Rendre visite à un prisonnier le jour de Päques, lui apporter un peu de la joie pascale est vraiment un réconfort réciproque.
Il y a quelques semaines, il me demandait si je lui rendrais visite le jour de Pâques. Je lui ai répondu qu'il était fou : après la semainte Sainte et la nuit de Pâques — je ne serais pas capable de faire le trajet, et surtout de me lever tôt pour arriver avant midi à Bernau.
J'étais un peu tracassé par ma réponse, mais en me couchant ce matin vers 5 heures, je ne pensais toujours pas y aller. De façon inattendue, je me suis réveillé tôt et en forme — de sorte que je me suis mis en route. Ce fut vraiment une joie réciproque.
A la sortie de l'établissement, une famille s'adresse à moi par gestes : je comprends qu'on me demande l'aumône. Comme je n'ai jamais l'occasion de participer à ce mouvement chrétien — je suis ravi de dépenser un peu d'argent du monastère pour une bonne cause...
Eh puis, pour finir, j'ai pu donner une obole à l'Etat : comme nous sommes dispensés d'impôts, c'est une joie toute particulière pour moi... En effet, sur une voie rapide, je vois une lumière qui s'allume subitement (dans nos contrées, cela signifie : «donnez un peu de sous à l'Etat, par pitié») : je comprends que nous recevrons bientôt les coordonnées du compte bancaire de la lampe. Que ne ferait-on pas pour l'Etat !

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