triomphe des icônes
Par intérimaire le dimanche 25 février 2007, 08:30 - fêtes - Lien permanent
Dimanche du Triomphe de l'Orthodoxie
Le premier Dimanche de Carême, nous faisons mémoire du rétablissement des
Saintes Icônes advenu sous le règne de Michel, empereur de Constantinople, et
de sa mère Théodora, d'éternelle mémoire, et sous le pontificat du Saint
Patriarche et Confesseur Méthode.
Les Icônes jadis avaient été bannies :
j'exulte quand je vois leur culte rétabli.
LORSQUE Léon l'Isaurien, d'artisan et d'ânier qu'il était,
prit le sceptre de l'empire, par concession de Dieu, le Patriarche Germain, qui
tenait alors le gouvernail de l'Eglise, fut aussitôt appelé par lui pour
s'entendre dire : « A ce qui me semble, Monseigneur, les Saintes Images ne
diffèrent en rien des idoles ; ordonne donc qu'elles soient rapidement
enlevées. Si elles représentent vraiment les saints, qu'elles soient mises plus
haut, afin que les pécheurs que nous sommes ne les souillent pas constamment de
leurs baisers. » Le Patriarche, cherchant à détourner l'empereur d'une telle
aversion, lui dit : « Sire, ne te fâche pas, mais qui entendons-nous parler
contre les Saintes Icônes? quelqu'un qui porte le nom de "Conon"! » Et lui : «
Oui, c'est ainsi que j'étais appelé, quand j'étais enfant. »
Comme le Patriarche ne se laissait pas convaincre de se ranger à l'avis de
l'empereur, celui-ci l'exila et mit à sa place Anastase, qui partageait ses
idées. Et c'est ainsi que fut déclarée la guerre contre les Saintes Icônes. On
dit que les premiers à lui inspirer cette aversion furent des juifs, qui lui
prédirent grâce à une sorcière son accession au trône, alors qu'il était pauvre
et qu'avec eux il pratiquait pour vivre le métier d'ânier. Lorsqu'il eut fini
de vivre et si mal, Constantin Copronyme, ce lionceau encore plus cruel issu de
lui, devint l'héritier de son pouvoir et plus encore de sa rage contre les
Saintes Icônes. Mais qu'est-il besoin de dire les faits et gestes de cet impie?
Sinon que, lui étant mort de façon encore plus honteuse, son fils [Léon IV] né
de la Khazare s'assit sur le trône.
Après que lui-même eut achevé sa méchante vie, Irène et Constantin devinrent
les héritiers du pouvoir. Ceux-ci, guidés par le très saint Patriarche Taraise,
réunirent le lle septième Concile et l'Eglise du Christ accueillit à nouveau
les Saintes Icônes. Lorsqu'il eurent déposé la royauté, il y eut Nicéphore le
Logothète, puis son fils Stavrakios et, après lui, Michel Rangabè, qui
vénérèrent les Saintes Images. A Michel succéda le féroce Léon l'Arménien :
perfidement corrompu par un moine impie, un reclus, il déclencha la seconde
lutte contre les Icônes, et de nouveau l'Eglise de Dieu se trouva sans
ornement. Michel d'Amorium lui succéda, puis son fils Théophile qui laissèrent
les autres au second plan dans la fureur contre les Icônes. Ce Théophile livra
beaucoup de Pères à d'horribles peines et châtiments à cause des images
sacrées. Après douze ans de règne, il fut pris de dysenterie et faillit perdre
la vie : sa bouche s'ouvrit de façon exagérée, au point de laisser paraître ses
entrailles. L'auguste Théodora fut très fâchée de ce qui arrivait — à peine
endormie, elle eut la vision de la Sainte Mère de Dieu, tenant dans ses bras le
Dieu d'avant les siècles et entourée d'Anges resplendissants, qui blâmaient et
châtiaient Théophile son époux. Lorsque le songe la quitta, Théophile,
s'éveillant un moment, s'écria : « Malheur à moi, je suis puni à cause des
Saintes Icônes! » Aussitôt l'impératrice posa sur lui l'Icône de la Mère de
Dieu, en la priant avec des larmes. Alors Théophile, malgré ses dispositions,
vit quelqu'un des assistants qui portait un encolpion : il saisit la médaille
et la baisa, et aussitôt cette bouche qui n'avait cessé de braire contre les
Icônes et ce larynx qui bâillait sans mesure reprirent leur forme initiale ;
alors il fit cesser toute contrainte et violence, confessant qu'il était bon de
vénérer les Saintes Icônes et de leur rendre un culte. L'impératrice, ayant
sorti de ses coffres les Saintes et vénérables Icônes, disposa Théophile à les
baiser et vénérer de toute son âme. Peu après, Théophile mourut. Théodora,
ayant rappelé tous ceux qui étaient en exil ou en prison, ordonna d'assurer
leur liberté et elle fit renverser du trône patriarcal Jean, dit aussi lannis,
plus chef de sorciers et de démons que Patriarche. Il fut remplacé, par le
Confesseur du Christ Méthode, qui avait beaucoup souffert précédemment : on
l'avait même enfermé vivant dans un tombeau.
Sur ces entrefaites, Joannice le Grand, qui pratiquait l'ascèse dans les
montagnes de l'Olympe, eut une sainte visite, en la personne du grand ascète
Arsakios. « Dieu m'a envoyé vers toi, dit-il, afin que nous nous rendions chez
un très Saint Moine, Isaïe, reclus de Nicomédie, et que nous apprenions ce qui
est agréable à Dieu et ce qui convient à son Eglise. S'étant donc rendus chez
le Vénérable Isaie, ils entendirent de lui : « Ainsi parle le Seigneur : Voici
qu'approche la fin des ennemis de Ma représentation en Image ; allez donc chez
l'impératrice Théodora et chez le Patriarche Méthode, et dites-leur de calmer
tous les impies, afin de pouvoir m'offrir le Sacrifice avec les Anges, en
vénérant Mon Image et celle de Ma Croix. »
Ayant entendu cela, ils gagnèrent aussitôt Constantinople et rapportèrent au
Patriarche Méthode et à tous les élus ce qui leur avait été dit. S'étant
rassemblés, ils allèrent chez l'impératrice pour la convaincre ; mais ils
découvrirent que ses parents lui avaient inculqué en tout la piété et l'amour
de Dieu. Et aussitôt l'impératrice, détachant l'image de la Mère de Dieu
qu'elle portait suspendue à son cou, à la vue de tous la baisa en disant : « Si
quelqu'un ne vénère et ne baise les Icônes avec amour, non de façon idolâtre
mais en relation avec leurs archétypes, qu'il soit anathème! » Et ils
éprouvèrent une grande joie. A son tour, elle leur demanda de faire une prière
pour son époux Théophile. Voyant sa foi, ils se laissèrent persuadés, malgré
leur réluctance.
Le Patriarche Méthode rassembla tout le peuple, tout le clergé et les évêques
dans la grande Eglise de Dieu. Parmi eux furent choisis : les moines de
l'Olympe Joannice et Arsakios, Naukratios et ses disciples Théodore Studite, le
Grand et Saint Théophane et Théodore, ces confesseurs « marqués », le syncelle
Michel l'Hagiopolite, et beaucoup d'autres ; ils célébrèrent devant Dieu une
intercession de toute la nuit pour Théophile, tous priant avec larmes et de
manière instante. Et ils firent ces [pannykhides] pendant toute la première
semaine du Carême, l'impératrice Théodora y prenant part elle-même, avec les
femmes et le reste du Peuple.
Sur ces entrefaites, l'impératrice Théodora, à l'aube du vendredi, eut un
songe, et il lui sembla se trouver près de la colonne de la Croix et que des
gens passaient avec tumulte le long de la voie, portant divers instruments de
supplice ; au milieu d'eux, on amenait un prisonnier, l'empereur Théophile, les
mains liées derrière le dos. L'ayant reconnu, elle suivit elle aussi ceux qui
l'emmenaient. Lorsqu'ils arrivèrent à la Porte de bronze, elle vit un homme à
l'aspect surnaturel, assis devant l'Icône du Christ, et Théophile se tint en sa
présence. Comme l'impératrice, lui touchant les pieds, implorait pour
l'empereur, celui-ci, ouvrant la bouche, lui dit : « Grande est ta foi, ô femme
; sache qu'en vertu de tes larmes et de ta foi, et aussi de la prière et
intercession de mes serviteurs et de mes prêtres, j'accorde le pardon à
Théophile, ton mari.» Puis il dit à ceux qui l'emmenaient : « Déliez-le et
rendez-le à sa femme. » Celle-ci, l'ayant reçu, s'en alla dans la joie et
l'allégresse ; et aussitôt le songe s'arrêta. Telle fut la vision de
l'impératrice Théodora. Alors le Patriarche Méthode, après les prières et
intercession qu'on avait faites pour lui, prit une charte neuve, où il
inscrivit les noms de tous les empereurs hérétiques, y compris celui de
Théophile, et il déposa le tout au bas de l'Autel. Et le vendredi, il vit
lui-même un Ange effrayant entrer dans la grande Eglise et s'approcher de lui
pour lui dire : «Evêque, ta prière a été exaucée, et l'empereur Théophile a
obtenu son pardon ; dorénavant n'importune plus le Seigneur à son sujet! » Pour
se rendre compte de la véracité de sa vision, il descendit de son siège, il
prit la charte et, l'ayant déroulée, il trouva, ô merveille, que le nom de
Théophile avait été effacé, par jugement divin. Apprenant cela, l'impératrice
exulta grandement et demanda au Patriarche que tout le peuple se rassemble,
avec les Croix vénérables et les Images sacrées, dans la grande Eglise, afin
que lui soit rendue l'ornement des Saintes Icônes et que soit connu de tous le
prodige nouveau. Alors, tous, ou peu s'en faut, affluèrent dans l'Eglise avec
des cierges, et l'impératrice vint avec son fils. On y fit une Litie
avec les Saintes Icônes, les vénérables Reliques de la Croix et le Saint
Evangile, puis on sortit jusqu'au lieu dit [de la borne] milliaire, en chantant
le Kyrie eleison. Au retour de la procession, on célébra la Divine
Liturgie dans la grande Eglise : les Saintes et vénérables Icônes furent
élevées à nouveau sur les colonnes par de saints hommes choisis ; ceux qui
avaient pratiqué la piété et le culte Orthodoxe furent l'objet de louanges,
ceux qui n'avaient pas accepté la vénération des Saintes Icônes furent
excommuniés et livrés à l'anathème. Et les saints Confesseurs décidèrent que
dorénavant on célèbrerait chaque année cette fête sacrée, afin qu'on ne
retombât plus jamais dans une telle impiété.
Ô Christ, inaltérable Icône du Père, par les prières de Tes Saints
Confesseurs, aie pitié de nous. Amen.
Triode de Carême, Diaconie Apostolique 1993
source :
monastere-orthodoxe.chez-alice.fr






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