Important n’est pas le fait d’être œcuménique ou ouvert, mais la mesure selon laquelle nous utilisons le dialogue et la coopération pour mettre en évidence les valeurs de l’orthodoxie. Si nous utilisons l’œcuménisme comme une opportunité de faire connaître l’orthodoxie, c’est bénéfique. Si nous perdons ainsi notre identité, si nous nous dissolvons quand nous dialoguons, bien sûr que cela peut constituer un danger. C’est pourquoi, un témoignage œcuménique authentique et bénéfique aux orthodoxes ne peut être exercé que s’il est bien préparé, si l’on connaît les valeurs pérennes de l’orthodoxie et, en même temps, si l’on connaît également les points communs ou les points de divergences avec les autres confessions. Aujourd’hui, face à la société sécularisée, les chrétiens ne sont pas crédibles quand ils sont en conflit. Ils jouissent en revanche d’une grande crédibilité devant le monde sécularisé quand ils dialoguent et quand ils coopèrent, quand ils coopèrent dans le domaine social, face à la souffrance, face à la pauvreté. Par conséquent, il faut que nous voyions cette ouverture œcuménique des Roumains, non comme une simple mode, mais comme une façon de vivre ensemble de manière civilisée, comme un effort de passer du conflit au dialogue, et de la confrontation à la coopération. S’il arrivait que nous relativisions la foi et la morale chrétiennes, alors l’œcuménisme ne serait plus bénéfique pour nous. Mais pour affirmer les valeurs profondes de l’orthodoxie, nous croyons qu’il faut le faire par le dialogue, non par le conflit ou par l’agressivité. Une orthodoxie agressive n’est attrayante pour personne. Le laxisme non plus : il se dissoudrait dans un dialogue superficiel, sans discernement critique.