A l'origine, dans l'Eglise chrétienne, tout le monde communiait à chaque liturgie.
Une dame demanda à saint Basile le Grand [IVe s.] s'il était possible de communier souvent et si oui, à quelle fréquence. Il lui répondit que non seulement on pouvait, mais il fallait ! Pour la fréquence, il dit : « nous communions quatre fois par semaine — les mercredi, vendredi, samedi et dimanche. » Nous — ce sont tous ceux de Césarée, car la question concernait non pas les célébrants mais les fidèles. Par sa réponse, il ne donnait pas de précisions sur le nombre de fois où il fallait communier, il donnait seulement un exemple, laissant la liberté d'agir selon les possibilités, sans toutefois abolir l'affirmation selon laquelle il fallait communier souvent.
D'ailleurs, la liturgie elle-même... voyez ce qu'elle exige. A chaque liturgie, le célébrant invite le peuple : « Avec crainte de Dieu et foi, approchez ! ». Par conséquent, à toute liturgie il faut s'approcher. On peut d'autant plus s'approcher souvent.

Chez nous, certains disent que c'est péché de communier souvent ; d'autres disent qu'il ne convient pas de communier plus souvent que toutes les six semaines. Il y a même peut-être d'autres interprétations encore. Ne prêtez pas attention à ces paroles et communiez aussi souvent que vous en éprouvez le besoin, sans hésitation !
Efforcez-vous seulement de vous préparer comme il convient, approchez-vous du Calice avec crainte et frémissement, avec foi, avec des sentiments de contrition et de pénitence.
A ceux qui vous importunent avec des discours sur ce sujet, répondez que vous allez communier avec l'autorisation de votre père spirituel. Et c'est tout.

Des bienfaits que cela vous apporte, il vaut mieux ne pas parler. Gardez cela pour vous et remerciez le Seigneur. Il y a un danger qui consisterait pour vous à tomber dans la vanité. Prenez-en garde ! Car vous seriez alors privé des fruits de la sainte Communion, et la communion elle-même serait alors pour votre condamnation. Que Dieu vous en garde !