de la charité 2-LV
Par ptit moine le mercredi 3 octobre 2007, 06:00 - sentences - Lien permanent
L’éleveur, au sens spirituel, c'est l'homme d’action.
Les vertus morales acquises, en effet, sont figurées par les bestiaux, et c'est
pourquoi Jacob disait : Tes enfants seront des éleveurs. Le berger,
c'est le gnostique. Car les pensées sont des moutons, gardés par l'esprit sur
les montagnes de la contemplation ; et c'est pourquoi tous les bergers sont
objet d'horreur pour les Égyptiens (Gen 47, 5; 46, 34), autrement dit les
puissances ennemies.
Maxime le Confesseur : Deuxième centurie
sur l'amour



Commentaires
Référence à une querelle (historique) avec les partisans de la gnose ou deus (vraiment) absconditus ???
En fait, non.
Depuis Evagre, la tradition ascétique définit schématiquement la progression spirituelle par plusieurs "niveaux" : le premier est le niveau de la "pratique", c'est-à-dire jeûner, veiller, prier, dire les psaumes..., c'est-à-dire entrer dans une vie de foi de manière "ordonnée", sans se laisser "déborder" par les passions. C'est de ce niveau qu'il est question à propos de "l'homme d'action".
Le niveau le plus élevé (selon Evagre) c'est la contemplation de la réalité éternelle, on pourrait dire la contemplation de Dieu. C'est surtout le niveau de spiritualité de certains starets comme St Seraphim ou autres.
Ce terme de "gnostique" n'a jamais désigné, dans l'Eglise, le détenteur d'un enseignement secret.
C'est aussi le sens précis du titre du traité de st Irénée de Lyon Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur, c'est à dire d'une "fausse gnose", d'une connaissance illusoire, la "véritable gnose" étant la connaissance du Christ.
Notons aussi que si cette "schématisation" est couramment employée dans les traités ascétiques, elle ne réduit pas à elle seule la "vie en Christ". On lit, par exemple, dans les traités des Pères l'histoire de deux frères que je résume ainsi : l'un était devenu moine expérimenté vivant richement la prière, l'autre s'était consacré à l'accueil des frères démunis. On demanda à un Ancien lequel des deux avait choisi la voie la plus excellente. L'Ancien ne les départagea pas, indiquant que l'un et l'autre avaient vécu l'excellence pour l'amour du Christ.