celui de Sarov et son renouvellement aujourd'hui.
Merci de me répondre,
Marie