On y rappelle les deux premières traditions égyptiennes : saint Antoine (251-356) et la vie érémitique ; saint Pachôme (295-345) et la vie cénobitique.

petit schèmeLe cérémonial de la tonsure, comme on le connaît aujourd'hui, n'existait pas à proprement parler chez Pachöme, mais le candidat était attentivement interrogé et s'il était jugé capable, on lui donnait les vêtements et il était incorporé à la fraternité. Les premiers textes liturgiques datent du début du Ve siècle : dans l'euchologe de saint Marc, par exemple, avec la distinction entre petit schème et grand schème. Le contenu du premier était essentiellement axé sur le repentir et le pardon des péchés du postulant, celui du second sur la vie parfaite du moine. Sous saint Antoine, les vêtements monastiques étaient déjà distincts des vêtements civils (37e Règle de st Antoine).
Le pseudo-Denis l'Aréopagite (V-VIe s.) donne le premier des détails plus précis : le cérémonial est célébré par un prêtre, dans l'église, devant l'autel, en présence d'autres frères, avant la liturgie pendant laquelle le postulant communiera.
Dans l'Église ancienne, on pratiquait la tonsure de plusieurs postulants en même temps, généralement le mardi de la semaine de Pâques.
Pendant huit jours, les offices célébrés dans l'église du monastère étaient accompagnés de lectures particulières. Le moine nouvellement tonsuré conservait tout ce temps sa capuche (куколь). Le 8e jour, un rituel particulier était célébré pour la pose de la capuche. (euchologe de saint Marc — Vat. Barber).

grand schèmeOn suppose que la distinction entre les deux schèmes date de l'époque du patriarche Nicéphore (806-815). Saint Théodore Studite (VIII-IXes s.), quant à lui, était fortement opposé à la présence liturgique du petit schème, ne reconnaissait que le grand schème et considérait ce dernier comme un sacrement, comme un nouveau baptême. Malgré cela, ce grand nom du monachisme n'eut pas d'influence sur les autres communautés monastiques dans ce domaine.

La tonsure était traditionnellement effectuée par l'abbé du monastère — qui n'était pas nécessairement prêtre. Il faut préciser qu'un prêtre non moine ne pouvait célébrer cet office.
Le texte du grand schème qui est utilisé aujourd'hui dans les Eglises grecque et russe est fixé depuis 1602. C'est une version abrégée de la version studite datant du XIe s. Les versions du petit schème étaient en revanche très variées. Aujourd'hui, le texte du petit schème utilisé dans les Eglises grecque et russe est assez proche de celui du grand schème.

Il existe un troisième type de tonsure (ce serait plutôt le premier niveau) : rasophore, où le postulant ne prononce pas de vœux. D'abord il n'y eut pas de rituel particulier. Le rituel n'apparaît qu'au XIIe siècle : bien que les vœux ne soient pas prononcés, le postulant est tonsuré (en croix au nom du Père du Fils et du Saint Esprit) et reçoit solennellement le vêtement monastique. Dans un euchologe du XIV-XVe siècle, l'abbé déchirait l'habit civil du moine et lui revêtait l'habit monastique.
L'archevêque Averkij faisait la distinction entre les novices rasophores et les moines rasophores : les premiers gardaient leur nom le jour de la tonsure alors que les seconds ne changeaient pas de nom.

Dans la pratique d'aujourd'hui, l'Église grecque ne connaît que le rasophore et le grand schème (stavrophore). Les évêques peuvent être simplement rasophores.
Dans l'Église russe, le grand schème est extrêmement  valorisé et donc très rare.