père Placide
Par ptit moine le mercredi 28 février 2007, 14:17 - vie monastique - Lien permanent
Le père archimandrite Placide (Deseille) est un moine
français, qui a choisi la vie monastique à l'âge de 16 ans à l’abbaye
cistercienne de Bellefontaine.
Vingt-cinq ans plus tard, il obtient l'autorisation de fonder avec des amis
moines un monastère de rite byzantin à Aubazine (Corrèze).
Puis, dix ans plus tard, les moines décident de devenir orthodoxes et
deviennent moines du monastère de Simonos
Petra au Mont Athos (podcast sur
ce monastère).
Revenu en France, le père Placide fonde le monastère
Saint-Antoine-le-Grand, à Saint-Laurent-en-Royans (Drôme). Présentation du monastère par
le père hiéromoine Martin (durée : 15
mn)
Il y parle de sa reconnaissance envers ses pères catholiques, de son baptême, et de son appréhension de l'orthodoxie en général, et en France, en particulier.
Source photo : orthodoxesaparis.org
Merci à R.V. Gronoff de nous avoir orienté sur cet écrit !




Commentaires
très beau récit, en effet.
Nous revenons juste de son Monastère où nous y avons fêté le triomphe de l'orthodoxie.
Père Placide est l'auteur de nombreuses petites plaquettes (en français) très pédagogiques sur la foi orthodoxe et l'Eglise. On les trouve dans les bonnes librairies comme celle de l'institut St Serge. Il a par ailleurs écrit une belle étude sur la question de l'unité des chrétiens, voir ici: http://www.orthodoxa.org/FR/orthodo...
Père Placide est un saint homme de Dieu qui fait de sa vie un don constant et permanent pour tout un chacun.
Il ne faut surtout pas négliger les actions que je nomme souterraines, car elles ne sont que prières et abnégations.
Tout cela est Père Placide et je suis fière d'être sa fille spirituelle. Grâce à lui, ma vie sur cette terre à un sens, mais comme le dit jésus, entend seulement celui qui peut entendre, car le chemin de Dieu est amour mais aussi pavé de larmes.
un livre exceptionnel vient de paraître sur le "Père Placide"
"Propos d'un moine orthodoxe"
entretiens avec Jean Claude Noyé
edition Lethielleux groupe DDB
Extrait du livre:
Joelle ajoute un commentaire personnel suite à cet extrait du livre :
Quand on a la chance inexprimable d'avoir un père spirituel comme Père Placide, on abolit totalement ses propres idées et tendances pour suivre dans l'obéissance la teneur des propos de notre Père spirituel, car lui sait mieux que nous, car la grâce de l'Esprit Saint est en lui et parle ainsi celui qui est associé à la Sainte Trinité. Plus de volonté propre, gardons dans notre coeur la vigilance de toute intolérence, et tenons nous en à ce qui est non seulement enseigné mais aussi affirmé.
Prochain texte bientôt...
Il y a quelques semaines, je m'entretenais avec Père Placide sur la Theotokos, regrettant amèrement que l'on trouve dans les librairies tout et n'importe quoi retraçant soi disant les premiers siècles après Jésus Christ, lesquels ne vénéraient nullement la Toute Pure et Toute Sainte Mère de Dieu. Il appuya fortement sur le fait que la Mère de Notre Seigneur était vénérée dès le départ par les apôtre et les disciples du Christ, qu'elle avait dès le commencement une place particulière dans le coeur de ceux qui suivaient l'enseignement de Jésus! Cela me réconforta et me procura une grande joie, car nous les Orthodoxes nous l'aimons particulièrement et il était important pour moi que les situations se remettent en place, en totale adéquation avec l'histoire et la teneur de notre première Eglise Apostolique.
Je ne comprends pas ces écrivains, qui pour faire de la vente, affirment de façon péremptoire des faits qu'ils ne connaissent guère, mais finalement pour eux, peu importe la vérité, puisque seul le sensationnel existe! Et abaisser la Toute Sainte Mère de Dieu à une femme comme les autres, et ce sur tous les plans, ne leur pose aucun prblème, puisque ils sont liés à la méconnaissance ou pire à l'athéisme.
Le dogme marial reconnu aujourd'hui par l'Eglise Orthodoxe est celui qui l'a proclamée à Ephèse, en 432, Theotokos, celle qui a enfanté Dieu! Quand la Toute Pure dit "fiat", elle accepta de prendre sur elle, avant sa maternité, la croix proposée par Dieu, qui est une croix toute d'obéissance et d'effacement d'elle même, mettant ainsi son Fils au monde pour le Salut universel et non pour elle même!
Dieu n'a pas voulu opérer le salut des hommes sans leur libre participation, et la première participation fut le Fiat de Marie. C'est une réponse libre au nom de tous les hommes que Dieu appelle au Salut. Par son amour, La Toute Pure dépassa toute notion de plan physique et donna la vie à Notre Sauveur afin qu'il opère sur le plan spirituel et universel.La Vierge Marie fut donc la première dans le dialogue auquel Dieu appelle les hommes en vue du Salut, et grâce à elle, les hommes ont la possibilité dans leur pleine liberté de répondre eux aussi, "qu'il en soit fait selon Ta Volonté".Saint Basile proclame:
"Ton sein est plus vaste que celui des Cieux".
Jean-Claude Noyé
On reproche souvent aux moines du Mont Athos leur opposition à l'œcuménisme! Cette accusation est elle justifiée ?
Père Placide
On les accuse volontiers de sacrifier la charité à la vérité. Il nous fût aisé de constater, dès notre premier voyage, alors que nous étions encore catholiques romains et que la pensée de devenir orthodoxes ne nous effleurait même pas, qu'ils savaient allier à leur intransigeance doctrinale une charité très délicate et pleine d'attentions envers les personnes, quelles que soient leurs convictions et leur appartenance religieuse. À leurs yeux d'ailleurs, le total respect de la vérité est l'un des premiers devoirs que leur impose la charité envers autrui. Accuserait-on de manquer de charité un paysan qui, en montagne, n'hésiterait pas à contrarier des touristes en leur disant que le chemin qu'ils veulent emprunter les mène dans une zone dangereuse, et leur indiquerait ce qu'il sait être le bon chemin, plus abrupt peut-être qu'au départ ? Les moines de l'Athos professent simplement la foi de l'Eglise orthodoxe : l'Eglise est une. Cette Eglise une et vraie, qui garde la continuité de la vie ecclésiale, c'est à dire l'unité de la Tradition, est l'Orthodoxie. Admettre que cette Église une et vraie, à l'état pur, n'existe pas sur terre et qu'elle est partiellement contenue dans les différentes branches, ce serait ne pas avoir foi en l'Église et en son chef le Christ. Simplement, les Athonites tiennent à ce que cette conviction s'inscrive dans les faits. Ils ne peuvent approuver des comportements diplomatiques ou des paroles équivoques qui sembleraient impliquer une reconnaissance pratique de la théorie des «branches». L'unité des chrétiens, qui leur tient à cœur autant qu'à quiconque, ne peut se réaliser que par l'accession des non-orthodoxes à l'intégrité et à la plénitude de la foi apostolique. Elle ne saurait être le fruit de compromis et d'efforts nés d'une aspiration humaine et naturelle à l'unité entre les hommes, qui ferait bon marché du dépôt confié à l'Église. En matière d'œcuménisme comme de vie spirituelle, l'attitude de l'Athos est faite de sobriété et de discernement. Il faut savoir filtrer aussi bien les élans de la sensibilité que les raisonnements de l'esprit et surtout renoncer à «plaire aux hommes», si l'on veut plaire à Dieu et entrer dans son royaume. On doit tenir compte aussi de la présence au Mont-Athos de moines zélotes qui ont rompu la communion avec tous les autres moines de la Sainte Montagne, pour, croient-ils, mieux défendre l'intégrité de la foi.
Jean-Claude Noyé
C'est-à-dire ?
Père Placide
Des intégristes, comme il y en a aussi dans l'Eglise catholique.
Jean-Claude Noyé
Ces zélotes sont très remontés contre les catholiques ?
Père Placide
Non, pas contre les catholiques comme tels, mais contre l'idée d'une union avec les catholiques qui sacrifierait, si minime soient-ils, des éléments de la foi orthodoxe. Mais en cela, ils ne diffèrent pas des autres orthodoxes. Leur erreur consiste dans leur attitude exagérément soupconneuse, qui les amène à toujours suspecter du laxisme doctrinal chez les autres.
Prochain texte bientôt...
Jean Claude Noyé
Vous nous avez dit que vous n'étiez ni antipapiste ni antiromain. Peut-on dire pour autant que vous êtes attaché à l'œcuménisme ?
Père Placide
Oui et non. Je m'explique : on n'arrête pas de parler d'union, on fait de grandes réunions pour cela, on y consacre des millions d'euros et de dollars, et dans les faits, on n'a pas cessé de s'éloigner les uns des autres. C'est véritablement tragique. Depuis cinquante ans, qu'est-ce qui s'est passé ? Voyez l'Église d'Angleterre. Les Anglicans qui, à la différence des protestants, prétendent avoir le sacerdoce, ont commencé par avoir des femmes prêtres. Puis des femmes évêques. Puis de reconnaitre le mariage homosexuel. Puis d'ordonner évêques des hommes ou des femmes vivant en couple homosexuel, n'est-ce pas ? Ainsi, ils n'ont pas cessé de s'éloigner et des catholiques et des orthodoxes.
Jean-Claude Noyé
Mais les catholiques et les orthodoxes se sont rapprochés à grands pas ces dernières décennies...
Père Placide
Là encore, oui et non. Un exemple : si l'union se fait, le pape, étant patriarche d'Occident, devrait retrouver sa place normale comme premier des patriarches dans le cadre d'une Eglise englobant tous les grands patriarcats orthodoxes. Et, de fait, Rome est traditionnellement le premier des patriarcats. Or, depuis deux ans, le titre de patriarche d'Occident a été supprimé de la titulature du pape de Rome, qui n'a gardé que le titre de pontife universel, lequel n'a jamais existé dans la tradition ancienne. Du reste, toutes les grandes Eglises orthodoxes ont réagi fort négativement à cette décision unilatérale. Donc, à supposer que l'union se fasse, quel titre le pape de Rome devra-t-il avoir? Comment l'y intégrer? Ce simple exemple illustre toute la complexité du problème. Et puis, il y a eu quand même, depuis le concile de Vatican II, une perte considérable du sens du sacré, du sens même d'une liturgie traditionnelle, incarnant la catholicité historique de l'Eglise, la communion avec toutes les générations qui nous ont précédés. Il y a eu tout un mouvement, freiné ensuite, qui tendait à ce que les offices catholiques deviennent, comme les cultes protestants, des offices improvisés avec un vague cadre général et ou l'assemblée, ou le président de l'assemblée, fabrique la liturgie comprise comme patrimoine sacré, comme héritage, je dirais, rodé par les générations, par les saints d'un peu tous les siècles, n'est-ce pas?
Jean-Claude Noyé
Vous pargagez donc l'opinion de ceux qui considèrent que la réforme liturgique de Vatican II n'a pas du tout abouti ?
Père Placide
La constitution conciliaire sur la liturgie était fort intéressante. Mais la façon dont elle a été mise en œuvre en a souvent trahi l'esprit. Globalement, elle a certainement éloigné l'Eglise catholique de l'Eglise orthodoxe. Pour en revenir au mouvement œcuménique, ce qui est positif, indéniablement, c'est qu'il a permis la naissance de beaucoup d'amitiés. Pour nous, il a rendu possible les relations, et je dirais même de très bonnes relations avec les catholiques de notre région, avec les évêques comme avec les fidèles.
Merci Joelle pour ces textes pleins de vérité et d'intelligence.
On pourrait presque en faire un lien permanent.
Père Placide dit :
Quand après avoir acheté le livre Récits d'un pélerin Russe, Père Placide me fit l'honneur de me le dédicacer en marquant: "priez sans cesse".La prière n'est pas chose facile au départ, car la vigilance est de tout instant, nous devons faire appel à toute la force d'amour qui est en nous, afin qu'un jour, elle coule toute seule dans notre âme et dans notre coeur! Combien il est beau de prier, car si l'homme savait... C'est de cette façon que Dieu aide et intervient dans le Monde, c'est de cette façon que les choses humainement impossibles deviennent réalisables, c'est de cette façon, comme l'exprime Père Païssios que "Dieu sauve le monde". Je suis malheureuse quand j'entends "je ne crois pas". Cela de plus en plus, et comme un étendart, les personnes portent haut cette affirmation, et en sont presque fières! Quelle souffrance pour moi, mon coeur saigne, car quel salut peut-on leur apporter? Si ce n'est pour nous, pauvrement humain, de demander à Dieu d'aider toutes ces âmes en détresse qui perdent tout le sens de leur vie. Nous savons par les Pères Orthodoxes, et Père Placide l'affirme tout particulièrement quand il traduit Saint Isaac, que le Salut n'est pas universel, que les démons ne seront pas plus sauvés que les âmes qui se sont détournées de Dieu, mais les âmes qui aiment Dieu, qui vivent Dieu, liées aux autres âmes, espèrent qu'elles aussi soient sauvées, donc la prière prend toute son authenticité par cet acte pleinement amour car désintéressé de toute connotation personnelle; C'est ainsi que comme le dit Père Païssios, le moine s'entend dire: "je n'ai pas sauvé le monde" mais "Dieu a sauvé le monde". Nous devons être heureux de savoir et de comprendre le rôle du moine. Il ne fait rien pour sa vaine gloire, mais par la prière, ils ont un meilleur contact avec Dieu, avec le Christ, et ainsi ils nous aident efficacement. Si le moine fuit le monde ce n'est pas par haine, mais par amour, tant lui tient à coeur notre Salut!
Faire un lien permanent sur Dieu et ces représentants sur cette terre, qu'elle joie, car l'enseignement est long mais combien il est doux de s'abreuver à la source divine laquelle nous est dispensée par ceux à qui Dieu a mis toute sa confiance. C'est pourquoi il est particulièrement important pour les laics d'entrer dans le coeur du monachisme et d'en comprendre le langage, car nous sommes aussi, à notre manière appelés à devenir moines.
Quand notre cœur est lourd et notre âme embuée, ouvrons alors un livre mettant en images nos chers moines du Mont-Athos. Saint Siloine disait :
Une petite phrase de Père Placide à méditer avant la nuit ou pendant la nuit :
Père Placide cite volontiers Tito Colliander dans son livre,
et ce qui est remarquable, c'est que les laïcs peuvent dans ce monde mettre à profit la pratique de la vie spirituelle, qui mène à "la lumière sans déclin".
Il est un point important sur lequel nous discutâmes, Père Placide et moi, car me sentant pleine de vérité, et ce au commencement de mes premiers pas dans l'orthodoxie, je désirais plus que tout que les autres accèdent à cette vérité. Je ne supportais aucune opposition sur tout ce qui concernait "Dieu" et Notre Seigneur Jésus-Christ, essayant par tous les moyens d'amener les autres à vivre comme moi.
Or, Père Placide me fit comprendre que le premier devoir de l'orthodoxe est de ne pas parler, de ne pas contredire, de ne pas contester. Il faut donc laisser les autres avoir raison. « Ne préférez jamais votre volonté à celle d'autrui », — exprime Tito Colliander, et oui, par cela on commence à se soumettre et à accepter que l'autre pense différemment. On apprend alors l'humilité, indispensable à notre élévation spirituelle. Recevons les remarques, remercions même quand nous sommes dans l'épreuve, car cela est béni, voulu et désiré par Dieu ! Une personne de ma connaissance contestait son Père Spirituel car il n'abondait pas dans son sens, observant un grand silence devant son désir à elle de lui faire dire ce qu'elle avait envie d'entendre. Mais le silence du père Spirituel est une parole, comment ne pas le comprendre ? Cette personne, ne trouvant pas d'écho à son orgueil, changea de chemin et cherche ailleurs une autre lumière. Le Père Spirituel est éminemment important, cela nous le savons, mais Père Placide m'a affirmé que la filiation avec les Pères Spirituels de notre Père Spirituel est aussi importante que notre filiation biologique, voire plus importante. Les enfants Spirituels de Père Placide ont donc la grande joie d'être enfants spirituels de Père Aimilianos, celui "qui est de notre race", dit une voix venant du ciel à un Saint Père du Mont-Athos.
Qu'il me soit permis de parler un peu de Père Aimilianos, car l'amour que porte Père Placide à son propre Père spirituel ne peut pas être laissé de côté et oblitéré. Aimer Père Placide dans l'amour du Christ, c'est aussi aimer Père Aimilianos.
A bientôt
Dans le même temps comment lutter contre le mensonge ou l'injustice en restant "silencieux" ? Accepter que l'autre ait une opinion différente ne signifie pas en reconnaître la véracité ou la légitimité.
Outre que Père Placide n'a pas hésité à virer de son monastère des gens qui ne partageaient pas ses conceptions, les Pères de l'Église, même les plus pacifiques d'entre eux, sont bien entrés dans la mêlée quand la Vérité était en jeu et risquait de se voir falsifiée. Les Prophètes et les Apôtres idem.
Le faire dans un esprit de Charité et en comprenant ses propres limites, mais le faire quand même, par devoir premier de confession de la Foi.
Le respect est une chose, la "tolérance" hypocrite et relativiste en est une autre, qui n'a d'ailleurs jamais édifié personne.
je pense que l'on peut exprimer, sur un ton doux, sans agressivité, notre propre opinion, car après tout, en tant qu'être humain, nous avons le devoir plénier de nous réaliser sans laisser passer en nous l'instinct grégaire. En ce sens, les vies des Saints Pères nous montrent comment aborder un problème quand ce dernier se présente à nous, mais il y a une erreur fondamentale à ne pas commettre: c'est celle de se gratifier d'une connaissance que l'on n'a guère, et surtout penser avoir l'esprit de discernement. Oui, Père Placide, et je peux en témoigner, a tranché. Père Placide est à la source de la connaissance spirituelle depuis de trop nombreuses années pour ne pas avoir cet esprit de discernement qui l'illumine tout particulièrement. Quand on lui parle, il entend une autre voix, il est parcouru par une énergie spécifique dont parfois nous pouvons être témoins, et c'est en ce sens qu'ils ont le "devoir" comme il l'exprime dans son livre de remettre sur la route ceux qui s'éloignent. Mais la personne qui ne veut entendre, car la tolérance de l'écoute est une grâce particulière qui malheureusement se perd depuis quelques décennies, n'est pas donnée à tout le monde mais aux personnes qui veulent sincèrement s'abreuver à la source de l'humilité. En ce qui me concerne, étant ni prophète ni apôtre, sans la sanctification de Notre Seigneur, j'ai en tout point écouté Père Placide qui m'a permis de témoigner de façon anonyme uniquement. Ce pour éviter les jalousies et les médisances. Hélas, encore dans l'Eglise, on se trouve confronté à des personnes qui comme vous le dites, n'ont ni tolérance ni respect pour votre parcours parfois particulier et vos expériences. C'est pourquoi avant toute approche verbale, je préfère prier dans le silence de mon coeur et dans l'obscurité de ma maison. Je pense simplement que la prière est la base de l'édification, et qu'un jour, brusquement, l'être par sa patience est transformé. Mais il est vrai que j'aime particulièrement Jésus Christ chassant les marchands du Temple, en les traîtant d'hypocrites comme vous le dites, car usuriers et abusant surtout les pauvres.
Merci de votre réponse très à propos et qui peut faire avancer le débat.
Disons que un trop grand "silence" peut finir, dans certaines circonstances, par devenir complaisance, complicité par rapport à un mensonge ou à une injustice qu'on laisserait ainsi triompher.
Un enseignant aime ses élèves et souhaite que chacun devienne un "honnête homme" avec une vie paisible, honnête et la meilleure possible (pas uniquement du point de vue de la "réussite d'ailleurs), mais quand l,un d,entre eux quitte le droit chemin, il se doit d,exprimer la fermeté nécessaire et de faire les actes idoines pour le remettre sur la bonne voie. Le laisser faire ne serait pas une marque de Charité.
Je pense personnellement que parler d'"humilité" est assez présomptueux, surtout quand on cherche à l'enseigner. Ce d,autant plus que de nos jours, ce mot sert à justifier l'inactivité devant le mensonge et l'injustice et la soumission systématique des plus faibles (à qui on parle tout le temps d'"humilité") aux plus forts (à qui on n'en parle jamais). Sans aucun doute, parler de Vérité, de Justice, d'honneur, de Fidélité et du sens inné et profond de sa place devant Dieu et de l'accomplissement de son devoir envers lui, l'Église et les hommes serait plus <a propos et positif.
Il ne faut cependant pas renier un quelconque mode d,action. Certains sont faits pour argumenter et parler, d'autres pour prier dans le secret de leur coeur et les deux modes sont utiles et édifiants à leur manière. Simplement, on dégrade et dévalorise trop le premier au profit du second, ce qui n'est pas la bonne appréciation.
Je travaille actuellement sur un livre qui, devant trouver des sources fiables, me ramène à l'époque de Saint Euthyme le Grand! Je ne le connaissais seulement que de nom, mais rien de plus. Comme Saint Antoine le Grand pour l'Egypte, il fut le fondateur et le père du grand mouvement monastique qui allait remplir le désert de la Palestine. Reconnu peu à peu par les hommes, supérieur de différents monastères, trouvant dans les honneurs un obstacle à la vertu, il s'éloigna de plus en plus dans le désert. Juste avant de mourir, il rassembla ses moines et leur dit" gardez toujours comme principe et comme fin de toute bonne activité, la charité sincère qui est le lien de toute perfection. Toute vertu se fortifie par la charité et l'humilité avec l'aide de l'expérience, du temps et de la grâce. Mais la charité l'emporte sur l'humilité, car c'est en se faisant charité que le Verbe de Dieu s'est humilié en se faisant pareil à nous".
C'est vrai que l'on peut penser que le mot "humilité" est galvaudé, employé à tord et à travers, mais l'humilité n'est-ce pas aussi s'abstenir de toute pensée négative, de jugement, d'intolérance, du pouvoir de domination, de l'envie de jouissance, comme le dit Père Placide, n'est ce pas accepter simplement une situation, sans" murmure"? Je pense personnellement que tous les chemins, quand ils sont dans la voie de Dieu sont bons, et il me paraît impensable qu'une personne se croit supérieure à une autre en fonction du chemin qu'elle a emprunté. L'homme ne peut juger l'homme, l'homme doit aider l'homme. La Vérité qui peut parler dans notre coeur peut être énoncée avec amour et charité, non pour imposer, mais effectivement pour guider, en laissant évidemment à l'autre de libre arbitre de s'engager ou pas. Je suis totalement d'accord avec vous, il ne faut renier aucun mode d'action, car nous sommes là pour nous compléter, notre devoir est l'entraide dans toutes les situations et les expériences doivent s'accoupler sans défavoriser les uns ou les autres. J'aime particulièrement les "fols en Christ", je trouve dans ces hommes de Dieu un enrichissement, comme j'aime aussi Sainte Mélanie la Jeune, qui offrit toute sa fortune aux autres, et ce au seul nom de sa foi. Elle ne se dépouilla pas du jour au lendemain, il fallut des années pour parachever son cheminement personnel, il y eût des obstacles insensés, des combats familiaux, des drames personnels, un engagement à toute épreuve qui la fit voyager, qui la fit oeuvrer par la parole en désirant plus que tout voir ces notables fortunés et impudents faire preuve de sagesse et de compassion. Moins émotive qu'Albine, sa maman, Sainte Mélanie luttait et combattait. Le Salut par le Baptême était le chemin indispensable pour labourer en profondeur. L'esprit du monde ne l'attirait pas, et peut-être est-ce en cela le début de l'humilité? Boire à une autre source, cette source qui nous désaltère alors que nombreux sont ceux qui ont toujours soifs... A bientôt dans le Christ!
En effet, chaque expérience divine possède sa richesse et sa légitimité. Le fait qu,un mode d'action ait été porteur de fruits dans telle circonstance ne signifie effectivment pas que d'autres ne puissent obtenir du résultat.
Saint Augustin découvrit le Christ par la raison et l'intellect, d,autres par la beauté esthétique. ces deux chemins, différents, ont néanmoins produit le même résultat.
D,un autre côté l'autorité existe, elle est légitime et souhaitable si on veut que grâce et vérité soient convenablement transmises. voulue par Dieu et bénie par lui, elle doit être reconnue et respectée. cependant, je suis d,accord qu,elle ne doit pas être injuste ou arbitraire.
Outre qu,elle est là pour servir le Christ, (et ne doit par conséquent pas être privatisée pour servir sa propre gloire), elle reste conditionnée par la Fidélité, la justice et la Vertu de celui qui n,en est d,ailleurs pas le propriétaire, mais le gestionnaire. C'est en cela qu'un homme détenant une autorité à l,intérieur de l'Église se doit d'être le plus attentif à connaitre sa place devant Dieu et les Hommes et à accomplir le devoir qu,elle lui donne.
Elle est légitime pour commander, car la Charité ne peut se faire sans le ferme rappel de la Vérité et du discernement du bien et du Mal qu,elle engendre. Mais, en effet, elle n'est pas faite pour "dominer". nuance qui parfois échappe à ses détenteurs.
Enfin, accepter une situation, ne signifie pas nécessairement "se soumettre" à l'injustice, de la même manière que le Christ, ayant accepté l,accomplissement de Son devoir, de Sa Passion, avait néanmoins répondu au garde du Grand prêtre "si j,ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu?". Ou encore Saint Paul qui, arrêté et accusé injustement, se défendit et plaida sa cause en accomplissant ce qu'il estimait être juste. Un dernier exemple vient avec le prince Lazar qui accepta sa situation et son sort, mais pas sans accomplir le geste de combat que Dieu attendait de lui.
A koulikovo, Saint Serge priait, Rodion et Alexandre se battaient. Aucun mode d'action n'était "supérieur" à l,autre, mais se complétaient dans l,enfantement de la grace et de l'image Divine de l,Homme.
Il était une fois un enfant (c'est une histoire vraie), enfant que je connaissais, qui avait 4 ans.
Alors que l'on venait de lui offrir un jouet, cet enfant se mit à pleurer sans pouvoir s'arrêter. Désarçonnées, les personnes présentent lui demandèrent si elle ne préférait pas "des bonbons", chose logique! Cette petite fille répondit: "non, c'est que je n'aurais jamais le monde de la connaissance"! Comment une petite fille de 4 ans pouvait tenir un tel discours, avoir une telle approche plus près de la gnose philosophique que spirituelle? Car on ne peut parler de prime abord de spiritualité ou de la recherche de Dieu. Cet enfant était élevé par ailleurs dans un milieu nourricier athée et communiste. Fût-elle comprise par son entourage? Certainement pas, car la réponse de cet enfant ne relevait à priori d'aucun sens commun. Alors elle plongea dans le fil des années dans le monde insatiable de la lecture, jusqu'à étudier mot à mot le dictionnaire. Rien ne l'arrêtait dans cette soif et cette recherche de "la connaissance". Elle la pensait évidemment terrestre, et voulait "tout savoir sur tout"! Elle tirait sur une corde qui peu à peu l'amenait dans un mal de vivre tel qu'elle préféra un jour "partir" car cette corde, ce qui était logique se cassa devant une telle austérité totalement insensée. Son cœur s'arrêta de battre! Elle revint heureusement à la vie avec la connaissance, mais "la Connaissance de Dieu". Elle avait enfin compris ce qu'était le "monde de la connaissance". Cela n'a rien à voir avec la Théologie qui pour certains se résument en de belles paroles élaborées, mondaines, qui relèvent plus de la technique littéraire que de "la soif de Dieu". Son âme s'apaisa totalement quand un Père lui dit un jour "nous avons pour habitude de plier le genou par terre et de dire : "Seigneur, pardonne nous car nous ne sommes que des hommes"! Quel aveu et quelle vérité! Notre condition de pécheur est telle, Dieu à tant pitié de nous et nous aime tant, qu'il paya même les ouvriers de la 11e heure.
Ceux qui vivent selon les Pères deviennent des théologiens en pratique, mais celui qui n'est pas devenu parent spirituellement des Saints Pères, rentrera dans le flou spirituel, sera injuste envers les pères, envers lui-même et envers le monde.
La connaissance de Dieu, qui est la connaissance la plus dure qui soit par son extrême simplicité est inaccessible à tous ceux qui n'empruntent pas le tout petit escalier qui doit le conduire directement à lui, mais qui préfèrent, hélas, les grands détours et les belles demeures, que l'ont peut comparer aux passions diverses.
Tout est très simple en Dieu comme lui-même est très simple, comme son fils a manifesté sur terre sa Sainte Simplicité.
Sa vérité à cette petite fille est de lire maintenant la vie des Saints, de la mettre à profit, jour après jour, essayer de devenir ce qu'ils sont ou ce qu'ils étaient, et demande constamment à Dieu "aide, secours et assistance", consciente qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire.
Comment parler de Père Placide sans parler de son Père Spirituel, pour lequel il éprouve une énorme affection et une très grande reconnaissance pour l'avoir conduit, tel un bon berger, dans notre Eglise Universelle, digne héritière de la Tradition Apostolique. Père Aimilianos est vu par les pères comme un homme théophore, "porteur de Dieu". Père Elysée, Higoumène de Simonos Petra, dit :
Père Aimilianos commença son engagement spirituel au Monastère des Météores et il insistait fortement pour que ses enfants spirituels suivent les traces des Saints Pères, avec exactitude, et non pas seulement d'une façon certaine et régulière mais en suivant "pas à pas" leur exemple.L'ascèse consistait surtout en jeûnes et en veilles, le tout ajouté par un silence profond. Higoumène, il était proche de ceux qui désiraient le rencontrer. S'il prenait la parole en public, c'est quand on le lui demandait, toujours en gardant dans ses contacts avec "le monde", son ascétisme.
Sa vie était une très longue prière intense et constante, une prière ininterrompue. Quand Père Aimilianos confessait, les Pères voyaient qu'il priait. Il donnait très peu de réponses, mais les quelques paroles énoncées venaient, cela est certain, de cette prière ininterrompue.
Autour de lui, ceux qui le fréquentaient, avaient une totale confiance en cet être exceptionnel dans lequel Dieu s'était totalement immergé, les Pères avaient la certitude absolue qu'il transmettait la Volonté de Dieu.
Et parce qu'il avait l'expérience de Dieu, il était tout naturellement Père Spirituel.
Quand il parlait, ce n'était pas avec son érudition, mais avec la connaissance de son cœur. Père Aimilianos exprimait à sa manière à lui le fait de comment voir et réaliser l'expérience de Dieu aujourd'hui !
C'est à ce titre que les pères disent : «il est à la fois un contemporain, car il a vécu à notre époque, mais il demeure fidèlement patristique.»
Il était pionner en parlant de la vie spirituelle d'aujourd'hui, et il expliquait comment on pouvait de nos jours faire l'expérience de Dieu.
Quand le grand Saint Ephrem de Katounakia l'approcha, il fut troublé par la grandeur de cette âme et par la lumière qui irradiait de sa personne, lumière d'amour, de bonté et de charité. Père Aimilianos fut reconnu comme enfant authentique de Dieu par l'un des plus grands hésychastes de notre époque et l'un des plus grands spirituels Orthodoxes.
Certains Orthodoxes se posent la question sur la possibilité de la crémation après leur dormition. Il va sans dire que l'Orthodoxie est totalement hostile à cette pensée, que le corps doit être enseveli, afin qu'il soit ressuscité, "tout comme le Christ". Le dernier livre de Jean Claude Larchet est très explicite sur ce problème, et permet, (malgré la grande mode actuelle qui est de tout détruire après la vie, car seule la vie à de l'importance) de rester dans le droit chemin fixé par les Pères, qui ont totalement interdit cette pratique.
J'ai abordé rapidement le rôle et l'importance de l'ancien Ephrem de Katounakia, qui est pour les enfants spirituels de Père Placide de notre lignée et présence spirituelles. Il naquit en 1912 et sa dormition eut lieu en 1998.
Charismatique, sa sainteté ne faisait aucun doute. Des évêques, des Higoumènes, des moines et de très nombreux fidèles trouvèrent auprès de lui des conseils spécifiques et déterminants afin de progresser dans la vie en Christ.Personne ne douta des effets bénéfiques de sa prière, et ils étaient sûrs qu'ils trouveraient un écho réel quand ils exposaient devant l'ancien Ephrem leur difficulté devant tel ou tel problème.
D'une sobre humilité, n'a t-il pas dit un jour à un proche: " grâce à la bénédiction du diable et à la malédiction de Dieu, la rumeur s'est répandue que je suis un Saint, et j'ai perdu ma quiétude." De fait, il fit de cette renommée un devoir de charité protégé qu'il était par une hésychia de chaque instant, une hésychia intérieure pratiquée depuis de nombreuses années. Il était reconnu au Mont Athos avec le Père Païssios, comme l'un des deux plus grands hésychastes de la Sainte Montagne. Père Aimilianos consultait régulièrement le Père Ephrem, le reconnaissait comme Père Spirituel et avait pour lui la plus haute considération. Père Ephrem était l'incarnation de l'humilité et de la simplicité. Des larmes spirituelles coulaient de son visage et malgré son apparence austère et sévère, il était d'une grande douceur et d'une immense bonté.
Jean Claude Larchet qui a eu la chance de le rencontrer dit: " empreint de tristesse spirituelle assombrie par la pénitence, son visage rayonnait cependant d'une joie intérieure et d'une lumière céleste. Son regard d'aigle perçevait les apparences et il voyait constamment l'au-delà. Il percevait parfaitement l'action des Anges, et des démons, il les voyait et voyait tout cela avec un regard d'une précision extrême comme l'homme ordinaire qui voit avec "les yeux" ce qui l'entoure.
Père Joseph de Katounakia rend hommage à L'ancien Ephrem dans un livre dont les coordonnées sont ci-dessous:
L'ancien Ephrem de Katounakia
édition l'âge d'homme.
Voir avec le monastère de Saint Laurent en Royans dirigé par Père Placide pour une éventuelle commande.
Père Joseph peut mieux en parler que quiconque car ne fut-il pas son disciple pendant 23 ans? Il vécut ainsi à ses côtés buvant à chaque instant le précieux nectar de l'enseignement, qui, grâce à Dieu, nous retransmet avec amour dans ce livre et pour nous faire aussi avancer... car nous sommes nombreux et déçus de ne pas avoir pu le côtoyer et tirer directement le bénéfice de ses précieux enseignements.
Je parlais dernièrement à un moine du monastère de Saint Antoine , à Laurent en Royans, chez Père Placide, et je luis disais qu'il était plus difficile d'être moine que laïc dans le monde actuel. Il me répondit que "non"! Il était plus difficile pour un laïc d'être orthodoxe dans ce monde que pour un moine qui de fait, se trouvait protégé dans le Monastère, bien que fréquenté par des laïcs. Surprise par sa réponse, j'essayais dans les jours suivants de comprendre cette réponse directe, et pourtant vraie. Oui, dans le monde actuel auquel nous sommes confrontés quotidiennement, qu'il est dur d'y vivre sa foi. Des amis avaient dernièrement perdu leur enfant de 3 ans et demi... Il était parti à la rencontre de sa maman et l'attendait au milieu d'un carrefour, les voitures le contournant, mais personne pour s'arrêter et le protéger. La maman avait eu la peur de sa vie, et ne comprenait pas l'attitude des "adultes"! Ces derniers ne sont-ils pas dans le devoir de protéger les plus petits qu'eux, et de leur assurer leur aide... Etre orthodoxe dans le monde actuel est pour le laïc un grand chemin de croix, car sorti des liens fraternels qu'il entretient avec sa communauté et avec ses frères et soeurs dans le Christ, il vit au quotidien la déshumanisation de la société! On parle d'individualisme, d'égoïsme, mais pour moi c'est encore pire que cela. Ce siècle actuel ne va pas vers une sortie en gloire, mais vers une fin annoncée, un déclin,car l'homme est l'ennemi de l'hommme. Comment vivre dans une société ou l'on ne respecte ni les pensées d'autrui, ni leur manière de vivre, ou seul le paraître existe, ce qui permet assurément à certains d'établir un jugement arbitraire mais combien éloigné de la réalité. Comment au quotidien l'orthodoxe doit-il se comporter?
Nous sommes démunis bien qu' un grand nombre de livres et divers fascicules sont là pour jalonner notre parcours de vie. La réalité de tous les jours nous emporte dans un tourbillon qui ne cesse que le soir quand, dans notre chambre, on peut enfin faire le point sur ce qui a été positif ou non dans nos diverses actions. Ne pas se gratifier, non, mais pouvoir rectifier toutes nos erreurs dans le Christ et avec Lui! Prier , baisser la tête, ne pas regarder les autres, réellement, ce n'est pas possbile... Dans la campagne, vivre sa foi est certainement plus facile que dans une ville, ou le bruit, la violence, la désharmonie des gens, l'intolérence, l'égoïsme règnent en maître. Comment adapter sa foi dans ce monde de folie ou tous les repères sont abolis au seul nom de tout est désormais "pour soi"! Il est une chose sûre et vraie, pour l'avoir expérimentée, mais là je ne parlerais que de moi, c'est que la prière nous permet d'aborder une situation avec un calme certain et une paix qui sont comme une carapace de grande protection vis à vis d'autrui. Quand je vois quelque chose de réllement laid et trite, je dis "kyrie éléison"! C'est tout! Je préfère dire ces deux mots que de me lamenter sur ce que je peux faire ou pas. Quand on doit être dans l'action, une force au dedans de nous nous met dans cette action, elle dépasse notre propre volonté. On agit, on fait, bref, orthodoxe, on oeuvre pour une humanité réelle et non factice! C'est pourquoi je pense que la prière est grand socle pour nous fortifier car hors du monastère, on a souvent le sentiment d'être laissé un peu à l'abandon! Beaucoup en font l'expérience, à tord ou à raison, lançons un débat, et aidons nous les uns les autres à surnager dans un monde totalement en déclin...
Père Placide: "le chrétien est un homme qui attend le Seigneur et il est dit dans l'Evangile: que vos reins soient ceins et vos lampes allumées. Soyez semblables à des gens qui attendent leur maître à son retour des noces pour lui ouvrir dès qu'il viendra et frappera"!
Peu de textes, continue d'affirmer Père Placide, nous révèlent aussi parfaitement quel doit être le sens et l'orientation profonde de la vie chrétienne. Le but de la création est la déification de l'homme et de l'univers.
Toute l'économie du salut, rédemptrice du Christ, l'action sanctificatrice du Saint Esprit ont pour but de ramener l'humanité déchue à la fin pour laquelle elle avait été créee, vers la plénitude de la déification. Or, c'est par le retour du Christ, que nous attendons, et que se réalisera l'accomplissement suprême de ce dessein de Dieu.
"Que cette économie du salut atteindra par cela son accomplissement ultime". L'élan spirituel nécessite de notre part ce désir impatient qui animait les premiers chrétiens.
Quel est le message chrétien?
Il est annonce de la résurrection! Il est irruption de la vie nouvelle dans un monde voué à la souffrance et à la mort, et ce du fait du péché de l'homme.
La vie véritable s'est réalisée par la résurrection du Christ. La mort est vaincue, la vie a triomphé, chacun d'entre nous, insiste Père Placide, doit faire sien ce passage que nous le revivions avec le Christ ou plutôt que le Christ le revive en nous, avec le consentement de notre liberté pour l'oeuvre de la grâce divine.
La Parousie du Christ, son avènement glorieux à la fin des temps, manifestera tout ce qui était virtuellement contenu dans la résurrection du Christ au jour de Pâques, en faisant participer tout son corps qui est l'Eglise à son triomphe définitif sur le péché, la souffrance et la mort.
Si pour le christianisme occidental le sort éternel de chacun est définitivement fixé au moment de la mort, continue à dire Père Placide, les saints vont au ciel, les pêcheurs non repentis en enfer, d'autres au purgatoire avec un salut final qui l'amèner au ciel, le jugement dernier ne fera que manifester la sentence "définitive" donnée au moment de la mort.
Selon les Pères de l'Eglise, ce n'est qu'à la Parousie que les hommes entreront dans leur destinée définitive, et le sort final de beaucoup ne sera fixé que lors du jugement dernier. Jusqu'à la résurrection, les saints eux mêmes sont dans l'attente, bien que près du Christ.
Il est important de rappeler ceci: "la foi chrétienne est inconciliable avec les idées diverses de "vies successives"!
Elle est aussi inconciliable avec toute idée de réincarnation.
Ce sont des conceptions de courants philosophiques ou religieux non chrétien car le chrétien sait que la vie terrestre est unique. Le destin éternel de l'homme se joue durant cette unqiue existence terrestre.
Pere Placide dit: " l'homme est une personne. Sa destinée est éternelle parce qu'elle transcende la matière et tout ce qui est périssable; Tout homme possède sa dignité personnelle, sans distintion de race, de sexe, ni de condition. Un handicapé, un être taré, l'embryon humain lui-même, tout autant que le plus grand génie, sont des personnes qui ont une destinée éternelle et sont fondamentalement des êtres de communion méritant un infini respect. L'homme, certes, devra progressivement devenir ce qu'il "est", c'est à dire réaliser de plus en plus sa condition de "personne", mais l'homme la possède radicalement dès les premiers instants de son existence. Par contre, le péché rabaisse toujours l'homme au niveau du simple "individu" en l'asservissant à l'esprit de jouissance et de domination, et c'est seulement quand l'homme sera ressuscité, transfiguré, après la résurrection donc, à la fin des temps, que se réalisera en plénitude sa qualité de personne.
Prochainement...comment abolir son "moi"....
L'abolition de l'EGO
Père Placide insiste particulièrement sur l'abolition de l'égo et dit" à la différence des religions orientales ou des philosophies orientales, on n'abolit ni son identité profonde, ni sa personnalité, on ne doit faire disparaître seulement que le MOI" individuel.
Ce moi individuel est lié à l'individu et non à la "Personne", car le moi lié à la personne va laisser la place au "MOI"Personnel!
Les Pères Grecs placent la nature humaine comme étant foncièrement bonne, et tout ce que nous sommes nous est donné par Dieu pour notre bien.
C'est quoi notre bien? C'est d'aller vers Dieu.
Seulement, l'homme aime glorifier son égo, et gonfler ainsi son "MOi Individuel".
Donc il a y déviance et aucun progrès spirituel.
Le progrès spirituel ne se résume pas à anéantir notre propre nature, mais à la transfigurer.
Il faut redresser notre nature et faire du "Moi Individuel" un "MOI Personnel", relatif à notre nature de "personne humaine".
"Tourne, Mère de Dieu, vers le bien la flamme de nos passions!"
Que doit faire le Chrétien Orthodoxe?
Le Chrétien orthodoxe doit renoncer à l'avoir, à la possession, à l'esprit de possession, qui sont des tendances fondamentales de l'Individu.
Le Chrétien doit abandonner sa volonté propre,
il ne doit pas avoir l'esprit de domination,
il doit développer l'acte d'obéissance,
et il doit tendre naturellement vers le dépouillement personnel.
Il n'y a pas dans ces renoncements une soumission à une autorité quelconque! NON, mais il y a une vertu évangélique.
Nous ne devons pas imposer aux autres ce que nous sommes ou ce que nous aimons... nous, en tant que chrétiens orthodoxes devont entrer en communion avec le vouloir de l'autre!
Nous ne devons pas opposer "notre vouloir individuel".
Cela est la signification patristique de l'obéissance.
C'est pour les Pères la voie qui dépouille de l'esprit de propriété en général et aussi pour soi-même! Donc, en définitive, passer du stade de "l'Individu" au stade de la "Personne".
Ce caractère d'obéissance est applicable pour toutes et pour tous, moines et laîcs, c'est la seule manière pour laisser le Christ vivre en nous. L'autorité que l'on peut être amenée à exercer doit être une autorité à l'image du Christ, une autorité de service et d'amour, et non pas une autorité de domination et de pouvoir. Nous devons avoir une autorité faite de "don de soi", nous devons abandonner toute volonté propre.
Suite aux propos de Père Placide je demandais au moine qui m'instruit beaucoup au Monastère par ses réflexions justes, son expérience monastique, son intelligence réelle pour comprendre en peu de temps une situation ou un problème, je lui demandais donc comment avoir quand même un minimum d'autorité et comment se faire obéir? Il me répondit: "en ayant beaucoup obéit soi-même"!
A la différence des religions orientales, dit Père Placide, où des philosophies orientales, on n'abolit pas son identité profonde, ni sa personnalité. On doit seulement faire disparaître le "Moi individuel".
Ce "Moi individuel" est lié à l'individu et non à la Personne.
Le Chrétien doit laisser la place au "Moi personnel".
Les Pères Grecs place la nature humaine comme étant foncièrement bonne, et tout ce que nous sommes nous est donné par Dieu pour notre bien! C'est quoi alors notre bien, C'est aller vers Dieu! Seulement, l'homme aime glorifier son égo, et gonfler ainsi son "moi individuel".
Sonc, il y a une déviance et aucun progrés spirituel; Le progrès spirituel ne se résume pas à anéantir notre propre nature, au contraire, il cherche à la transfigurer. Il faut redresser alors notre nature pour faire du "moi individuel" un "Moi personnel"! Ce dernier est relatif à la nature de personne humine.
"Tourne, Mère de Dieu, vers le bien la flamme de nos passions".
Que doit faire le Chrétien Orthodoxe? Renoncer à l'avoir, à posséder, chasser de lui l'esprit de possession, tout cela sont des tendances fondamentales de l'individu.
Le Chrétien doit abandonner sa volonté propre, le Chrétien ne doit pas avoir l'esprit de domination, le Chrétien doit développer l'acte d'obéissance, le Chrétien doit tendre vers le dépouillement personnel...
Il n'y a pas dans ces renoncements une soumission à une autorité quelconque, mais il y a au contraire "Vertu évangélique. Nous ne devons pas imposer aux autres ce que nous sommes ou aimons mais entrer en communion avec leur vouloir.Nous ne devons pas opposer notre "vouloir individuel". Cela est la signification patristique de l'obéissance. C'est pour les Pères la voie pour se dépuiller de l'esprit de propriété en général et pour soi-même.
Donc, passer du stade de 'l'individu" au stade de "personne".
Ce caractère d'àbéissance est applicable pour toutes et tous, moines et laïcs, c'est la seule manière pour laisser le Christ vivre en nous.
L'autorité doit cependant être une autorité à l'image du Christ, une autorité de service et d'amour, et non pas de domination et de pouvoir.
Nous devons avoir une autorité faite de "don de soi", d'abandon à toute volonté propre...
Alors que je demandais à un Père du Monastère comment on pouvait commander, de quelle manière, il me répondit en souriant "après avoir beaucoup obéit on sait"!
la prière de Père Placide pour un pêcheur apporte une délivrance, offre une bénédiction, c'est une oeuvre merveilleuse qui porte la signature de l'Esprit-Saint, de la grâce de Dieu ; cette prière s'accomplit à travers son amour pour les humbles pêcheurs que nous sommes, Père Placide est un Père empli de charité et de vie en Christ, une bénédiction pour notre époque. Mille grâces sur lui et que Dieu le garde, mille remerciements pour la paix de l'âme, la guérison et la vérité de son attitude. Dieu agit à travers lui.
Père Placide dit: "Dans l'Eglise Orthodoxe, la pensée théologique est profondément enracinée dans l'enseignement des Pères de l'Eglise, c'est à dire des auteurs Chrétiens des 1er siècles, le plus souvent: des evêques reconnus comme des témoins particulièrement qualifiés de la Tradition reçue en totalité des apôtres. Ils avaient comme soucis primmordial de transmettre fidèlement ce qui leur avait été confié.
Ils étaient de grands spirituels, et vivaient au quotidien la doctrine dont ils étaient porteurs.
Peut-on parler de l'Anthropologie des Pères de l'Eglise? Chacun d'eux avait à sa manière sa propre formule de la conception chrétienne de l'homme! On dégage seulement quelques constantes, quelques présupposés communs. Tâche bien sur délicate que les Pères, "témoins et agents de la rencontre entre 1er: le message biblique et 2er: la culture européenne des chrétientés issues du paganisme", utilisaient avec souplesse et avec liberté des concepts empruntés au monde Héllénistique pour exprimer une doctrine, laquelle; sur différents points essentiels était en contradiction avec les systèmes philosophiques qui avaient crée ce langage. Alors, il faut faire preuve de discernement pour découvrir la pensée véritable que les Pères non seulement traduisent mais voilent en même temps...
Les Pères de l'Eglise, et ce par la Bible, mettaient fortement l'accent sur l'Unité de l'homme.
Les écrivains bibliques ignoraient la distinction grecque entre le corps et l'âme. Entre donc la matière et l'esprit.
La Bible héraïque emploie "3 termes" qui désignent l'être humain:
Nephesh ou âme
Basar ou chair
rouah ou esprit.
Reprenons: assez tardivement, surtout dans le nouveau testament, est apparue l'idée que l'âme constitue l'essentiel de la personne humaine, qu'elle ne meurt pas avec le corps.
Celles des justes va auprès de Dieu, en attente! De quoi? De la résurrection qui à la fin des temps reconstituera dans toute son unité l'être humain.
Basar signifie non pas que le "corps", mais l'être tout entier! Et dans sa faiblesse, et dans sa fragilité.
Rouah est le souffle, celui de la puissance de Dieu, le porteur de la parole créatrice, le souffle de vie qui anime tout être vivant. Il vient de Dieu et s'échappe au moment de la mort.
Quand la Bible parle de "l'esprit de l'homme", le souffle ou rouah est presque synonyme de l'âme ou Nephesh, mais l'esprit de l'homme apparaît toutefois plutôt comme Nephesh, âme qui s'ouvre devant l'Esprit de Dieu!
Chez les prophètes puis dans le nouveau testament, l'irruption de l'Esprit de Dieu dans l'homme permet à ce dernier de se transfigurer, c'est à dire faire "une transformation spirituelle de tout son être"!
Les Pères de l'Eglise allaient rencontrer des doctrines très différentes dans le monde Grec.
De tous les systèmes philosophiques rencontrés, un seulement existait avec lequel les Pères avaient le plus d'affinité.
C'est le Platonisme fondé par Plotin.
Qui était-il? Philosophe Néo-platonicien, de l'école d'Alexandrie, il vint à Rome en 244 ou il tint une école avec succès. Vers l'âge de 48 ans, il rédigea des traités que son élève "Porphyre" corrigeait. Ces traités furent édités sous le titre "d'Ennéades"!
Elles sont en 6 parties! Chaque partie est composée de 9 livres.
La première traite de la morale
la seconde et la troisième du monde
la quatrième de l'âme
la cinquième de l'intelligence
la sixième de l'UN (intelligence universelle).
La doctrine Plotinienne se range avec Platon sur le concept de l'idéalisme. Sa théorie des "hypostases " ou "âme, intelligence, unité" est une conception très vivante de l'activité intellectuelle. L'idée d'une appréhension intuitive de l'Absolu divin influencera les Pères de l'Eglise. Cependant, et cela est très important, quelle que soit l'élévation spirituelle de la pensée de ces philosophes, cette pensée était à "l'opposé" de la "conception biblique".
Elle oppose un monde intelligible et immatériel au monde sensible et matériel.
Plotin dit "Platon garde le mépris du sensible et reproche à l'âme son union avec le corps. Il dit qu'elle est dans une prison, qu'elle est en lui comme dans un tombeau. La caverne symboliserait notre monde où seule la marche de l'intelligence permet à l'âme de se délivrer de ses liens et de sortir par conséquent de cette caverne.
Dans les 1er siècles du Christianisme, certains penseurs Chrétiens, en marge de l'Eglise!!! avaient tenté une acculturation hardie du message biblique dans ce monde héllénistique. Ils ont de fait élaborés des doctrines, lesquelles sont désignées sous le nom de "gnoticisme".
Le gnoticisme oppose l'esprit et la matière, il oppose donc l'âme et le corps, (le corps étant bien sûr fortement déprécié).
Certains hommes, les spirituels, ou les "pneumatiques", du grec pneuma qui veut dire esprit, possédaient une âme de nature divine qui avait fait partie d'un monde spirituel qi'ils appelaient "le Plérôme". Ce terme signifie "plénitude".
Suite à une faute, ces âmes étaient déchues, cette chute les faisant rentrer dans un corps, dont elles avaient le devoir de se libérer par: une ascèse importante et par la connaissance.
Quelle connaissance? La connaissance de leur nature divine.
Ainsi, libérées, ces âmes reprendraient place dans "le Plérôme".
Et les autres hommes? Appelés les "Hyliques" de Hylé qui signifie "matière", ils n'avaient quant à eux pas reçus l'esprit ou "pneuma", ils étaient uniquement faits de matière, ils étaient alors livrés aux mauvais penchants et condamnés d'office!
Qu'était le Christ pour les gnostiques? Il était un simple élément du "Plérôme" (un éon) non déchu, revêtant l'apparence d'un corps pour venir dans ce monde "uniquement" enseigner les spirituels, afin de les aider à regagner leur monde spirituel.
Ces doctrines ont laissé des traces dans divers Evangiles apocryphes, il faut le savoir, comme l'évangile de Thomas par exemple... Une 50 d'évangiles ont été retrouvés en Egypte à Nag Hammadi en 1945!
Leur point commun? Le monde spirituel n'a pas été crée librement par Dieu, le monde matériel est l'oeuvre d'un démiurge distint de Dieu et ce démiurge est essentiellement mauvais. Les hommes ne sont pas bon en vertu de leur "propre choix" mais simplement sujets à la prédestination par leur nature même.
TOUT le mystère Chrétien du SALUT est inexistant!!
Les Pères de l'Eglise réagissent alors vivement pour défendre l'enseignement des apôtres dans toute "son intégrité"
Suite prochainement...
Certains orthodoxes en lisant les livres de Père Placide heurtent sur le terme Apollinarisme. Apollinaire de Laodicée est un évêque du 4ème siècle, fils d'Apollinaire l'Ancien, convertit tous les deux au Christianisme. Il soutint que Jésus Christ quand il s'est fait homme, n'a pris sur lui que l'âme sensitive ou psyché et pas l'âme intellectuelle ou noos.
On appelle cela l'Apollinarisme, car c'est une hérésie totale, condamnée par le concile d'Alexandrie et le concile de Constantinople. On dit qu'il meurt l'année de ce dernier concile, en 381.
bienvenue à Vinika, Nina, de laquelle nous attendons d'autres commentaires sur sa vérité avec Père Placide, car ceux qui ont expérimenté de près sa sagesse en sortent fortifiés devant tous les aléas de la vie. Conscients de sa présence près de nous, conscients de sa prière véritable pour nous, conscients de son abstinence pour nous, je crois que l'on peut vraiment dire que "nous sommes riches", riches d'amour....
Par ces grands froids, soyons particulièrement attentifs à nos frères et soeurs dans le besoin et dans la souffrance. Chacun peut faire quelque chose sans donner de l'argent, car de sérieux doutes peuvent nous perturber, mais acheter par exemple une paire de gants, acheter une écharge, un peu de nourriture, offrir une boisson chaude, il y a multiplicité dans les possibilités. Père Placide insiste beaucoup sur le devoir de "charité", et l'on ne peut suivre les enseignements des Pères de l'Eglise si on intellectualise seulement ces derniers. Pour avoir la chance de suivre lors des divines liturgies les prêches de Père Placide, il n'est pas rare que cette notion de charité soit bien souvent reprise. Pourquoi? car elle nous fait finalement largement défaut! Suivre la trace des Pères de l'Eglise par expérience est expérience de charité et d'amour au quotidien, dans les faits et non dans l'intellect. Un orthodoxe me disait récemment: " mais il y a tellement de gens malheureux que je ne sais plus quoi faire, alors je ne fais plus rien car je me sens démuni et si je suis charitable pour l'un je ne le serais pas pour l'autre." Oui, ce discours est vrai, dans la forme, car personne n'a la prétention d'aider tout le monde, ce n'est pas possible, déjà puisque Dieu ne le fait pas! Mais l'Esprit Saint veille, à la condition unique qu'on lui demande de nous guider vers celle ou celui qui aura besoin de nous ce jour précis ou ce soir là. Une autre personne, ira vers quelqu'un d'autre... Laissons l'Esprit Saint nous diriger et diriger les autres. Il faut se libérer de notre vouloir personnel pour répondre grandement à ce que l'Esprit de Dieu attend de nous. Lui sait, et si la personne en face de nous nous dit merci, répondons: "non, merci à Dieu"! Par expérience, souvent les personnes disent "merci Dieu" et grande est la joie que l'on peut éprouver quand leurs lèvres murmurent le nom de leur "Père Céleste" et de savoir que nous ne sommes quant à nous que de simples instruments.
Les Pères sont étrangers à tout dualisme opposant l'intelligible à la matière, mais ils distinguent malgré tout, en ce qui concerne l'univers matériel et l'homme, 2 états successifs:
1- la condition actuelle marquée historiquement par le péché
2- la condition eschatologique qui sera celle de la création, création il va sans dire transfigurée par les énergies de l'Esprit Saint. Quand? Lors du retour du Christ, à la fin des temps, le tout accompagné bien sûr de la résurrection générale.
Père Placide continue de dire:
" c'est cette condition finale de l'univers qui était la première dans le dessein de Dieu, c'est cette condition que Dieu avait en vue en créant l'homme, et non la chute, et tout progrès dans la vie spirituelle amène l'homme, de façon graduelle bien sûr, vers cette "vraie nature".
La vraie nature de l'homme se dévoile dans le progrès de la vie spirituelle. La vraie nature de l'homme ne se dévoile pas dans le progrès de la vie matérielle, Si la première est restauration, un avant goût de la gloire à venir, la seconde est ensevelissement.
"Dans sa condition actuelle, continue de dire Père Placide, l'homme est soumis à un certain nombres de servitudes que Dieu a permis (et ce dans sa grande sagesse), pour rendre possible quoi? L'épreuve de sa liberté! La faute des premiers parents a amené le péché et la mort dans le monde. Le corps de l'homme est actuellement soumis à la corruption, ce que les Pères appellent "la tunique de peau". Cela signifie le besoin de se nourrir, le besoin de se reproduire sexuellement, le fait d'être sujet à la souffrance, à la mort et à la décomposition.
Par ses facultés énoncées ci-dessus, l'homme cherche naturellement tout ce qui lui est agréable, tout ce qui lui fait plaisir, et repousse naturellement tout ce qui est désagréable et douleur.
L'homme qui agit de cette manière est déréglé, il est sans égard à son bien réel, sans égard non plus pour la société humaine.
Comment sera le corps de l'homme après la résurrection?
Le corps de l'homme sera spirituel... Le noyau de vie de ce nouveau corps sera "l'Esprit Saint", l'énergie même de l'Esprit Saint. Le corps de l'homme sera glorieux, c'est à dire transfiguré par le resplendissement de la lumière incrée.
Ce corps sera réuni à l'âme et cette âme sera elle aussi illuminée et "divinisée" par la même lumière incrée.
Les hommes, il est très important de le souligner, garderont leur personnalité! Ils ne seront absolument pas absorbés dans un grand tout divin!! En gardant leur personnalité, les hommes vivront "en communion" avec Dieu, ils vivront aussi "en communion" entre eux, tous vivifiés par l'Esprit! L'Esprit Saint quant à lui consumera tout égo qui sera en chacun.
Au 4ème siècle, dans le désert de Scété, en Egypte, Evagre le Pontique avait émis l'idée, dans une lettre envoyée à Sainte Mélanie l'ancienne, grand mère de Sainte Mélanie la Jeune, que dans la béatitude éternelle, les élus seraient absorbés en Dieu" comme une goutte d'eau dans la mer".
Macaire d'Egypte apporte de suite dans ses homélies des rectifications, dont la suivante:
" il en sera comme lorsque vous jetez une aiguille dans le feu, et qu'elle change de couleur, et se transforme en feu. Bien que la nature du feu ne soit pas supprimée, mais subsiste, de la même façon tous les membres ressuscitent lors de la résurrection, et pas un cheveu, pas un ne sera perdu. Comme il est écrit, tous les hommes deviennent translucident, tous sont plongés dans la lumière et le feu, et sont transformés. Mais ils ne se dissolvent pas, comme certains le prétendent, et ne deviennent pas du feu, leur nature cessant de subsister. Car Pierre reste Pierre, Paul reste Paul, Philippe reste Philippe.
"Chacun" reste dans sa nature et dans sa personne, rempli de l'Esprit.
Macaire continue: "mais si tu dis que la nature se dissout, il n'y a plus de Pierre, ni de Paul, mais partout et de tous les côtés il n'y a plus que Dieu! Et dans ce cas, ceux qui vont dans la gehenne ne sentent pas leur châtiment, et ceux qui vont dans le Royaume n'ont pas conscience du bienfait reçu".
Macaire le Grand ou Macaire de Scété est un moine Egyptien du 4ème siècle et appelé aussi "Père du désert". On l'appelle l'Egyptien pour le distinguer de son homonyme et contemporain "Macaire d'Alexandrie", avec lequel saint Macaire le Grand est bien souvent confondu. Originaire de la haute Egypte, où il serait né au tout début du 4ème siècle, il devient autour d'une trentaine d'année un membre de la colonie monastique qui peuplait alors le désert de Scété. Elle se situait à l'Ouest du Delta du Nil. Macaire fut un disciple de Saint Antoine, et fut remarqué par ses pairs pour sa sainteté précoce, d'où le nom qu'on lui prêtait: "le jeune vieillard". Devenu prêtre vers l'âge de 40 ans, il possédait divers charismes, dont le charisme de guérison et le charisme de prophétie. Fermement opposé à l'hérésie arienne, il fut vers 374 exilé dans une île du Nil par l'évêque Lucius d'Alexandrie. Il revient cependant dans le désert pour y finir ses jours, et y mourut vers l'âge de 90 ans.
C'est durant cette dernière partie de sa vie qu'Evagre le Pontique fut son disciple.
Macaire d'Alexandrie, moine et père du désert du 4ème siècle, est connu à travers les apophtegmes des Pères du désert où il est parfois appelé "le citadin". Né en 293, il était confiseur à Alexandrie. Vers l'âge de 40 ans, il reçut le baptême et choisit de devenir moine au désert de Scété. Il se rendit près d'Antoine, et on dit qu'il reçut d'Antoine les habits monastiques. Après quelques années, il se rendit à Scété, à Nitrie, confiné à aucun lieu il avait 4 cellules dont une aussi à Kellia. Il fut un des premiers moines à être ordonné prêtre. Son zèle de néophyte le rendit avide d'égaler, voire de dépasser en ascèse tous les autres moines, et ayant appris que les moines de Tabennis ne mangeaient rien de cuit pendant le carême, il passat 7 ans à ne manger que des légumes crus et des lentilles trempées. Il vécut encore une soixantaine d'années et il mourut dit-on vers l'âge de 100 ans.
Evagre le Pontique est né aux environs de 346 et mourut vers 399. il vivait lui aussi dans le désert de l'Egypte. Originaire d'Ibosa, dans la région du Pont, (Turquie); Evagre fut ordonné lecteur par Basile de Césarée. Ordonné Diacre par Grégoire de Nazianze, il partit à constantinople avec lui en 379 et sa prédication connut un très grand succès. Mais les intrigues Egyptiennes empoissonnèrent le second concile de Constantinople , provoquant en 381 le retrait puis le départ de Grégoire de Nazianze que chacun s'attendait à voir élire comme patriarche. Evagre "pour le salut de son âme" dit-il, partit de Constantinople, et par Jérusalem atteignit l'Epgypte. Il devint donc disciple de Saint Macaire le Grand, ou l'Egyptien, "le jeune vieillard", et il demeura avec lui jusqu'à sa mort en gagnant son pain en recopiant des manuscrits. Le second concile oecuménique de Constantinople en 553 ratifia la condamnation d'Origène et des néo-origénistes pour leur conception surbordinatianiste de la Trinité. Sur aussi leur doctrine de la préexistence des âmes. Evagre du Pontique fut du lot et la plupart de ses oeuvres ont été perdues. Père Placide dit néanmoins: " il est l'un des auteurs spirituels qui ont eu le plus d'influence sur le développement de la spiritualit grecque et syriaque". Certains de ses écrits, dérivés d'hypothèses proposées par Origène lui ont valus d'être condamné au 5ème concile oecuménique en 553.
Origène, qui était le plus grand théologien de l'école d'Alexandrie, éditeur des différentes versions de l'écriture sainte, maitre de l'exégèse spirituelle de la Bible, eut de fait une influence immense sur le développêment de la théologie chrétienne. du 3ème siècle au Moyen Age! Origène mourut suite aux tortures qu'il subit pendant des mois sous le règne de Dèce.
je vois que Joëlle connait bien Père Placide et ses messages sont passionnants, je n'ai jamais rencontré Père Placide, je n'ai rien d'autre à dire que ce que j'ai écris. J'ai entendu parler de lui par un prêtre qui était allé le voir. Merci pour ces textes d'enseignements, et merci à Père Placide pour sa présence emplie d'amour au monde et aux pauvres
le message " 56 " dans "parlons d'orthodoxie " au sujet de frère Runge entré dans l'orthodoxie parle de Père Placide et de l'église locale française... Joëlle connaît peut -être les fondements de cette démarche ? merci
J'espère Nina, que vous aurez l'occasion d'aller au Monastère de Saint Laurent en Royans afin de rencontrer Père Placide et les autres moines qui sont aussi dans cette loi de l'amour!
Ce Monastère est magnifique, tout est sublimé non dans la seule loi de la beauté mais aussi dans la loi de la réalité, les icônes vous parlent, elles vous regardent, tout est animé.
C'est un lieu Saint, certes, mais c'est aussi chez vous, et ce sentiment est assez inexplicable, il faut l'éprouver en faisant l'expérience de ce qu'il représente, en quelque sorte l'échelle de Jacob. Je vais dimanche à la Divine Liturgie, et je mettrais spécialement un cierge pour vous Nina!
En ce qui concerne l'église locale française, je vais me pencher sur les paroles de Père Placide pour pouvoir vous apporter une réponse. Si Père Placide est présent dimanche, car il se partage entre le monastère de Solan tenu par les soeurs et le monastère de Saint Antoine, je lui poserais la question que vous soulevez.
CORPS AME ESPRIT de Père Placide
edition "Le Mercure Dauphinois"
Le langage dont usent les Pères de l'Eglise donnerait parfois l'impression que comme les platoniciens, ils partagent l'univers entre un monde intelligible et un monde sensible et matériel. NON! Pour eux, la distinction essentielle et "ignorée des philosophes grecs" se situe entre:
L'incrée et le crée.
Donc, entre le Créateur et les créatures. Les pères continuent en cela la doctrine biblique de la création, à laquelle ils adhèrent pleinement.
L'univers, comme on le sait, à été crée de "Rien" (ex_nihilo)!
L'univers a été crée par un Dieu transcendant, contraint par aucune nécessité. Il faut que cela soit clair.
Les Pères partagent le monde crée entre un monde intelligible (comprenant les anges et les âmes humaines) et un monde matériel qui comprend lui tous les autres êtres, c'est un monde senbible, allant des animaux aux particules élémentaires.
Entre Dieu, divin par essence et les créatures douées d'intelligence, se creuse un abîme qui sépare:
l'Incrée du crée!
Attention: les Pères affirment que les anges et les âmes humaines avec leur nature intellectuelle ne sont pas divines.
Il n'y a en eux aucune parcelle de divinité Mais...ils sont aptes à PARTICIPER à la nature divine, à être "déifié".
Moyennant quoi? Un libre don de Dieu et le libre consentement de la volonté de l'homme.
L'homme ne peut trouver son bonheur et atteindre la fin pour laquelle il a été crée que par cette "participation".
L'homme ne peut la désirer que comme un don entièrement gratuit de Dieu. Cela tient à l'essence même de l'Esprit, qui est doué de liberté.
Et parce qu'il est esprit, l'homme peut entretenir avec Dieu une relation que l'on nomme: "interpersonnelle"!
Comment peut exister cette relation? Elle ne peut exister que sous le signe de la liberté et sous le signe de la gratuité.
C'est donc grâce à cette possibilité d'être divinisé par "participation", grâce au don que Dieu fait de l'Esprit Saint, grâce au consentement de la liberté de l'homme que l'homme peut être appelé "à l'image de Dieu"!
Le résultat de ce don de l'Esprit Saint et du libre consentement humain fait que l'homme va "spontanément" vers Dieu, l'homme va "spontanément" vers le bien, ce bien qu'il a en lui, et par la liberté de choix qu'il possède.
L'homme possède de lui-même une ouverture vers l'infini.
Question? Est-ce le corps tout entier (corps et âme) ou seulement l'âme qui est à l'image de Dieu?
1: les pères étaient conscients de l'unité du composé humain et par conséquent "le dogme" de la résurrection corporelle était au coeur de leur foi.
2: Différents Pères abordèrent bien sûr le sujet, comme Saint Irénée de Lyon qui dit " c'est tout l'homme qui est à l'image de Dieu"! Dieu en créant l'homme l'a façonné à l'image du Christ à venir, "il est à l'image de l'image".
Après qu'un sujet soit débattu sur ces différences d'opinion, il en ressort l'opinion générale que l'âme est parfaitement immatérielle sans être de nature divine.
L'homme est "une âme" comme il est aussi "un corps"!
L'âme est la partie consciente et intelligente de son être.
Mais l'âme anime et vivifie aussi le corps, et en quelque sorte, programme son développement.
Suite prochainement avec l'hérésie d'Origène.
Quelle hérésie, qui était-il?
Voilà bientôt Noël et nous aimons laisser aller notre âme sensible vers les belles histoires d'amour pour l'homme envers l'homme et pour l'amour de Dieu envers les hommes. Par l'entremise de qui? Souvent, dans les films, de nos anges gardiens. Je vais raconter une histoire, vraie, car je suis impliquée dans cette dernière, participante, et grandement étonnée par l'immense amour que Dieu a envers nous, et son immense sollicitude. Si quelqu'un peut en douter, j'espère qu'après avoir lu cela, il n'aura plus de doute et s'abandonnera davantage à "Sa Volonté". Je me suis occupée durant des années d'un enfant battu par ses parents, battu par des lattes de bois. Mère dans l'enseignement, père dans la police! J'ai fait activé un système de protection, tel était mon devoir, et j'ai prié comme j'ai pu devant cette immense détresse, tant pour l'enfant que pour les parents.
Un jour, cet enfant me dit: "j'aimerais bien le livre d'harry Poter pour Noël, je n'ai jamais de beaux livres, et tu sais, joëlle, j'aimerais être comme les autres"! Evidemment, je lui promis ce cadeau quand une voix grave et caverneuse me dit: "c'est moi qui lui offrirait, toi tu regarderas par terre". Je ne peux en dire plus, mais cette voix ne me surprit pas pour maintes raisons que je ne peux évoquer. Je passais donc la semaine en regardant les trottoirs, les moindres recoins, les trous, bref, cela aurait pu être le comble du ridicule. Le vendredi, rien... Je remis en doute ce que j'avais entendu quand une amie me dit: "viens avec moi dans tel magasin, j'ai besoin de clous et de vis"! Rien de très passionnant pour moi, mais je lui fis ce plaisir de l'accompagner. En sortant de la voiture, une feuille de couleur s'était collée à ma chaussure. En l'enlevant, je vis non une feuille mais quelques billets collés les uns aux autres, et qui représentait à un euro près, en plus et non en moins, le montant du livre. Mon fils le lendemain lui achetait ce dernier avec quelques bonbons en plus. Quand j'en parlais à un Père du Monastère, nous dimes "Gloire à Dieu, gloire à Dieu"! Oui, Dieu est grand dans ses oeuvres, même et surtout dans les plus petites, les plus humbles, les plus simples, sachant que ce petit n'était pas baptisé, n'était donc pas croyant, ne connaissait rien sur Dieu, mais DIEU lui le connaissait et il entourait cet enfant de son amour depuis toujours. Grand est Dieu dans ses oeuvres et n'oublions jamais qu'Il est toujours là pour nous.
Suite de "Corps, Âme et Esprit" de Père Placide
Il faut souligner dit Père Placide un point très important, que tout orthodoxe doit garder dans sa conscience, "l'Eglise a rejeté l'opinion d'Origène sur la préexistence des âmes, elles ne viennent pas d'ailleurs dans le corps, mais viennent à l'existence en même temps que le corps, et ce dès la conception. L'Eglise Orthodoxe est affirmative: " l'embryon, dès l'instant de sa conception est pleinement un être humain, donc une personne!
Les handicapés, les malades mentaux, possèdent eux aussi une âme et eux aussi sont appelés à la divinisation de tout leur être, même si l'état actuel de leur organisme paralyse pour le moment l'exercice de leur intelligence. On leur doit des égards particuliers, comme aux membres les plus faibles et les plus démunis du Corps du Christ."
Quand est-il après la mort?
L'âme continue à vivre, bien que séparée du corps, et bien que séparée du corps, elle garde toujours un lien avec lui. Car ce corps est appelé à être ressuscité. C'est pourquoi, au sein de l'Eglise, on vénère les reliques sans oublier les miracles que les Saints accomplissent par leur entremise.
Important: les Pères n'ont jamais admis la doctrine de "la transmigration des âmes" et celle de la "réincarnation".
Point important également: L'Eglise condamne également toute tentative de communication avec les défunts par les médiums et par le spiritisme. Le défunt est celui qui s'est "endormi". Cela rappelle quoi? L'allusion à la parole du Seigneur au sujet de Lazarre: "notre ami Lazarre dort, allons le réveiller"! La mort est un sommeil, un bienheureux repos dans l'attente de la résurrection. "Sommeil" ne veut pas dire que les défunts soient inconscients, ou aussi soient inactifs, "le repos éternel" veut seulement dire que les justes défunts sont libérés de l'agitation, des tracas et des souffrances de la vie terrestre.
"Mémoire éternelle" veut dire: que Dieu veille sans cesse sur les siens. Les siens sont toujours vivants, au delà de la mort, les entourant de son amour et de sa tendresse paternelle.
Cependant, pour les Pères, les justes ne pourront jouir de la béatitude parfaite qu'après la résurrection de leur corps, que l'on nomme "Parousie".
On va parler un peu d'Origène, théologien de la période patristique qui naquit à Alexandrie vers 185 et mort à Tyr vers 253!
Nous sommes à Alexandrie, capitale appelée par Eusèbe le "stade le plus grand, la carrière la plus en vue où luttent les athlètes de Dieu, par la parole et par le martyre".
Bonum est nos hic esse! "Seigneur, il est heureux que nous soyons ici". Alexandrie est une grande et belle cité, c'est une ville savante, mais elle est néanmoins, depuis 202, sous Septème Sévère, durement persécutée.
Les temps y sont terribles, un lendemain n'y paraît pas possible.
La communauté Chrétienne d'Alexandrie est déjà importante. On en attribue la fondation à Saint Marc. Cette communauté s'établit à côté du culte de "Sérapis", (dieu de l'ancienne Egypte). Dieu qui tient à la fois de Zeus et d'Osiris. Alexandrie aime la science, et des bourses richement dotées entretienent des professeurs et des savants. Il y a dans la capitale des adorateurs du culte de Sérapris, des Juifs, des Chrétiens, bigarrure étrange de croyances opposées, une sorte d'abrégé de toute la tradition. La communauté Chrétienne y compte un évêque et des docteurs. La populace à une réputation sinistre, aussi la persécution y est-elle abominable. Dans cette ville, vit une famille Chrétienne, dont le chef de famille se prénomme: Léonides. Il est chrétien non de naissance mais converti. Sa famille est nombreuse et l'on compte 7 fils. L'aîné, âgé de 17 ans, s'appelle Orignène. Léonides redoute d'exposer l'âme de ses enfants et pour cela, afin de les protéger, il leur donne lui-même l'enseignement nécessaire, s'attachant surtout à former son fils aîné sur lequel reposent tous ses espoirs. Il enseigne donc à Origène tout le cycle des connaissances libérales que doivent posséder les jeunes gens bien nés de l'Empire Romain. Origène apprend avec son père la grammaire, la réthorique, la philosophie, les science; plus l'éducation religieuse! Chaque jour, il apprend par coeur des passages de livres Saints et les récite à son père. Origène à un esprit vaste, il est gourmand de la connaissance, et se prépare à l'étude de la science divine. Ne dit-il pas " la philosphie est une servante à la disposition de la théologie". Esprit vif, Saint Jérôme dira de lui qu'il n'a pas eu d'enfance. Déjà très jeune, il a l'intuition du symbolisme des mots, dans leur première forme et ensuite dans le langage de Dieu. Il sent intuitivement un double sens. Il questionne par conséquent souvent son père, qui, bien sûr, ne peut répondre. Léonides aime cet esprit pur et candide, il est plein de respect pour son enfant. Hélas, Léonides est lui aussi persécuté et Origène assiste à la mise à mort de son propre père par décapitation. Alors, ce qui est surprenant, c'est que loin d'être choqué, il trouve dans le martyre le sommum de la beauté de "la vie" et il dit: "il faut se lever, il faut aller mourir avec lui, notre père"! Il a toujours gardé cette admiration pour le martyre et l'a envisagé comme l'archétype du beau. Sa mère essaie de la raisonner, mais rien n'y fait. Elle doit alors user d'un stratagème. Elle lui enlève de nuit tous ses vêtements, de peur qu'il ne parte lui aussi vers la mort. Elle impose à la manière son autorité, mais la suite est misérable, car tous les biens sont confisqués et de famille aisée, elle devient famille sur le pavé. Une personne riche et haut placée prend pitié et recueille ce petit monde sous son toit. Origène a hâte de travailler pour ne pas être à la charge de personne. Vers 18 ou 19 ans, il devient professeur de grammaire. Il garde néanmoins la notion de "martyre" comme idéal. Aussi, il s'expose sans cesse, désireux d'être à son tour arrêté. L'év^que Démétrius le place alors à la tête de l'école catéchétique d'Alexandrie, qui a pour fonction d'instruire les catéchumènes. C'est une lourde tâche de se trouver à la tête de cette école, dans cette ville savante ou tout est savant. Origène sent de suite qu'il a en charge des âmes. Il prend également peur de "sa science" qui l'éloigne de Dieu et il comprend la nécessité du dépouillement. Il possède alors quelques volumes de choix, de beaux manuscrits, et veut répandre la science sans calcul. Son désintérêt est tel qu'il vend à un libraire ce qu'il possède pour 4 oboles de rente par jour, ce qui correspondait dans les années 1960 à 1,10 francs. Il vit cette mortification comme un martyre, martyre qu'il n'obtient pas alors que la persécution continue encore et encore, perdant des élèves tel qu'Héradide, Héron, les 2 Sérénus, Basilide et une jeune fille nommée Héraïs.
Dans une ville savante, on n'est pas étonné de voir que le Christianisme cherche à être une science! Le mot de Saint Anselme " fides quaerens intellectum" (la foi cherchant l'intelligence" est déjà vérifiée.
Origène a aussi comme élève Grégoire le Thaumaturge, esprit charmant mais un peu rude. N'en n'ayant pas fini avec les études, il se rapproche d d'Ammonius Saccas et sera son auditeur assidu durant 11 ans.Il est extrêmement rigide, dans les principes et dans les moeurs, aussi, dans l'inconscience de sa jeunesse, il se castre pour se soustraire à toute tentation.
Suite prochainement...
merci Joëlle, paroles qui donnent joie au coeur ; j'ai été une enfant qui a connu les souffrances d'une mère battue et qui adore encore son époux, ce que je compredns ; j'ai moi même été une enfant battue, ma grand mère polonaise m'a transmis une foi immense et je la bénis ; elle m'a ouvert la porte vers le jardin de Dieu ; quel bonheur d'être libre dans la prière, malgré une famille sans foi. et de suivre la lumière qui luit dans le noir des peurs et du chagrin ; et on s'en sort, et on est ébloui
Répoànse à Nina
Je reviens du Monastère, j'ai mis un cierge spécial pour vous entre le Christ et la Toute Sainte, et mon coeur s'est serré de souffrance! Maintenant je comprends...
Père Antoine, qui est le libraire du Monastère, me demande si vous pouvez en savoir un peu plus sur votre question au sujet de l'église locale, car cela peut aussi bien sous entendre les coptes que l'oecuménisme ou autre. Aussi, le Monastère est apte à vous répondre à la seule condition d'en savoir un peu plus et à quoi correspond cette revue? Merci Nina de me tenir au courant.
Père Antoine, le libraire du Monastère, et Père Orthodoxe avant tout, me demande de mettre sur ce site les fascicules et livres que l'on peut trouver au Monastère de Père Placide, en indiquant les titres et le coût! Il me donne du travail, mais pour eux et pour Dieu, je vais commencer à inscrire cette liste.
Vous allez donc trouver:
1 Eléments de doctrine Chrétienne
2 Prière et vie spirituelle
3 Orient et Occident
4 Vie des Saints
5 Livres de prières et divers
6 Traduction en Anglais
7 Traduction en Italien
8 Livres Archimandrite Placide Deseille: livres et traductions
9 Archimandrite Aimilianos: Catéchèses et discours
10 Livres divers
11 Chant CD
1
FASCICULES
Eléments de Doctrine Chrétienne
Premiers éléments de catéchèse (2 volumes) 11 euros
A l'image et à la ressemblance de Dieu 4,50
Connaissance et inconnaissance de Dieu 2,50
Le mystère de la Sainte Trinité 5,50
L'Eucharistie et la Divinisation des Chrétiens 4,00
Etre Chrétien Orthodoxe aujourd'hui 3,00
La Gloire de Dieu 10,00
Monachisme, eucharistie et pastorale 3,50
Le problème du mal 3,00
"La mort est vaincue" les fins dernières selon
les Pères de l'Eglise 3,50
Peut-on parler de Dieu, la place du théologien
dans l'Eglise 3,50
La Théologie Russe au début du XXème siècle 3,80
"Tous, vous êtes unis dans le Christ" Orthodoxie
et nationalisme 3,00
Foi chrétienne et écologie 3,90
La Carême Orthodoxe études liturgiques
(hiéromoine Macaire) 7,00
La Divine Liturgie commentaire 3,80
2
PRIERE ET VIE SPIRITUELLE
La douce saveur des psaumes Introduction au Psautier 5,50
Introduction à la Philocalie 7,00
Introduction à l'échelle Sainte de Saint Jean Climaque7,00
La fournaise de Babylone guide Spirituel 10,00
La prière de Jésus dans la spiritualité Hésychaste 3,50
Une rencontre de Saints 3,50
La Tradition spirituelle Orthodoxe 3,50
L"Echelle de Jacob et la vision de Dieu 7,50
Règle de vie monastique 9,00
Lettre sur la vie monastique (Joseph Hazzaya) 9,30
La doctrine spirituelle de Saint Isaac le Syrien 9,00
Extraits d'homélie de Saint Isaac le Syrien 4,00
L'expérience de la Transfiguration (Archim Aimillianos)3,50
L'union à Dieu et la Prière 3,80
La prière personnelle 2,50
Guide spirituel le chemin des ascètes (Tito Colliander)9,00
Le combat spirituel selon les Pères du désert 3,80
Humilier son âme par le jeûne 2,90
Le printemps des âmes Homélies pour le Temps du
Grand Carême 6,50
Une source d'eau vive Homélies pour le Temps Pascal 9,00
3
ORIENT ET OCCIDENT
Divergences et convergences entre les traditions
orthodoxes et occidentale 5,50
Histoire d'une déchirure 3,80
Aux origines d'une divergence Saint Augustin et
la théologie trinitaire 5,50
La spiritualité catholique romaine et la tradition
orthodoxe 4,90
Histoire de l'Eglise Orthodoxe 3,80
L'Eglise orthodoxe et l'occident 4,00
L'inculturation du Christianisme en Occident entre
le IVème et le VII ème siècle 3,00
Le Mont Athos et l'Europe et le rayonnement
panorthodoxe de la Sainte Montagne 3,80
Les origines Chrétiennes de la France 3,50
Orthodoxie, uniatisme et oecuménisme 3,50
Points de vue orthodoxes sur l'unité des Chrétiens 3,80
La révolution française et le destin spirituel
de l'Europe 3,00
L'Athos hors de l'Athos Les dépendances athonites
en France (en couleur) 7,50
Etapes d'un pélerinage autobiographie de l'Archimandrite
Placide Deseille 6,50
L'Eglise d'Orient (Nicolas Arséniew) 8,50
4
VIE DE SAINTS
Vie de Sainte Catherine d'Alexandrie 2,50
Vie de sainte Marie l'Egyptienne(trad: P Nicolas Molinier)7,00
Apparitions et miracles de saint Ephrem le Nouvel apparu 9,00
5 LIVRES DE PRIERES ET DIVERS
Le psautier (relié) 23,00
Le psautier (format de poche, broché) 10,00
Petit Horologion 20,00
Horologion 28,00
Les Divines Liturgies 21,00
Petite Paraclisis en l'honneur de la Très Sainte
Mère de Dieu 3,20
Office de la consécration d'une église 2,50
Office de la Sainte Communion 4,50
Office des Petites Complies 2,00
Prières du matin et du soir 2,50
Recueil d'acathistes 9,00
Prières de la table 3,50
Calendrier liturgique 2011 (nouveau style) 3,20
6
TRADUCTION EN ANGLAIS
The History of a Split 3,80
Divergence and convergence 3,80
Death is Overcome 3,50
The french révolution and the spiritual Destiny of Europe3,00
The mystery of salvation 3,80
7
TRADUCTION EN ITALIEN
Storia di una lacerazione 3,80
8 LIVRES ARCHIMANDRITE PLACIDE DESEILLE : LIVRES ET TRADUCTIONS
L'Evangile au désert 26,50
Nous avons vu la vraie lumière 26,00
La spiritualité orthodoxe et la Philocalie 8,00
Corps, Ame, Esprit 10,00
L'échelle Sainte (Saint Jean Climaque) 26,50
Les Homélies Spirituelles de Saint Macaire 21,50
La flamme divine l'Anc Porphyrios(Moine Agapios)* 10,00
9
ARCHIMANDRITE AIMILIANOS: CATECHESES ET DISCOURS
Vol 1 le sceau véritable, la beauté de la vie monastique
sa révélation 30,00
Vol 2 Sous les ailes de la Colombe la vie dans l'esprit 30,00
Vol 3 Exultons pour le Seigneur catéchèses
sur les psaumes 35,00
Vol 4 Le culte divin attente et vision de Dieu 25,00
Vol 5 De la chute à l'éternité 25,00
10
LIVRES DIVERS
L'ascèse de l'amour vie et paroles de Mère Gabrielle 22,90
Saint Nectaire d'Egyne le saint de notre siècle 21,00
Le Synaxaire Vie des saints de l'Eglise orthodoxe
Tome 1 Septembre Octobre 42,00
Expériences liturgiques 'Protopresbytre Stéphanos
K Anagnostopoulos * 30,00
L'Evergetinos Paroles et exemples des Anciens T 1 * 28,00
L'Evergetinos Paroles et exemples des Anciens T 2 * 28,00
L'Evergetinos Paroles et exemples des Anciens T 3 * 28,00
L'Evergetinos Paroles et exemples des Anciens T 4 * 28,00
11
CHANT
CD
Mont Athos Hymnes (Panachage) 18,00
Hymnes Byzantins en Français (Mont Athos) 18,00
Petite Paraclisis à la Très Sainte Mère de Dieu
(en Grec Mont Athos) 15,00
Ce qui correspond aux * ne sont pas traduits ou écrits par
Père Placide
BON DE COMMANDE
NOM PRENOM ............
Adresse................
CP/Ville/Pays..........
Date...................
Tel/ Ptb/ E-mail......................
Tous les prix sont indiqués en euros
Le port n'est pas compris dans le port indiqué
Chèque à l'ordre de "Monastère Saint Antoine Le Grand"
Commande et paiement doivent être adressés à
SERVICE LIBRAIRIE
MONASTERE SAINT ANTOINE LE GRAND
FONT DE LAVAL
26190 SAINT LAURENT EN ROYANS
merci Joëlle, ne prenez pas à coeur, ce qu iest passé n'existe plus, et cela permet parfois que se manifeste la joie et la vie dans leur profondeur,
je reprend le texte de Marie Genko, j'espère qu'elle ne m'en voudra pas, je vais la prévenir sur le site,
bonne lecture,
à bientôt, et grand merci pour le cierge et la prière, je vous porterai aussi dans ma prière,
___
TEXTE DE MARIE GENKO, revue en ligne "parlons d'orthodoxie " messages et commentaires liés à l'entrée du frère bénédictin Runge en orthodoxie
" message 56 :
Vous avez raison, 55 messages pour ne pas dire grand chose au final...!
Et pourtant.... Et pourtant combien de choses il m'a été donné d'apprendre en vous lisant tous!
Il m'a été donné d'apprendre encore dernièrement que le marguiller de l'église de Biarritz s'est fait enterrer par un prêtre catholique car il ne voulait plus avoir à faire à des orthodoxes qui se traînent les uns les autres en justice pour posséder les murs d'une église....!
J'ai appris en écoutant l'interview du Père Placide Deseille que celui-ci est un ancien moine catholique, venu à l'orthodoxie par ses contacts avec l'Institut Saint Serge et les monastères roumains.
J'ai appris également que le Père Placide a traduit la liturgie byzantine en français. Et qu'il souhaite une Église Locale réellement unifiée avec un métropolite pour la France.
Il n'a pas précisé s'il la souhaite sous l'omophore du Patriarche de Roumanie?
Il m'a semblé, mais peut-être ai-je mal compris, qu'il souhaite justement cette liturgie byzantine en Français pour la nouvelle métropole de France.
Ce qui ne va pas dans le sens de la Fraternité orthodoxe, qui souhaite cette même métropole dans la tradition liturgique russe!
Comme je l'ai écrit par ailleurs, si cette métropole était sous l'omophore du Patriarche de Constantinople, il n'y aurait aucune raison que ne soit pas observée la tradition grecque...?
Sur ce fil, certains semblent s'interroger sur la validité de l'orthodoxie du Frère Gabriel Bunge...
D'autres sur la primauté dans l'Eglise universelle...
Peut-être serait-il temps, comme vous le dites si bien, de blablater moins et de prier davantage!
Et surtout de nous en remettre à la sagesse de nos évêques qui se réuniront dans le prochain grand concile afin justement de statuer sur le devenir de la diaspora sur le territoire du Patriarche de Rome!
Car en définitive, personne ne semble vouloir se souvenir que nous sommes sur une terre qui a été appelée la fille aînée de l'Église!
Une terre chrétienne lorsque la Roumanie et la Russie adoraient encore pour quelques siècles des idoles!
Une terre enfin, qui a eu sa propre tradition latine, tradition que nos frères séparés catholiques seraient certainement heureux de retrouver un jour!
Pour terminer j'ajouterai que mon cœur s'emplit de joie lorsque je lis qu'une personne aussi admirable que le frère Gabriel Bunge a pu concélébrer avec Mgr Hilarion
Comment peut-on vivre l'orthodoxie avec l'esprit de polémique, je ne comprends pas car il n'y a rien de chrétien là dedans, et ces personnes ne sont pas orthodoxes, de fait, oui, mais assurément pas reconnues par Dieu. On ne peut vivre Dieu dans les règlements de compte ou les commentaires assassins, c'est avant tout lassant et afligeant!
Père Placide a toujours été critiqué, parfait "bouc émissaire", il a fait ci, il a fait ça.... "Que vos lèvres ne murmurent à l'encontre de votre frère dans le Christ". Le livre de Jean Claude noyé fait pleinement s'exprimer Père Placide sur son engagement dans l'orthodoxie, avec son esprit d'intégrité et de loyauté, mais pour comprendre peut-être faut-il ouvrir son coeur à l'entendement? et à l(amour du prochain?
oui tous ces écrits sur Internet "tuent" la prière dans l'oeuf du coeur , du moins pour moi qui pourtant répond parfois aux commentaires. Que de déchirures, de conflits, de mensonges, de signe de faiblesse ou de pouvoir, l'humain dans toute sa splendeur.
Je pense qu'avant tout ça la sagesse, la sainteté et la charité se reconnaissent en n'importe qui ,dans n'importe quel patriacat et bien plus profondément dans la vérité de Dieu seul
qui fait que bien souvent des êtres humains s'éloignent des églises édifiées par les hommes car ils n'y reconnaissent pas l'oeuvre de l'Esprit-Saint. Si tu as lu JoËlle les textes sur "approche de la mort" dans le site de "moinillon" c'est du même registre, bonne semaine et merci
en fait Vinika est le petit nom que me donnait ma grand mère et Nina le nom avec lequel mon fils aîné m'a toujours appelé
Quand vous allez tous rentrer dans la dormition, deux questions vous seront posées:
Qu'as tu fait de ta vie?
Qu'as tu fait à tes frères et soeurs?
Ce n'est pas votre ange gardien qui va vous demander cela, mais le Christ Lui-même! Comment puis je le savoir? Eh oui, car effectivement, sans le vouloir, à l'âge de 33 ans j'ai fait une crise cardiaque qui m'a ammenée aux portes de l'irréversible. J'ai vu, ce que des millions de personnes prient chaque jour, mais à cette époque, loin de toute Eglise, j'étais totalement réfractaire à toute idée de Dieu!
De plus, le Christ m'a dit: "je ne reconnais aucun sacrement, ni le sacrement de baptême, ni le sacrement de communion, ni le sacrement de mariage, s'ils ne sont pas NOYES dans la notion d'amour" "Va et Témoigne"! Alors je témoigne! Je ne demande rien pour moi mais tout pour les autres, et ma deuxième crise cardiaque m'a plongée dans un coma de 8 heures, alors que l'on me pardonne mais la vie terrestre est très courte pour blatérer bêtement sur des choses non reconnues par Dieu, car je peux l'assurer, pour l'avoir vu, par un autre oeil, notre âme est pesée... N'en déplaise à certains qui préfèrent la polémique à l'authenticité du "message du Christ". Jésus est rigoureux, certes, Jésus n'est pas doux comme on peut le penser, et il est aussi très "doux", il sait admonester mais il aime avant tout. Je n'ai pas été recue comme une personne attendue, un hôte désiré, non! J'ai dû répondre de ma vie, et de ce que j'avais fait de cette dernière durant ce court laps de temps de ma vie humaine. Alors, si vous le voulez bien, revenons à l'enseignement de Jésus, à ses Saints et les acteurs de sa vie, avant et après sa mort...
Suite Origène bientôt...
l'église terrestre et l'église céleste sont unies et Une au regard et au coeur de Dieu
/ ce que l'on voit parfois par le "regard de l'âme " appartient à notre âme et à notre père spirituel qu inous guide
/ les rêves, visions, 'sortie hors du corps ' lors d'un accident ,d'une anesthésie, d'un coma " oui cela existe mais cela ne nous donne pas pour autant la sagesse, ni la force / ces évènements guident dans la joie vers la plénitude si à ce moment il s'est passé quelque chose "d'essentiel " / c'est très rare / comme Saint Séraphim et son ami dans la neige dans la forêt / et d'ailleurs il neige... tout est beau et calme, le repos où tout se tait
/ faisons silence comme la nature
Vous avez raison, Nina, de soulever ce problème! Effectivement, certaines choses ne se partagent qu'avec votre Père Spirituel quand elles touchent votre âme et votre conscience. Quant aux Saints qui viennent par exemple nous visiter et demandent d'exprimer haut et fort leurs apparitions et miracles, il faut s'y résoudre! Les Saints ne viennent pas nous visiter pour leur propre gloire, mais pour nous aider, pour nous protéger et pour nous conduire. Tous et non quelques âmes, péchées ici ou là, non Tous, tout du moins ceux qui veulent être sur la véritable route, sur le véritable chemin. Lisez par exemple les "apparitions et miracles de Saint Ephrem le nouvel apparu" grand Saint de Dieu: il veut que l'on parle de son action véritable dans ce monde actuel pour ceux qui l'implorent où ceux qui le méconnaissent totalement, car on ne cherche pas, les Saints s'imposent à nous et nous parlent... Pourquoi, je ne le sais pas, pourquoi une âme et non une autre? Cela est le grand mystère de Dieu, c'est un chemin sur lequel je ne vais pas m'aventurer car je glisserais! Mais je peux vous assurer que loin de toute idée de grâce, c'est une grande épreuve et une lourde croix! Dans "apparitions et miracles " de Saint Ephrem le nouvel apparu, page 92 du fascicule vous pouvez lire par exemple, et ce parmi de nombreux témoignages: " Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit, Amen! Avec l'aide de Dieu et la grâce du Saint mégalomartyr et myroblite Ephrem, qui fait tant de miracles, j'ai été digne moi l'indigne...
N'oublions jamais notre indignité devant ce qui peut être dévoilé! Les hommes ne sont pas prêts "comme Saint Thomas" par ailleurs envers son Maitre, à accepter dans notre monde conventionnel l'idée du monde spirituel qui se lie avec notre monde terrestre pour la sanctification de notre âme. Résumons tout à cette phrase: "béni soit Dieu qui seul fait des miracles", car rien n'est permis sans sa bénédiction et participation. A bientôt Nina.
Fascinant tandem !
L'esprit de Dieu va de pair avec l'esprit de dépossession, et l'homme a le devoir de se détacher du matériel,ainsi peut-il rentrer dans l'humilité et la sobriété en toute chose!
amusant ce tandem! dans 2 directions opposées!
la droite n'est rien sans la gauche, le noir sans le blanc et l'ombre sans la lumière etc et vive et versa ! oui " il a été permis à moi l'indigne d'être digne de ..;" j'aime cette phrase. Figurez vous que j'ai été très étonnée lorsqu'un père orthodoxe m'a dit que ce n'était pas possible de croire à ces "imaginations de femmes " de Saint Ephrem le nouvel apparu... YES! authentique!