l'Athos défenseur de l'Orthodoxie
Par ptit moine le mercredi 17 janvier 2007, 09:27 - documents - Lien permanent
Le
texte suivant est signé par tous les représentants et supérieurs de la synaxe
commune des vingt monastères de la Sainte Montagne de l’Athos.
Il montre qu'au siècle du « politiquement correct », la Sainte Montagne ne
craint pas de défendre les valeurs traditionnelles de la foi orthodoxe. Nous
nous joignons modestement à leur voix.
Communiqué de la Communauté sacrée de la Sainte Montagne
Karyès, le 30 décembre 2006
La récente visite du Pape Benoît XVI au Patriarcat œcuménique, en la fête
patronale de saint André (30 novembre 2006), puis la visite de S. B.
l’archevêque d’Athènes, Mgr Christodoulos, (14 décembre 2006), ont
provoqué une multitude d’impressions, d’analyses et de réactions. Nous ne nous
attarderons pas sur ce que la presse sécularisée a jugé de positif ou de
négatif, pour n’insister que sur ce qui concerne notre salut, en vertu duquel
nous sommes sortis du monde pour vivre dans la solitude de la Sainte
Montagne.
En tant que moines de la Sainte Montagne, nous respectons le Patriarcat
œcuménique, à la juridiction canonique duquel nous appartenons. Nous honorons
et vénérons notre très saint patriarche œcuménique Bartholomée et nous
réjouissons de tout ce qu’il accomplit avec amour en Dieu et avec beaucoup de
peine pour l’Église. Nous sommes particulièrement sensibles à sa défense ferme
et infatigable des droits inaliénables du Patriarcat œcuménique, et ce dans des
circonstances défavorables. Ajoutons à cela son soutien aux Eglises locales
orthodoxes très éprouvées ainsi que sa préoccupation d’annoncer au monde entier
le message de l’Église orthodoxe. En outre, nous, moines de la Sainte Montagne,
honorons la très sainte Église d’Hellade, dont nous sommes pour la plupart
issus, et nous respectons son béatissime primat.
Toutefois, les événements qui se produisirent durant les récentes visites du
pape au Phanar et de S. B. l’archevêque d’Athènes au Vatican, ont provoqué
une peine profonde en nos cœurs.
Nous souhaitons et nous luttons, toute notre vie, pour conserver le dépôt des
saints Pères que nous ont légué les saints fondateurs de nos monastères et les
bienheureux pères d’éternelle mémoire qui nous ont précédés. Nous nous
efforçons de vivre, autant que nous le pouvons, le mystère de l’Église et la
foi orthodoxe immaculée, conformément à ce que nous enseignent quotidiennement
les offices divins, les Écritures sacrées et, en général, la doctrine des
saints Pères qui est fixée dans leurs écrits et dans les décisions des conciles
œcuméniques. Telles la « prunelle de nos yeux », nous préservons notre
conscience dogmatique, qui est édifiée par les combats agréables à Dieu des
saints confesseurs de la foi et par les exploits qu’ils accomplirent dans la
lutte contre les diverses hérésies. Parmi eux, nous pensons en premier lieu à
notre père parmi les saints Grégoire Palamas, aux saints moines martyrs de la
Sainte Montagne et au saint martyr Côme le Prôtos, dont nous vénérons
pieusement les reliques et dont célébrons solennellement la sainte
mémoire *. Nous craignons de nous taire chaque fois que survient un
problème qui concerne le dépôt des Pères. Nous ressentons profondément notre
devoir envers les très vénérables pères et frères de la Sainte Montagne entière
et à l’égard du pieux peuple fidèle de l’Eglise, qui considère le monachisme
athonite comme le gardien inflexible des traditions sacrées.
Les visites au Phanar du pape d’une part, et la visite au Vatican de
l’archevêque d’Athènes d’autre part, ont peut-être apporté quelque chose
d’utile « selon le monde ». Néanmoins, plusieurs événements se sont produits
durant ces visites, qui ne sont pas conformes aux dispositions de
l’ecclésiologie orthodoxe, et des engagements ont été arrêtés, qui ne seront
utiles ni à l’Église orthodoxe, ni aux chrétiens hétérodoxes.
Premièrement, le pape fut reçu comme s’il était l’évêque canonique de Rome.
Pendant la cérémonie, le pape porta l’omophore et le patriarche œcuménique le
salua par ces paroles : « Béni soit celui qui vient au nom du
Seigneur », comme s’il s’agissait du Christ notre Seigneur. Ensuite, le
pape bénit les fidèles rassemblés et on lui chanta ad multos annos en
tant que « très saint » et « béatissime évêque de Rome ».
En outre, la préséance du pape avec l’omophore lors de la divine liturgie
orthodoxe, la récitation du Notre Père, le baiser de paix liturgique
avec le patriarche, sont des manifestations qui dépassent les simples prières
communes. Et tout cela, alors que l’institution papale n’a cédé en rien sur ses
enseignements hérétiques et sur sa politique. Au contraire, ladite institution,
de façon notoire, encourage l’uniatisme et réaffirme les dogmes relatifs à la
primauté et l’infaillibilité, allant encore plus loin avec des prières communes
interreligieuses et l’hégémonisme pan-religieux du pape de Rome qui y
transparaît.
En ce qui concerne la réception du pape au Phanar, nous sommes particulièrement
affligés du fait que tous les média n’ont cessé de répéter la même information
erronée selon laquelle les tropaires chantés à ce moment, avaient été composés
par un ou plusieurs moines de la Sainte Montagne. Nous profitons de l’occasion
pour informer les pieux chrétiens orthodoxes que le compositeur n’était et ne
saurait être un moine de la Sainte Montagne.
Ensuite, la tentative de S. B. l’archevêque d’Athènes de conclure des
relations avec le Vatican au niveau des questions sociales, culturelles et
bioéthiques, ainsi que l’objectif de défendre ensemble les racines chrétiennes
de l’Europe (de telles positions se trouvent aussi dans la déclaration commune
du pape et du patriarche au Phanar) peuvent sembler anodines, voire même
positives. En effet, elles visent à entretenir des relations humaines dans la
paix. Pour autant, il est important que, parallèlement, tout cela ne donne pas
l’impression que l’Occident et l’orthodoxie s’appuient aujourd’hui sur les
mêmes bases, ou ne conduise à oublier la distance qui sépare la tradition
orthodoxe de ce que l’on présente habituellement comme le soi-disant « esprit
européen ». L’Europe (occidentale) porte le poids d’une série d’institutions et
d’actes anti-chrétiens, tels que les croisades, l’inquisition, la traite des
esclaves et la colonisation. Elle subit en outre la charge de sa division
tragique avec le schisme du protestantisme, celles des guerres mondiales
dévastatrices et aussi de l’humanisme anthropocentrique, ou encore de son
athéisme. Tout cela constitue les conséquences des déviations théologiques de
Rome par rapport à l’orthodoxie. L’une après l’autre, les hérésies papiste et
protestante ont éloigné du monde occidental l’humble Christ de l’orthodoxie, et
ont intronisé à Sa place l’homme orgueilleux. Le saint évêque Nicolas d’Ochrid
et Jitcha écrivit depuis Dachau : « Alors, qu’est-ce que
l’Europe ? Le pape et Luther... Voilà ce qu’est l’Europe, intimement,
ontologiquement et historiquement ». Le bienheureux père Justin Popovitch
renchérit : « Le concile de Vatican II constitue la renaissance
de tous les humanismes européens... car le concile a persisté dans son adhésion
au dogme de l’infaillibilité papale », et d’ajouter :
« Indubitablement, les autorités et les pouvoirs de la culture et de la
civilisation européennes (occidentales) combattent le Christ ». C’est pour
cela qu’il est si important d’annoncer l’humble ethos de l’orthodoxie et de
soutenir les véritables racines chrétiennes de l’Europe unie ; les racines
que l’Europe eut durant les premiers siècles du christianisme, à l’époque des
catacombes et des sept saints conciles œcuméniques. Il est souhaitable pour
l’orthodoxie de ne pas se charger des péchés des autres ; de plus, à tous
les Européens qui se sont déchristianisés en réaction aux déviations du
christianisme occidental, il ne faut pas donner l’impression que l’orthodoxie
est liée à celui-ci. Ce serait échouer à témoigner de l’orthodoxie comme de
l’authentique foi en Christ et unique espérance des peuples d’Europe.
Il est manifeste que les catholiques-romains se sont révélés incapables à
renoncer aux décisions de leurs conciles tardifs (et selon eux
« œcuméniques »), qui ont légitimé le Filioque, la primauté du pape,
l’infaillibilité du pape, l’autorité temporelle du pontife romain, la Grâce
créée, l’Immaculée conception de la Mère de Dieu, l’uniatisme. En dépit de tout
cela, nous, orthodoxes, poursuivons les visites dites protocolaires,
accordant au pape les honneurs dus à un évêque orthodoxe et transgressant une
série de canons qui interdisent les prières communes, tandis que le dialogue
théologique fait naufrage de façon répétée et, après avoir été ramené des
profondeurs, sombre à nouveau.
Toutes les indications conduisent à la conclusion que le Vatican ne s’oriente
pas vers un rejet de ses doctrines hérétiques, mais uniquement vers leur
ré-interprétation, en d’autres mots, vers leur dissimulation.
L’ecclésiologie catholique-romaine varie d’une encyclique à une autre ;
depuis la prétendue ecclésiologie « ouverte » de l’encyclique Ut
Unum Sint, jusqu’à l’exclusivisme ecclésiologique de l’encyclique
Dominus Jesus. Il convient de souligner que ces deux vues
catholiques-romaines sont contraires à l’ecclésiologie orthodoxe. La conscience
que la sainte Église orthodoxe a d’elle-même en tant qu’unique Église une,
sainte, catholique et apostolique, ne reconnaît pas les églises et confessions
hétérodoxes comme Eglises sœurs. Seules les Églises locales orthodoxes
partageant la même foi sont les Églises Sœurs. Aucune application du terme
Eglises sœurs à des Eglises autres qu’orthodoxes n’est théologiquement
admissible.
Le Filioque est promu, du côté catholique-romain, comme une expression
légitime de l’enseignement sur la procession de l’Esprit Saint, et présenté
comme théologiquement équivalent à la doctrine orthodoxe selon laquelle cette
procession est « du Père seul » . Cette position catholique-romaine est hélas
défendue par certains de nos propres théologiens.
De plus, le pontife continue à présenter la primauté papale comme un privilège
inaliénable, ce qui ressort du récent abandon du titre de « patriarche
d’Occident » par l’actuel pape Benoît XVI ; cela apparaît aussi dans
sa mention du ministère universel de l’apôtre Pierre et de ses successeurs lors
de son homélie en la cathédrale patriarcale, ainsi que d’un récent discours qui
incluait la phrase suivante : « ... au sein de la communion avec les
successeurs des apôtres, dont le successeur de l’apôtre Pierre garantit l’unité
visible, la communauté ukrainienne catholique (c’est-à-dire uniate) est
parvenue à préserver vivante la tradition sacrée dans toute son
intégrité » (Katholiki N° 3046/18.4.2006).
L’uniatisme est à nouveau renforcé et réaffirmé de façons diverses et variées,
en dépit des dénégations occasionnelles du pape. Cette attitude dénuée de
sincérité, est témoignée, entre autres exemples, par l’ingérence provocatrice
du précédent pape, Jean-Paul II, qui conduisit le dialogue
catholico-orthodoxe de Baltimore à l’échec, ainsi que la lettre envoyée par le
pape actuel au cardinal Ljubomir Husar, archevêque uniate d’Ukraine. Dans cette
lettre datée du 22.2.2006, est mis en relief ce qui suit : « Il est
impératif que nous assurions la présence des deux grands porteurs de l’unique
tradition (le latin et l’oriental)... La mission que l’Église gréco-catholique
a entreprise, en étant en pleine communion avec le successeur de l’apôtre
Pierre est double : d’une part, elle doit préserver de façon visible la
tradition orientale dans l’Église catholique ; d’autre part, elle doit
favoriser le rassemblement des deux traditions, témoignant qu’elles peuvent non
seulement se coordonner entre elles, mais qu’elles constituent aussi une unité
profonde dans leur variété ».
Vues sous cet angle, les échanges d’amabilités, comme les visites du pape au
Phanar et celle de l’archevêque d’Athènes au Vatican, sans la préalable unité
dans la foi, finissent par créer, d’une part, de fausses impressions d’unité
et, ce faisant, éloignent du monde hétérodoxe la perspective de l’Église
orthodoxe comme véritable Église. D’autre part, ils ont pour conséquence
d’émousser la conscience dogmatique de nombre d’orthodoxes. Plus encore, ils
poussent certains pieux fidèles orthodoxes, inquiets de ce qui se passe de
façon inopportune et contraire aux saints canons, à quitter le corps de
l’Église et à créer de nouveaux schismes.
Aussi, par amour pour notre orthodoxie, mais avec un sentiment de douleur pour
l’unité de l’Église, et dans le but de préserver la foi orthodoxe de toutes
innovations, nous proclamons à l’adresse de tous, ce qui fut proclamé par la
synaxe double de notre sainte Communauté de la Sainte Montagne le 9/22 avril
1980 :
« Nous croyons que notre sainte Église orthodoxe est l’Eglise du Christ,
une, sainte, catholique et apostolique, possédant la plénitude de la Grâce et
de la Vérité, et, pour cette raison, une succession apostolique ininterrompue.
A l’inverse, les "Eglises" et "confessions" de l’Occident, ayant altéré la foi
de l’Evangile, des Apôtres et des Pères sur bien des points, sont privées de la
Grâce sanctifiante, des véritables mystères et de la succession
apostolique...
« Le dialogue avec les hétérodoxes — s’il a pour but de les informer sur la foi
orthodoxe, afin qu’après être devenus réceptifs à l’illumination divine et que
leurs yeux se soient ouverts, ils reviennent à la foi orthodoxe — n’est pas
condamnable.
« En aucune façon, le dialogue théologique ne doit être accompagné de prières
communes, de participations à des assemblées liturgiques et cultuelles
communes, ainsi que de tous autres actes qui donneraient l’impression que notre
Église orthodoxe reconnaît les catholiques-romains comme étant pleinement une
Eglise et le pape comme étant l’évêque canonique de Rome. De telles actions
égarent le plérôme orthodoxe, aussi bien que les fidèles catholiques romains
auxquels est donnée une impression fausse quant à ce que l’orthodoxie pense
d’eux...
« Par la Grâce de Dieu, la Sainte Montagne demeure fidèle — tout comme le
peuple orthodoxe du Seigneur — à la foi des saints Apôtres et des saints Pères,
et aussi à l’amour dû aux hétérodoxes, qui sont réellement aidés lorsque les
orthodoxes, par leur position orthodoxe conséquente, leur montrent l’ampleur de
leur maladie spirituelle et leur indiquent le mode de thérapie.
« Les tentatives d’union avortées du passé nous enseignent que pour une union
durable et conforme à la volonté de Dieu, dans la vérité de l’Eglise, il est
requis une préparation et un cheminement différents ce ceux qui furent suivis
dans le passé et qui, semble-t-il, sont suivis de nos jours ».
signé par tous les représentants et supérieurs de la synaxe commune
des vingt monastères de la Sainte Montagne de l’Athos. »
* NdT : Il s’agit des moines athonites mis à mort sur l’ordre de
l’empereur Michel VIII,
en raison de leur opposition à l’union signée au concile de Lyon en 1274.
TRADUCTION DU GREC : BERNARD LE CARO
Traduction
russe du document



Commentaires
Malheureusement, c'est bien ce type de déclaration qui constitue un obstacle irrémédiable à mon entrée en orthodoxie. Que Dieu nous pardonne.
Que faire ? probablement rien sinon prier les uns pour les autres. Et pour ma part, rester fidèle à l'église catholique romaine.
Mêmes réflexions que celles de Nicodème... On trouve finalement dans l'Eglise Orthodoxe, le même manque de charité et le même pharisianisme que dans l'Eglise Catholique Romaine... Tout ça pour ça... Comme l'a écrit Blaise Pascal "qui veut faire l'ange fait la bête"...
D'accord sur l'appréciation de la portée de la déclaration des moines du mont Athos.
Quant au pharisianisme de l'Eglise catholique, malheureusement les exemples abondent...
S'agissant du pharisianisme de l'Eglise orthodoxe, un "bon exemple" est la condamnation de Léon Tolstoi. Je viens de lire "Résurrection", franchement cela vaut-il une excommunication ?
@ Christophoros
— Je ne crois pas, car ce sont ces mêmes ouvriers qui se sont retrouvés acteurs, quelques années plus tard, de la sanglante révolution.
Il est certain que l'Église russe du XIXe siècle (depuis le XVIIIe s. de Pierre-le-Grand) était, on peut dire, asservie à l'État, mais cet État était tout de même chrétien. Dans le martyre des innombrables évêques, prêtres et laïcs, l'Église russe a, à mon avis, sanctifié ce pays et donné le renouveau que l'on connaît aujourd'hui, par leurs saintes prières.
En fait, il faut comprendre le mot excommunication non comme une punition, mais comme un acte pastoral. Si, par ses paroles ou ses actes, une personne propage des théories qui sont contraires à l'enseignement chrétien — bien qu'elle s'affirme sincèrement chrétienne —, ceci est nuisible au peuple chrétien ; c'est donc le rôle l'Église de dire clairement que cette personne s'est exclue de l'Église « Une, sainte, Catholique et Apostolique » (Symbole de Nicée). C'est ainsi que l'Église a procédé depuis l'apparition des premières hérésies (gnosticisme, arianisme, etc.).
Dans la littérature française contemporaine, on présente Tolstoï, de façon plutôt primitive, comme la victime d'une Église contre laquelle il s'opposait. La réalité est autre : son « enseignement » (car il s'agit bien de SON enseignement) est une interprétation des Évangiles, de la même façon de chaque « Église » de la mouvance Protestante présente son approche du christianisme.
Mais je crois que c'est un sujet qui dépasse largement les limites d'un commentaire. Et je soupçonne Christophoros de vouloir me faire plancher sur ce sujet, qui est d'ailleurs fort intéressant.
Je m'incline et, dès que je trouve un peu de temps, je poste un billet sur la religion de Tolstoï (Gandhi était un grand admirateur du génial écrivain : cela donne une idée de cette religion).
Quelle perspicacité ce petit moine !
Il faut bien dire que, souvent, les auteurs "catholiques" (au sens large c'est-à-dire croyants et culturellement catholiques) utilisent de façon extensive le terme excommunication et non au sens strict du droit canon. Ainsi, parlent-ils d'excommunication de Baruch Spinoza par les autorités religieuses juives, ce qui n'a aucun sens...
Mais on comprend bien l'idée sous-jacente : le fait d'exclure un invididu d'une communauté religieuse du fait soit de l'attitude dudit individu, soit de ses prises de positions doctrinales...
Finalement, il est assez triste de constater que les communautés humaines (religieuses ou non) ont comme une tendance naturelle à exclure certaines personnalités exceptionnelles qui ne s'inscrivent pas tout à fait dans une doctrine standardisée (Tolstoi, Baruch Spinoza, mais on pourrait, je pense, prendre d'autres exemples...).
Je suis en accord total avec les moines Athonites, et reste certain que l'oecuménisme actuel à la romaine et à la mode du Phanar reste une hérésie. Que cela plaise ou déplaise. La charité est une chose dans laquelle on trouve du potage à la sauce du monde actuel: "la pensée "citoyenne", il ne faut pas dire ce qui est juste de peur de choquer, d'être perçu comme un intégriste, comme raciste etc... Que de confusion au non de la pensée correcte."
Hors ici il est question de la Foi des Pères, des Sts. Conciles. Et hélas, il doit être dit que Rome est hérétiques au même titre que les protestants, et que le Phanar et ses sbires de St. Serge à Paris sont eux aussi pas loin de l'être.
Je vous vois déjà hurlé au loup parce que j'écris ces lignes,et pourtantje les maintiens.
J'aime l'homme en tant que créature divine, mais l'amour, le respect, voir la tendresse spirituelle n'empêche pas de dire la vérité et de s'y tenir, envers et contre tous et tout.
Les Moines de l'Athos en 1923 sont sortis de leur monastères pour sauver l'orthodoxie contre vents et marées des dégats causés par l'ignoble Métaxakis, patriarche de Constantinople Son successeur d'aujourd'hui est son digne fils spirituel. Et pourtant je dis et redis avec saint Nectaire d'Égine "...la si douce Église orthodoxe..." L'Église est l'Église du Christ, Elle est peuplée d'hommes d'après la chute, Elle est dans un monde où il ne fait pas bon de croire et d'être orthodoxe aujourd'hui. Quant à nos chers biens pensants citoyens, n'ont-ils pas dit amen devant les mensonges de l'Occident hérétique lors des bombardements de la Serbie, n'ont-ils pas adhérés aux mensonges médiatiques antiserbes sur les prétendus camps, les prétendus fosses communes?
Malheureusement tout cela est un tout, qu'on le veuille ou non.
Que des Romains veuilles de venir orthodoxes, pourquoi pas, mais si la pensé d'un Père Justin Popovitch leur fait peur, si la vérité proclamée par les Athonites les choque, qu'ils restent là où ils se sentent bien, à Rome.
C'est ce genre de texte qui m'a entre autre chose poussé à embrasser la foi orthodoxe...
Pour commencer je voudrais employer le salut que Saint Seraphim de Sarov adressait à toute personne qu'il rencontrait: le Christ est ressuscité !
Je suis un converti orthodoxe baptisé à Moscou, mais né à Rome. Je crois donc connaitre un peu et de l'intérieur l'attitude de l'Église de Rome vis-à-vis des autres communautés ou Églises chrétiennes et vis-à-vis du "monde". Rome dans sa tradition séculaire est très activement engagée dans une action d'élargissement perpétuel de son influence non seulement sur le monde chrétien, mais sur le monde tout court. Je ne rappellerai pas ici les problèmes liés à la troisième tentation - mes connaissances limitées m'empêchent de donner un cadre exhaustif de la situation. Toutefois il est indéniable que Rome continue dans cette voie et que toute tentative de rapprochement entre les Églises orthodoxes et l'Église de Rome est toujours soumise à l'acceptation de la primauté du Pape, ce qui implique, à mon avis, également l'acceptation du dogme romain de l'infaillibilité papale. Quant au problème central, la question du filioque, il ne peut pas être réduit à une simple diversité de point de vue. Elle remet en cause le fondement de notre foi et la Vérité de la Très Sainte et Divine Trinité. Ce n'est pas un détail et ce n'est pas non plus une différence pour ainsi dire "culturelle". Il s'agit d'une véritable hérésie que nous ne saurons accepter ou justifier au nom d'une prétendue réunification "amicale". Rome ne renonce pas à ses positions dogmatiques comment peut-on dans des conditions, inchangées sur le plan théologique, tenter un rapprochement? Sur quelles bases théologiques, dogmatiques, liturgiques pourrions-nous fonder ce rapprochement ? L'Église orthodoxe doit rester ferme dans sa position et, comme le disent les moines du Mont Athos, ne pas disperser son héritage et ne pas perdre son rôle de véritable espérance pour l'Europe.