Spas na krovi
Par ptit moine le dimanche 23 décembre 2007, 11:00 - arts - Lien permanent
Église de la Résurrection (Spas na Krovi) à
Saint-Pétersbourg, construite en 1883-1907 à l'emplacement de l'assassinat de
l'empereur Alexandre II en 1881.
Condamnée à être détruite dans les années 1930, elle ne ne fut pas, par miracle. En 1970 elle est transformée en musée — et le demeure jusqu'à aujourd'hui...
La peinture ci-dessous (de André Andréïevitch Kareline) représente la consécration de l'église par le clergé en 1907.
Détail intéressant : des femmes — membres de la famille impériale, sans doute — se tiennent dans le sanctuaire.
Mais il paraît que les êtres au féminin sont autorisés à pénétrer dans le sanctuaire ce jour-là...

Condamnée à être détruite dans les années 1930, elle ne ne fut pas, par miracle. En 1970 elle est transformée en musée — et le demeure jusqu'à aujourd'hui...
La peinture ci-dessous (de André Andréïevitch Kareline) représente la consécration de l'église par le clergé en 1907.
Détail intéressant : des femmes — membres de la famille impériale, sans doute — se tiennent dans le sanctuaire.
Mais il paraît que les êtres au féminin sont autorisés à pénétrer dans le sanctuaire ce jour-là...




Commentaires
OUPS ! St Syméon de Thessalonique (XVe s.) dit que le prêtre fait entrer le nouveau-né dans le sanctuaire et lui fait faire le tour de l'autel, sans faire de distinction entre les sexes. Le mot qu'il utilise pour le nouveau-né c'est le mot grec "vrefos", qui est un mot neutre, à savoir qu'il est employé tant pour un garçon que pour une fille. St Syméon ne précise nulle part que, pour les filles, il y ait une pratique différente, ce qu'il ne manquerait pas de faire si c'était le cas (voir son texte sur le Baptême, ch. 3 ; je ne sais pas s'il y en a une traduction française).
A en juger d'après ce passage de St Syméon, je pense que la pratique de ne faire entrer que les nouveau-nés dans le sanctuaire est bien tardive et, peut-être, elle a été établie de manière officieuse.
L’ordination des Diacres se fait dans le sanctuaire — donc des hommes et des femmes : La réponse se trouve dans des manuscrits précieux grecs et syriaques enfouis dans des bibliothèques empoussiérées, mais désormais accessibles par Internet (www.womenpriests.org/fr). Ils contiennent d’anciens rituels d’ordination de diacres, hommes comme femmes, illustrant quelle était la pratique de l’Église du IVe au VIIIe siècle et confirmant l’existence de prières de beaucoup antérieures que l’on retrouve déjà dans les Constitutions Apostoliques, décrets de l’Église du IVe siècle contenant les règles concernant la discipline ecclésiastique et la liturgie.
La pratique semble être variable (peut-être selon les juridictions). Notre fille a été baptisée dans l'Eglise orthodoxe, par un prêtre du Patriarcat de Moscou qui l'a introduite dans le sanctuaire après nous avoir expliqué que les deux seules personnes à être autorisées à passer par les portes royales sans être revêtus des vêtements liturgiques sont un évêque et un/une nouveau/nouvelle baptisé(e).
Bon, c'était au XXe siècle, mais finallement, ce n'est pas si loin que ça...
Ceci dit, il est vrai qu'ensuite, les filles/femmes ne sont pas admises dans le sanctuaire sauf "pour de justes raisons..."
"les filles/femmes ne sont pas admises dans le sanctuaire sauf pour de justes raisons..."
Je pense qu'en fait les hommes/garçons ne sont pas admis non-plus dans le sanctuaire sauf "pour de justes raisons..."
Quel étonnant et fort intéressant tableau ! Et le fait que cette oeuvre ait survécu à tant de convulsions historiques n'est pas le moins remarquable. Dire que maintenant cette église qui contient un ensemble unique de mosaïques a été complètement restaurée. Merci de nous faire découvrir ce témoignage d'époque.
Et quand on a des jumeaux garçon et fille comme moi, comment fait-on ? On scinde la cérémonie en deux ? Pas pratique, cette histoire....D'un autre côté, cela est délicieusement misogyne comme j'aime, si je n'étais pas né catholique romain et si je n'étais fidèle par nature...