enluminureVous n'avez pas l'expérience de cette obéissance qui ne raisonne pas, et vous ne connaissez pas non plus le repos qu'on trouve en elle. J'interrogeais un jour le Vieillard, l'abbé Jean, disciple de Barsanuphe : « Maître, l'Ecriture dit que c'est par beaucoup d'épreuves qu'on entre dans le Royaume des cieux. Or je constate qu'à présent je n'ai pas la moindre épreuve. Que dois-je donc faire pour ne pas perdre mon âme ? » Car je n'avais aucune épreuve, aucun souci. S'il m'arrivait d'avoir une pensée, je prenais une tablette et j'écrivais au Vieillard. Et je n'avais pas fini d'écrire que j'en ressentais déjà soulagement et profit. Tels étaient donc mon insouciance et mon repos. Cependant, comme j'ignorais la puissance de la vertu et que j'entendais dire que c'est par beaucoup d'épreuves qu'on entre dans le Royaume des cieux, je m'inquiétais de ne pas avoir d'épreuves. Mais quand je fis part de ma crainte au Vieillard, il me dit : « Ne te tracasse pas : toi, tu n'es pas en cause. Tous ceux qui se livrent à l'obéissance des Pères possèdent cette insouciance et ce repos. »
Dorothée (Instruction 1, 25) : Les moines de Gaza