Saint Maxime le Confesseur
Par ptit moine le mardi 1 mai 2007, 05:55 - sentences - Lien permanent
Nous commençons la publication des
Centuries sur l'amour de Maxime le Confesseur.Présentation de saint Maxime
par Roland Soyer (© livres-mystiques.com).
Saint Maxime le Confesseur (Constantinople, vers 580 — Lazica, 662), né d'une famille byzantine noble, était, vers 610, premier secrétaire de la cour d'Héraclius Ier.
Vers 613, Maxime se fit moine dans un monastère de Chrysopolis puis de Cyzique.
L'invasion perse de 626 le fit se réfugier à Carthage. Il se joignit, vers
627, à la communauté des Eukrata-des. Il participa, à partir de 639, à la
controverse monothélite et soutint la doctrine des «deux vouloirsÆ. En 645, il
affronta, sous la présidence de l'exarque Grégoire, l'ancien patriarche de
Constantinople, Pyrrhus, tout à la fois monophysite et tenant du monthélisme.
La conclusion de ce débat fut inattendue : Pyrrhus se convertit à l'Orthodoxie
et partit pour Rome, où il fut reçu par le pape Théodore. Le pape, encouragé
par saint Maxime, excommunia le nouveau patriarche de Constantinople. Cette
rupture réduisait à néant les espoirs de Pyrrhus d'être restauré : il s'enfuit
à Ravenne et réintégra la hiérarchie monothélite. Théodore l'excommunia...
Pyrrhus parvint à se faire restaurer en 654, peu avant de mourir.
Simple moine, saint Maxime ne participa pas aux débats du synode de Latran, en
649, qui, sous la présidence du pape Martin Ier, cent cinq évêques condamnèrent
le monothélisme. Mais il en fut l'un des inspirateurs et l'un des rédacteurs
des Actes, rédigés en grec.
En 653, sur l'ordre formel de Constant II, l'exarque Théodore Kalliopas arrêta
le pape Martin et l'envoya à Constantinople, où, dans une parodie de procès, il
fut condamné et exilé en Crimée. Saint Maxime et deux de ses disciples furent
arrêtés en même temps que le pape et transférés à Constantinople.
Leur procès eut lieu après celui du pape. Lorsque l'on demanda à saint Maxime
s'il était en communion avec le patriarche, il répondit
«Je ne suis pas en communion, parce qu'ils ont rejeté les quatre saints
conciles par les neuf chapitres adoptés à Alexandrie, par l'Ekthesis [...], et
récemment par le Typos.», puis il exposa fermement «Nul empereur n'a été
capable de convaincre les Pères inspirés de conclure un accord avec les
hérétiques [...]. C'est aux prêtres qu'il revient de s'enquérir et de définir
ce qui concerne le dogme de l'Église catholique [...]. Durant l'anaphore, les
empereurs sont commémorés avec les laïcs.»
Les accusations politiques, la collusion avec l'exarque Grégoire, furent
abandonnées, faute de preuve. Saint Maxime et ses disciples furent alors
traduits devant le patriarche Pierre, successeur de Pyrrhus. Condamné, les
trois moines furent exilés à Bizya, sur la Mer Noire, en 655. L'année suivante,
pour briser sa résistance, on lui offrit le pardon, un transfert à Regium, en
Calabre, et une cérémonie de réconciliation à Constantinople. Le saint
refusa.
Alors il fut décidé de le rejuger. Avec ses disciples, Maxime comparu devant
les évêques et les sénateurs, on le tortura, on lui arracha la langue, on lui
coupa la main droite, pour s'assurer de son silence. Puis on l'exila en Lazica.
Il y mourut, le 13 août 662, à plus de quatre-vingts ans, dans la sauvagerie
des contreforts du Caucase...
Personne ne protesta, ni à Rome où régnait Vitalien, ni ailleurs. Les procès
intentés à saint Maxime furent iniques, son martyre inacceptable pour des
chrétiens. Ces événements, qui sont la honte de l'Église Orthodoxe et qui
déshonorent à tout jamais le patriarche Pierre, montrent quels excès a pu
engendrer l'hérésie monophysite.
L'œuvre de Maxime comporte quelque quatre-vingt dix ouvrages majeurs. Retenons
ses Opuscula theologica et polemica ad Marinum (Opuscules théologique
et polémiques), vers 640, ses Ambiga, qui relèvent des «ambiguités»
dans l'œuvre de saint Grégoire de Nazianze et datent de 628 à 630, ses
nombreuses Scholia sur l'œuvre du pseudo-Denys et, enfin, ses CD
capita de caritate (Quatre cents chapitres sur l'Amour).
Paradoxalement, Maxime ne parle qu'assez peu de la prière, au moins de manière
explicite, dans ce que la Philocalie a retenu de lui.



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