Hier, j'écoutais pour la seconde fois le podcast de M. Colissimo interviewé par Bogdan-Florin Vlaïcu sur le rétablissement de la communion canonique entre l'Eglise orthodoxe de Russie et l'Eglise russe hors frontières (17 mai dernier) — un thème d'actualité. Et je me disais que, tout de même, les préjugés étaient coriaces.
M. Colissimo présente l'Église hors frontières comme une Église qui pourrait maintenant se ressourcer grâce à sa réintégration dans l'Orthodoxie canonique, car elle s'était refermée sur elle-même, hermétique à toute conversation avec le reste du monde chrétien considéré par elle comme déviant.
Il me semble que beaucoup de gens, dans ce milieu, assimilent l'Église HF à ceux qui l'ont quittée aujourd'hui : c'est-à-dire une minorité. Car c'est cette minorité, aujourd'hui multischimatique, qui faisait preuve en effet d'un conservatisme sectaire, très éloigné, en fait, de l'esprit des évêques qui dirigeaient les diocèses d'Europe : je pense en particulier au saint archevêque Jean Maximovitch ou à l'archevêque Antony de Genève et à ses successeurs.
Pourquoi donc se référer avec autorité à l'esprit de cette minorité si peu représentative de l'Église hors frontières pour construire un tel discours ? Je ne me reconnais vraiment pas dans cette présentation de l'Église russe hors frontières.