VIIe concile oecuménique
Par ptit moine le dimanche 21 octobre 2007, 13:36 - fêtes - Lien permanent
Nous fêtons aujourd'hui (dimanche le plus proche du 11/24
octobre) les Pères du VIIe et dernier concile œcuménique : le IIe concile
qui se tint à Nicée.Je demandais ce matin à nos étudiants quel était le nombre de conciles œcuméniques (il s'agit des conciles qui ont rassemblé des évêques de toutes les Églises locales — ou leurs représentants — pour régler des problèmes canoniques — essentiellement liés aux hérésies).
Réponses : 3, 9, 8, 7... Sur l'internet français on trouve 21, mais il s'agit des conciles de l'Église catholique romaine, qui ne sont évidemment pas œcuméniques.
Voici la liste des conciles œcuméniques :
- Ier concile de Nicée (325)
- Ier concile de Constantinople (381)
- Concile d'Éphèse (431)
- Concile de Chalcédoine (451)
- IIe concile de Constantinople (553)
- IIIe concile de Constantinople (680-681)
- IIe concile de Nicée (787)
LES DECISIONS IMPORTANTES DU CONCILE
Les Pères de Nicée condamnent l'iconoclasme et affirment que l'image n'est
pas le modèle, mais qu'elle renvoie au modèle. Ainsi, tout comme les apôtres
qui ont pu voir le Christ dans son humanité transfigurée, l'icône permet de
discerner, à travers le personnage ou la scène qui sont représentés, la trace
de l'invisible.
De plus, quand les chrétiens peignent le Christ sous forme humaine, ils
figurent un seul Emmanuel, le Verbe fait chair, ils ne divisent pas pour autant
son unité. Au contraire, celui qui représente le Christ en forme humaine,
confesse que le Verbe s'est réellement incarné et pas seulement en
apparence.
Les Pères de Nicée demandent donc la restauration des images du Christ, de la
Vierge et des saints qui aident la prière et permettent de communiquer avec le
divin.
Le concile distingue également le culte d'adoration, ou de lâtrie, réservé à
Dieu seul, et le culte de vénération, ou d'honneur, admis pour les images,
c'est-à-dire pour les représentations des saints. Entendu ainsi, le culte des
images n'est pas de l'idolâtrie.
Nicée II lance aussi des anathèmes contre le «frénétique concile» de Hiéreia
(754), contre les patriarches Anastase, Constantin et Nicétas et contre ceux
qui persistent dans l'hérésie iconoclaste.
L'IMPACT DU CONCILE
En Orient, le triomphe des images et de leurs partisans n'avait pas supprimé
pour autant le courant adverse. Les opposants au concile de Nicée se
regroupèrent autour de Constantin VI qui avait atteint sa majorité, mais se
trouvait toujours sous la tutelle de sa mère Irène. Constantin s'émancipa quand
Irène dut se retirer au mois d'octobre 790 après avoir déjoué une conspiration
dirigée contre elle au printemps de la même année.
Constantin VI fut cependant très vite déconsidéré, du fait des sanglants échecs
que les Bulgares lui infligèrent, ce qui ruina les espoirs des iconoclastes.
Rappelée, Irène bénéficia du discrédit de son fils. La victoire des images
semblait assurée, d'autant plus que malgré le coup d'état dont Irène fut
victime en octobre 802, son instigateur, le ministre des Finances, qui devint
Nicéphore 1er (802-811) après avoir renversé Irène, resta fidèle aux images.
Cette fidélité aux images ne fut pas remise en cause par Michel 1er Rangabé
(811-813), qui succéda à Nicéphore 1er, après que celui-ci avait été écrasé par
les Bulgares. D'un point de vue doctrinale tout apparaissait donc clair.
Et pourtant, cette situation ne devait pas durer. En effet, Michel 1er Rangabé
fut renversé, suite à un échec que lui aussi subit face aux Bulgares. Le nouvel
empereur, Léon V l'Arménien (813-820), convaincu que les revers de l'Empire
étaient une punition du ciel, se mit à reprendre une politique iconoclaste. Il
renouvela les actes de cruauté et de vandalisme du règne de Constantin V. Les
images furent brûlées sur les places publiques, des évêques furent maltraités,
les moines furent persécutés davantage et leurs communautés dispersées, les
biens des iconophiles furent confisqués...
De 814 à 843, les troubles ne devaient cesser que par intermittence au gré des
coup d'état et des alternances des empereurs (cf. Léon V, iconoclaste, renversé
et exécuté ; Michel Amorion, iconoclaste modéré ; Théophile (829-842), fils de
Michel Amorion, iconoclaste).
Ce n'est qu'à la mort de Théophile que l'iconoclasme prit définitivement fin. A
sa mort, l'empereur Théophile laissait cinq filles et un fils, Michel (le futur
Michel III), qui n'avait que six ans. L'impératrice Théodora, iconophile
reconnue, fut donc chargée de la régence. La restauration des images s'imposait
à ses yeux comme au jugement du conseil de régence.
Le rétablissement solennel des images fut célébré, le 11 mars 843, par une
imposante procession et une cérémonie solennelle à Sainte-Sophie. Ces
cérémonies marquaient par là même la restauration de la paix religieuse.
A la fin du IXe siècle, l'art figuratif redevint normal. Les mosaïques qui nous
sont parvenues couvrent toute la période qui va de la fin du règne des
iconoclastes jusqu'à la conquête de Constantinople par les croisés en 1204. Les
artistes s'inspirèrent des oeuvres qui avaient échappé aux briseurs d'icônes et
qui avaient été authentifiées par l'enseignement de l'Eglise. Désormais, l'art
byzantin des images, porté par une popularité croissante, fut conçu selon des
principes théologiques stricts ; il entra dans une phase d'épanouissement que
devait durer trois siècles.
Aujourd'hui encore, le style de ces icônes fait autorité et constitue un
véritable art sacré.



Commentaires