héros de notre temps
Par ptit moine le dimanche 30 décembre 2007, 17:00 - réflexions - Lien permanent
Témoignage.
« Né en 1952, marié en 1977, viticulteur-arboriculteur de profession, hyper
dynamique de nature, je vivais heureux et croquais la vie à pleines
dents.
Un jour, vers la fin de l'année 1985, j'avais 33 ans, j'ai commencé à être gêné
pour utiliser un tournevis.
Six mois après j'étais en fauteuil roulant et, trois ans après, ne pouvant plus
tenir ma tête, j'optais pour le lit... que je n'ai plus quitté depuis ce
jour.
Aujourd'hui, je suis entièrement paralysé, trachéotomisé, branché à un appareil
respiratoire et ne peux désormais remuer que les yeux.
Cette maladie, appelée "Sclérose Latérale Amyotrophique" (S.L.A.) ou "maladie
de Charcot" entraîne une dégénérescence inexorable de tous les muscles et
conduit rapidement le malade à une dépendance totale.
Par bonheur, je possède un ordinateur équipé d'un logiciel spécial qui me
permet d'écrire avec les
yeux. C'est grâce à cet équipement que je peux vous écrire aujourd'hui.
Le premier moment d'abattement passé, je me suis tourné vers le Ciel et j'ai
demandé : pourquoi moi ???
Mon sort me paraissait injuste ; il y a tant de chômeurs professionnels... Tant
d'individus sans foi ni loi... POURQUOI MOI ?
Je voulais comprendre... et j'ai compris !
J'ai compris qu'il m'avait fallu cette maladie pour me rendre compte que, comme
beaucoup de monde, je me mettais la conscience tranquille en allant à la messe
le dimanche mais qu'en fait, j'étais très loin de suivre la route du
Seigneur.
Aujourd'hui, je suis entièrement paralysé, je ne peux remuer que les yeux mais
je suis heureux :
- heureux de marcher à nouveau sur la route du Seigneur,
- heureux de vivre enfin en conformité avec mon idéal,
- heureux d'être modestement utile à mon Dieu.
Issu d'une vieille famille terrienne, catholique et pratiquante, ayant toujours
eu la Foi, à l’annonce de ma maladie, je me suis jeté en elle avec le désespoir
et la frénésie d'un naufragé sur une bouée de sauvetage...
Malgré l'extrême douleur des premières années — le désarroi dure tant que dure
la descente aux enfers —, j'ai maintenu ma confiance en Dieu...
La descente dure tant qu'il reste des muscles à immobiliser, à paralyser. A
partir de là, quand on a touché le fond, quand la maladie ne trouve plus de
quoi alimenter son appétit destructeur, on entre dans ce que nos éminents
spécialistes appellent la phase terminale.
Il y a 17 ans que je suis en phase terminale, je m'y suis habitué et, au risque
de vous surprendre, ma joie de vivre balayant ou occultant tous les
inconvénients et contraintes liés à mon état, je suis heureux !
J'ai les idées bien en place et aucune envie de me plaindre !
Oserai-je dire : au contraire !...
Car cette maladie est, pour moi, une sanctification forcée... à la limite de
l'injustice...
Gloire à Dieu !
Réaction au malheur incompréhensible pour la plupart, mais Dieu remplit ma vie
et je ne manque de rien. Le bonheur serait-il subjectif et totalement
indépendant de toute jouissance humaine ?
Je laisse à chacun le soin de méditer cette pensée qui est une approche directe
de l'influence permanente de Dieu dans nos vies, par une action à la fois
permanente et imperceptible sur notre cœur, notre ressenti et nos évidences
fondamentales...
Oui, la souffrance existe, aussi bien physique que morale mais il est écrit
dans la Bible (Matthieu 11, 28-30) :
Je suis là pour en témoigner !... J'ai, bien souvent, remonté le moral de gardes-malades désespérées pour des peines légères et passagères mais j'ai moi-même rarement perdu le moral et je n'ai jamais perdu l'espoir parce que je n'ai jamais douté de l’Amour de Dieu.Venez à Moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et Moi Je vous soulagerai.
Chargez-vous de Mon joug et mettez-vous à Mon école, car Je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes.
Oui, Mon joug est aisé et Mon fardeau léger.
Comment penser à l'euthanasie quand on a Dieu dans le cœur et quand aucune souffrance ne peut altérer notre confiance en Lui...
Les « sans Dieu » sont à plaindre, car ils ne connaissent pas l'incommensurable bonheur de se sentir aimé de Dieu, ils ne peuvent pas imaginer le secours bien réel dont bénéficient les amis de Dieu dans l'épreuve.
Quand l'enfer se déchaîne contre nous, nous savons qu'il ne s'agit que d'une épreuve supplémentaire, destinée à tester notre Foi et notre confiance envers le Tout-Puissant, Créateur de tout ce qui est...
Il faut savoir que nous avons été créés par un débordement de l’Amour Infini de Dieu et que toutes nos souffrances sont nécessaires à notre purification, pour la préparation de notre Eternité bienheureuse dans la Gloire de Dieu.
Oui, quand l'enfer se déchaîne contre nous, nous accentuons notre prière, nous implorons le Ciel et nous gardons confiance... alors que les « sans Dieu », dans la même situation, désespèrent, appellent la mort et revendiquent le droit à mourir.
Ils appellent ça « mourir dans la dignité » ! Ne s'agit-il pas plutôt de désespoir et de lâcheté ?
Ce qui est grave, parce qu'irréversible, c'est qu'ils refusent la Volonté Divine qui est Lumière et se précipitent dans la mort qui est ténèbres.
Dieu respectera leur choix, leur libre arbitre, et les laissera aller dans les ténèbres éternelles puisque telle est leur volonté, libre et délibérée.
Alors que celui qui accepte et offre sa souffrance se met en phase avec la Volonté Divine parce qu'il fait preuve d’humilité, d’obéissance, de soumission, de confiance et d’amour envers notre Créateur et Rédempteur.
La souffrance acceptée et offerte purifie notre âme, constitue une protection contre l'enfer et fait office de sauf-conduit pour le purgatoire (*) dont elle peut réduire sensiblement la durée.
L'euthanasie est donc criminelle à double titre : pour le temps et pour l'Eternité. Par son refus radical de la Volonté Divine, elle est un billet pour l'enfer.
Il en est de même pour l'avortement. La culpabilité de l'avorteuse est même bien pire car, pour un confort égoïste, elle ôte la vie à son propre enfant qui possède déjà une âme immortelle et vivra donc éternellement dans le Ciel en qualité de martyr de sa propre mère.
Mais il est IMPORTANT de savoir que Dieu pardonne au pire des criminels qui implore son pardon avec un repentir sincère.
Chacun peut donc décider de revenir à Dieu à tout moment mais, en nos temps troublés, il serait quand-même prudent de ne pas attendre.
En conclusion, qu'importe notre vie actuelle, offrons la joyeusement à la Divine Justice, soyons des amis fidèles de notre Dieu d'Amour et de Miséricorde, des esclaves de l'Amour, car nous savons que nous passerons l'Eternité dans Sa Gloire et que la Vision Béatifique chavirera perpétuellement notre cœur dans le ravissement et dans l'extase. »
Pierre PANIS
PS. Pierre est décédé le 26 mai dernier.
Il est tout près du Seigneur, sans nul doute.



Commentaires
Il faut préciser que la doctrine des "âmes du Purgatoire" n'a plus du tout au sein de l'Eglise catholique le même retentissement qu'au XIXe et au XXe siècle, ainsi le site de "Notre-Dame de Montligeon" en France (un sanctuaire étonnant au milieu de nulle part...) préfère employer le terme "sauvés en puissance"...
Потрясающая история... Большое спасибо за публикацию Нет ли её литературного русского перевода?
Chacun suit le chemin que Dieu lui a donné et la tâche qui lui est confiée est à la mesure de ses forces. Pourtant que de douleurs et de souffrances sur cette terre emplie d'épreuves et de chagrins. Je crois aussi que même riche, heureux, en bonne santé on peut glorifier le Seigneur et vivre en sa lumière. Personne n'a le même charisme ou le même destin.
Je travaille à l'hôpital et je ne m'habituerai jamais à la douleur des gens brisés par la maladie, la solitude, la méchanceté. De plus la souffrance vécue dans le corps peut anéantir l'âme. L'humain a besoin d'être aidé et aimé. J'admire ceux qui savent seuls avec leur foi aller au devant de leur propre misère. Padre Pio, Marthe Robin, Saint Séraphim de Sarov en sont des exemples et combien d'autres inconnus !
Ecrivons des livres sur tous ces modèles afin que les malades ne se sentent pas seuls !
Je pense à Père Païssios ou à Saint Ephrem qui soigne les malades.
Bien fraternellement
Nina