Un extrait d'un bel article du Monde, signé Alain Lompech (23.11.2007).

Dans les champs labourés après l'arrachage des betteraves à sucre, les mouettes, et les vanneaux dont les populations diminuent fortement, suivent le soc de la charrue pour manger les vers et les bestioles mis au jour, comme le rouge-gorge se faufile entre les pattes du jardinier qui bêche pour becqueter les vers blancs et les petites araignées qui courent sur le sol.
Pas bête, ce passereau sait qu'il n'a rien à craindre de l'homme, aussi il s'approche de lui et fait même sa toilette perché sur une branche de rosier, à portée de main ! C'est un moment de sa vie où il est facile pour un chat ou un petit rapace de l'attraper, aussi le rouge-gorge, qui s'est baigné dans une flaque d'eau, préfère s'installer près d'un ami pour lisser ses plumes, s'ébrouer, se débarrasser de l'eau qui alourdit son vol. Il n'est pas rare qu'il vienne regarder ce qui se passe dans la maison en se perchant sur les appuis de fenêtre ou réclamer à manger quand c'est la disette.
On pourrait presque croire que le merle a toujours vécu en ville, or cet oiseau craintif vivait à la lisière des forêts et n'est peu à peu devenu citadin et familier qu'à partir du milieu du XIXe siècle. A une époque ou pas une seule tourterelle turque n'était encore sortie des régions où elle est endémique, puisque la grande émigration de cet oiseau pour peupler l'Europe n'a commencé qu'à la fin des années 1930 !

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