le patriarche roumain et l'œcuménisme
Par ptit moine le vendredi 21 septembre 2007, 15:54 - réflexions - Lien permanent
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Je me définis moi-même comme un orthodoxe réaliste, et non œcuméniste. En fait,
dans un monde pluraliste du point de vue confessionnel, religieux, nous pouvons
promouvoir l’orthodoxie, non par l’isolement, mais par le dialogue, par la
coopération. Nous avons des millions de Roumains orthodoxes à l’extérieur des
frontières du pays, dans des pays à majorité catholique ou protestante. Par
conséquent, le contact et le dialogue sont inévitables. Mais, en ce qui
concerne notre engagement dans le mouvement œcuménique, l’Eglise orthodoxe
roumaine n’est pas toute seule. Dans ce domaine il y a eu de nombreuses
décisions panorthodoxes qui recommandent le dialogue et la coopération. Ainsi,
même si l’Eglise russe et l’Eglise grecque paraissent quelquefois réticentes,
elles sont elles également engagées de façon officielle dans les dialogues
œcuméniques internationaux, avec le Patriarcat œcuménique.
Important n’est pas le fait d’être œcuménique ou ouvert, mais la mesure selon
laquelle nous utilisons le dialogue et la coopération pour mettre en évidence
les valeurs de l’orthodoxie. Si nous utilisons l’œcuménisme comme une
opportunité de faire connaître l’orthodoxie, c’est bénéfique. Si nous perdons
ainsi notre identité, si nous nous dissolvons quand nous dialoguons, bien sûr
que cela peut constituer un danger. C’est pourquoi, un témoignage œcuménique
authentique et bénéfique aux orthodoxes ne peut être exercé que s’il est bien
préparé, si l’on connaît les valeurs pérennes de l’orthodoxie et, en même
temps, si l’on connaît également les points communs ou les points de
divergences avec les autres confessions. Aujourd’hui, face à la société
sécularisée, les chrétiens ne sont pas crédibles quand ils sont en conflit. Ils
jouissent en revanche d’une grande crédibilité devant le monde sécularisé quand
ils dialoguent et quand ils coopèrent, quand ils coopèrent dans le domaine
social, face à la souffrance, face à la pauvreté. Par conséquent, il faut que
nous voyions cette ouverture œcuménique des Roumains, non comme une simple
mode, mais comme une façon de vivre ensemble de manière civilisée, comme un
effort de passer du conflit au dialogue, et de la confrontation à la
coopération. S’il arrivait que nous relativisions la foi et la morale
chrétiennes, alors l’œcuménisme ne serait plus bénéfique pour nous. Mais pour
affirmer les valeurs profondes de l’orthodoxie, nous croyons qu’il faut le
faire par le dialogue, non par le conflit ou par l’agressivité. Une orthodoxie
agressive n’est attrayante pour personne. Le laxisme non plus : il se
dissoudrait dans un dialogue superficiel, sans discernement critique.




Commentaires
Je suis très frappé de lire un patriarche roumain qui traite l'oecuménisme comme une question de diaspora roumaine et de témoignage de l'orthodoxie roumaine à l'étranger, comme le sous-entend le premier paragraphe. Que fait-il, dans cette affaire, des Hongrois de Transylvanie et des Uniates?
La suite du discours me plaît bien plus, mais je ne peux pas me départir de cette impression que le patriarche ne se sent pas obligé de dialoguer avec les catholiques et les quelques communautés protestantes de son pays...