Ce matin, en raison de la fête liée à la lecture du Grand canon de saint André de Crête, nous avons célébré la liturgie des Présanctifiés. La fraternité a ainsi pu communier, ainsi que certains pèlerins qui ont assisté à tous les longs offices depuis 4 h du matin. Un des travailleurs du monastère s'est vu refuser la communion, alors qu'il se trouvait déjà devant le calice.
C'est un moment toujours éprouvant de voir qu'une personne qui s'est approchée du Calice, et s'est préparée en conséquence (la lecture des prières personnelles de préparation à la communion prend bien trois quarts d'heure), est ainsi repoussée.
Jean-Michel, dans un article assez récent, faisait part de son trouble lorsqu'il a assisté à un tel événement, et regrettait beaucoup le « formalisme » rencontré parfois dans l'Eglise russe. Personnellement, je n'avais jamais rencontré cela avant d'atterrir en Germanie.
Voilà une chose qui ne risque pas d'arriver chez nos cousins catholiques, qui délivrent la communion sans regarder.

A propos du Grand canon de saint André de Crête, lu intégralement aux matines de ce jeudi de la 5e semaine de carême, il faut noter que dans les paroisses, on le lit le mercredi soir. Au monastère, nous commençons la lecture le jeudi à 4 h du matin (puisqu'il s'agit des matines). Selon le typicon en vigueur dans l'Eglise russe, il faut faire trois métanies à chaque lecture d'un tropaire par le prêtre : ce qui fait à peu près 800 prosternations lors de l'office.
Cette année, pour des raisons de santé, je n'ai pas pu les faire. Et je dois dire que c'est une expérience fort intéressante, qui m'a permis de suivre les textes sans distractions.

Première ode de ce canon,
chantée par la chorale du monastère Saint-Jonas de Kiev :

canon de saint André de Crête


On peut écouter, télécharger les autres odes du canon chanté par cette chorale,
à cette
page.