enluminureQuand j'étais au monastère de l'abbé Séridos, je confiais tout au vieillard, l'abbé Jean, et jamais je n'admettais de faire quelque chose sans son avis. Parfois ma pensée me disait : « Le Vieillard va te dire telle chose. Alors pourquoi l'ennuyer ? » Mais je me répondais à moi-même : « Anathème à toi, à ton discernement, à ton intelligence, à ta prudence et à ta science ! Ce que tu sais, tu le sais des démons. » Je m'en allais donc interroger l'abbé Jean, et il arrivait parfois que sa réponse était précisément celle que j'avais prévue. Alors ma pensée disait : « Eh bien quoi ? C'est ce que je disais. Tu as dérangé le vieillard inutilement. » Et je répondais : « Maintenant je sais que cela vient de l'Esprit-Saint. Car ce qui vient de toi est mauvais, cela vient des démons, cela vient de tes passions. » Ainsi jamais je ne me permettais de suivre ma pensée sans prendre conseil.
Dorothée (Instruction V, 66) : Les moines de Gaza