Deuxième dimanche de carême : nous fêtons la mémoire de saint Grégoire Palamas.
Quelques idées qui expriment l'essentiel du rapport de l'âme au corps.

Quelle est la joie, quel est le mouvement du corps qui ne sont pas une activité commune à l'âme et au corps ? [...] Il existe, en effet, des passions bienheureuses, des activités communes qui ne clouent pas l'Esprit à la chair, mais qui attirent la chair jusqu'à une dignité proche de celle de l'Esprit et l'obligent, elle aussi, à se tourner vers le haut. Quelles sont-elles ? Ce sont les activités spirituelles qui ne viennent pas du corps dans l'intelligence [...] mais descendent de l'intelligence dans le corps, pour le transformer en mieux et le déifier par ces actions et ces passions. [...] Chez les hommes spirituels, la grâce de l'Esprit, transmise au corps par l'intermédiaire de l'âme, lui donne, à lui aussi, l'expérience des choses divines et lui permet d'éprouver la même passion que l'âme possédant l'expérience divine ; cette âme, puisqu'elle éprouve la passion des choses divines, possède sans doute une partie passionnée, digne de louange et divine [...]. Lorsqu'elle poursuit cette bienheureuse activité, elle déifie aussi le corps ; le corps alors ne se meut pas, poussé par les passions corporelles et matérielles, [...] mais il se retourne sur lui-même, rejette toute relation avec les choses mauvaises et inspire lui-même sa propre déification et une déification inaliénable.

Triades (II, 2, 12)
extraites de
Thérapeutique des maladies spirituelles de JC Larchet (p. 122)