christianisme ?
Par ptit moine le dimanche 31 décembre 2006, 10:00 - réflexions - Lien permanent
Elément de réponse : voir la suite...Lettre de prison
« Lors de la dernière réunion des évangélistes, j'ai montré une coupure de journal où le patriarche de Moscou critiquait les protestants pour leur libéralisme outrancier, l'ordination des femmes et des homosexuels, et aussi la bénédiction des mariages unisexes.
Cela a déclenché une discussion assez intéressante.
Le pasteur a expliqué que la femme était égale à l'homme par le rang, que sa spiritualité complétait celle de la moitié masculine. Selon lui, il existe des hommes qui sont indignes d'être prêtres, de même qu'il y a des femmes dignes de l'être.
Il a raconté que lors de trois pèlerinages sur le mont Athos en Grèce, son compagnon de voyage a été importuné plusieurs fois par des propositions indécentes de moines qui y vivaient.
Il voulait ainsi condamner les propos du patriarche qui, au courant des enfreintes commises dans sa propre Eglise, critiquait celles commises dans les autres.
Il a ajouté qu'il y avait des prêtres homosexuels vivant de façon juste avec leurs partenaires, enseignant la parole de Dieu aussi bien que d'autres.
Que répondre en m'appuyant sur l'Écriture sainte ? »
Je suis franchement étonné de voir à quel point ce pasteur
évangéliste (ce texte montre pourtant
que ce n'est pas l'opinion de tout le mouvement évangéliste) ignore l'Écriture
Sainte sur laquelle, pourtant, il fonde tout son enseignement.Pour ce qui concerne les femmes, il est clair que, dans la société moderne, elles sont présentes à égalité avec l'homme dans pratiquement tous les domaines (à l'exception de ceux qui requièrent une grande force physique).
La conséquence de cet état de fait est que l'éducation des enfants est aujourd'hui complètement remise entre les mains des collectivités. Malheureusement, on ne peut pas dire que les résultats soient très positifs.
Dans la tradition judéo-chrétienne, on ne trouve pas de femme prêtre. On trouve bien des grandes prêtresses dans les civilisations antiques, mais leur philosophie est bien éloignée de la philosophie (« amour de la Sagesse ») chrétienne.
On ne voit donc pas bien pourquoi les traditions devraient changer après deux millénaires de chrétienté, comme si les premiers siècles étaient discriminatoires. Ils ne l'étaient pas, bien évidemment, simplement les femmes occupaient et occupent toujours d'autres responsabilités dans l'Église. L'exemple de la Vierge Marie est bien révélateur, à cet égard.
Pour ce qui concerne le deuxième thème, il suffit de se référer à l'Écriture Sainte. Et vraiment encore, je ne comprends pas du tout pourquoi un évangéliste tente de l'ignorer.
Exemples :
► Lévitique 18,22
« Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination. »
► Epître de st Paul aux Romains 1, 27
« et de même les hommes, abandonnant l'usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement. »
► Epître de Jude 1, 7
► 1re épître de st Paul à Timothée 1, 10
► 1re épître de st Paul aux Corinthiens 6, 9-11
► 1re épître de st Pierre 4, 3
Les traductions protestantes utilisent souvent le mot infâme pour parler de ce péché. Les traductions russes utilisent le terme « mujelojstvo », autrement dit : homme qui partage le lit avec un homme, qui est l'adaptation fidèle du grec αρσενοκοιτης (arsenokoitai).
L'Évangile ne nous enseigne pas de juger les gens, mais de juger le péché. Ce que se refusent à faire aujourd'hui les évangélistes, s'écartant complètement de l'enseignement du Christ.
Nous avons besoin d'être guidés sur la voie du salut et non sur celle de la démagogie, car nous aurons à répondre de nos péchés au jugement dernier. Mais si les guides n'appellent plus un péché — péché, comment les fidèles pourront donc avoir des repaires chrétiens ?
Chacun a péché et chacun péchera encore, car seul le Christ est sans péché, mais tout péché est effacé par le sacrement du repentir (confession) lorsque celui-ci est sincère.
C'est ce que devraient enseigner les pasteurs évangélistes.
Sur l'approche orthodoxe de la question, voir l'essai du père M-A Costa de Beauregard.
Pour ce qui concerne le patriarche russe, ses interventions lors du dernier congrès diocésain (voir le billet sur la vie monastique) montrent qu'il n'est pas moins sévère à l'égard de son clergé.
Mais une chose est de faire preuve d'amour chrétien en pardonnant les péchés de ceux qui se repentent et en ne cherchant pas à les étaler, une autre — d'enseigner que les péchés ne sont plus des péchés.



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