de la charité 2-L
Par ptit moine le vendredi 28 septembre 2007, 06:00 - sentences - Lien permanent
Ne pas aimer quelqu’un, ce n'est pas pour autant le
haïr ; pas plus que ne pas le haïr, ce n'est pour autant l'aimer. On peut être
à son égard comme entre deux : n'aimer ni ne haïr. Car l'amour habituel, il
faut pour le produire une des cinq causes — bonnes, indifférentes, mauvaises —
énumérées dans la présente centurie, sentence IX.
Maxime le Confesseur : Deuxième centurie
sur l'amour



Commentaires
Quelle étrange casuistique vraiment..."l'amour il faut le produire"...c'est une erreur de traduction où s'agit-il vraiment de la pensée de l'auteur...
L'amour ainsi artificiellement produit est à l'amour spontané ce que le fleur de serre nourrie artificiellement est au lys des champs... combien de jours reste-t-il avant la fin de la pénitence
Pardonnez-moi, mais il n'est pas de mon ressort de contester une traduction faite par un "compagnon d'Inigo"... D'autant que je ne vois pas où, dans la traduction, il est écrit "l'amour, il faut le produire"...
Je comprends simplement "ce qui produit l'amour...", et la référence à la sentence IX est sans ambiguité, d'autant qu'on y lit que l'amour est produit "par un instinct naturel" ou par des "passions" (par cupidité, par amour du plaisir...)
Il n'y a pas de prime abord cette orientation "volontariste", artificielle, que craint Christophoros.
Cependant, comme pour tous nos "mouvements intérieurs", il nous est loisible de voir ce qui nous pousse, et de tenter d'améliorer cela avec l'aide de Dieu...
Je signale au passage que les oeuvres complètes de St Maxime sont disponibles à télécharger (en zip) à http://orthodoxesfrance.free.fr/res...
Mais là, c'est en grec...
Comme on dit : "pour l'amour du grec, souffrez, Monsieur qu'on vous salue !"...
Comme on dit en italien : "tradutore, traditore"... et, en tant que cynique à tête de chien (pléonasme), et nonobstant ma qualité de juriste, j'appliquerai en sens inverse l'adage "in reo pro dubio" et je supposerai que la traduction de tous ces textes est approximative... donc forcément... fausse...
Ayant fait (trop peu) de grec ancien, je perçois toute la difficulté de la traduction. À titre d'exemple le Logos cela peut-être : le discours, le Verbe... Je ne vous parle pas de la trace des péchés antiques, ces pervers de grecs ayant pour habitude d'appeler un garçon un "kalos" (beau)... on voit bien pourquoi...
Nul, et moi moins que tout autre, ne nie la difficulté de traduire. Mon propos était simplement de souligner que d'une manière générale, les "compagnons d'Ignace" qui s'attaquent à ce genre de travail sont des personnes compétentes, à qui les chrétiens francophones (et en particulier les orthodoxes) sont grandement redevables, spécifiquement pour la collection des Sources Chrétiennes. Par ailleurs, dans le passage en question, le sens ne me semble pas poser de problème...
Quant à notre cher Moinillon, il serait de toute façon appelé un "Caloyer" en Grèce, et nul n'y verrait à redire...
Voui... pour avoir éprouvé les affres de la traduction juridique de l'allemand vers le français ou de l'anglais vers le français, ma religion est faite matière de traduction : il est pratiquement impossible (techniquement et économiquement) de transposer un texte fidèlement d'une langue à une autre, surtout si ces deux langues ne sont pas voisines (passer d'une langue avec des voyelles à une langue sans par ex.)... donc le vrai sens de nombreux textes est quasiment perdu.
A moins que le vocabulaire du texte de départ fasse appel à des concepts simples, immédiats et universels... cette manière de pensée a de considérables avantages... mais évidemment je suis un hérétique rempli de "mauvais sentiments"...
La seule traduction vraiment honnête est la traduction littéraire à la fois re-création et récréation...