de la charité 3-LVIII
Par ptit moine le mardi 15 janvier 2008, 06:00 - sentences - Lien permanent
Les parents restent vivement attachés aux corps qu'ils
ont produits ; et l'esprit, par nature, tient aux raisons qu'il découvre. Aux
yeux des parents passionnés, des enfants difformes jusqu'au complet ridicule
sont entre tous beaux et bien bâtis ; et à un esprit qui manque de sens, ses
raisons, même tout à fait absurdes, semblent les plus sensées du monde. Le
sage, lui, ne tient pas à ses raisons. Se sent-il convaincu de leur vérité et
de leur excellence ? Raison de plus pour qu'il se défie de son jugement, et
soumette à d'autres hommes avisés ses raisons et ses pensées, crainte de
courir et d'avoir couru pour rien (Gal. 2, 1). Et c'est sur eux qu'il
prend assurance.
Maxime le Confesseur : Troisième centurie
sur l'amour



Commentaires
Si je comprends bien, le sage doit s'en remettre à un guide ou père spirituel ?
Décidément antipathique ce Maxime...je dirais plutot Minime... ça me fait penser à une phrase de Charles Peguy "parce qu'ils n'aiment personne, ils s'imaginent qu'ils aiment Dieu"...
Malgré mes difficultés à comprendre certaines fois les sentences de st Maxime, il me reste très sympathique et remercie beaucoup ptit moine pour sa grande patience.
Merci bien !
ptit moine
Mouais, le vilain-pas-beau Christophoros (genre Réprobus), il préfère Saint Paul et le texte qui figure sur son livret de famille catholique (c'est autre chose que le texte de Maxime ci-dessus...)
"L'amour est plein de prévenance
L'amour se refuse à toute jalousie
L'amour ne se fait pas valoir
L'amour n'a pas de mauvais procédés
L'amour ne recherche pas son intérêt
L'amour n'est pas injuste
L'amour ne soupçonne pas le mal
L'amour excuse tout
L'amour croit tout
L'amour espère tout
L'amour supporte tout
L'amour ne se fâche pas
L'amour est délicat
L'amour est patient
Tout le reste passera
L'amour, seul, ne finira jamais.
( après ça j'ai un peu mal à lire Maxime, j'dois dire...)
Saint Maxime le confesseur ... saint Paul... Il ne faut pas tout mélanger, les deux textes ne parle pas de la même chose et ne se situent pas sur le même niveau...
La théologie ascétique et l'anthropologie chrétienne de saint Maxime est d'une puissance et d'une profondeur inégalée dans l'histoire de l'Eglise, un des rares auteurs qui pourrait tenir tête aujourd'hui à l'anthropologie et à la psychologie bouddhiste ...
Ah ! si les chrétiens orthodoxes intéressés par leur religion se donnaient la peine de l'étudier et de pratiquer, et de s'exercer en suivant de tels maîtres, 500 000 Français se seraient convertis à l'orthodoxie et non aux différents bouddhismes...
mais en guise de spiritualité, on préfère ressasser "l'amour, l'amour, l'amour..." pourquoi pas : "on ira tous au paradis !"
à la lumière du texte de saint Paul, sorti de son contexte, même certains actes et paroles de notre Dieu et Sauveur Jésus le Christ sont condamnables...
vénérable Père Maxime prie Dieu pour nous ...
J'aimerais bien savoir quels actes de Jésus sont condamnables au regard du texte de Saint Paul....faut pas perdre une occasion de s'instruire...
L'amour ne se fâche pas
L'amour est délicat..."
"L'amour excuse tout"
Il y a bien d'autres passages de l'évangile qui peuvent choquer certaines personnes ("Mais Dieu n'est-il pas Amour ?"), certains passages qui, à vous ou à moi, sembleraient somme toute des plus "évangéliques"
évidemment quand on a approfondi, médité, prié, cheminé, on comprend le sens de ces actes et de ces paroles remises dans l'harmonie de leur contexte, et leur profondeur...
Je voulais dire simplement que l'on peut être choqué par les paroles de Saint Maxime, mais cela ne nous donne pas le droit d'insulter un saint de l'Eglise en ridiculisant son nom...
si l'Eglise nous a donné sa personne comme modèle, et son œuvre pour aider à l'illumination de ses enfants, ayons l'humilité de dire "je ne comprends pas pour l'instant", sans nous retourner et déchirer ce qui est saint...
Merci de vos recherches cher thanatonpatissas...c'est intéressant...mais voyez-vous je ne suis pas convaincu, Saint Maxime est certainement intéressant...pour les moines...Saint Paul est capital...pour tous les chrétiens....d'ailleurs il m'arrive souvent de penser à Saint Paul...je le cite constamment à ma femme (style "femmes soyez soumises à vos maris") et je l'aime bien parce que, finalement, il condamne à la fois le capitalisme et le communisme ("qui ne travaille pas, ne mange pas")....
Saint Maxime est intéressant pour les moines, et tous les chrétiens doivent faire "moine" l'homme intérieur,
Saint Maxime comme tous les pères cités dans la Philocalie nous donne des clefs pour comprendre l'écriture, même St Paul... car il ne s'agit plus ici de connaissance intellectuelle et extérieure, mais d'une PRATIQUE celle de la νεπσις (attention ou vigilance intérieure) dans l'invocation du Saint Nom de Jésus, dans le sentiment de sa présence et l'humilité d'un coeur brisé...car je suis égaré loin de lui et privé de sa grâce à cause de mes péchés...
C'est le même chemin pour tous les chrétiens moines, prêtres, hommes, femmes, ouvriers,employés, fonctionnaires PDG, soldats, officiers, chômeurs...
Ce sont les clefs de la connaissance dont parle Jésus dont nous avons besoin pour entrer...
Au revoir... "arrêtez et connaissez que je suis Dieu !" (Psaume 46)
Je suis franchement ému par tous ces derniers témoignages (sur un billet plus ancien à propos de L. Tolstoï, et ici même).
Ils montrent que des non-moines (à moins que ce ne soient des crypto-moines) peuvent témoigner des choses de la spiritualité chrétienne aussi bien, si ce n'est mieux, que ne le ferait un moine qui y consacre sa vie (je parle pour moi, en tout cas !).
Merci !
ça y est...j'ai enfin compris comment repérer la hiérarchie des moines lors des offices...
- les crypto-moines dans la crypte
- les moines sur les bas-côtés
- les hiéro-moines dans le triforium
Je reviens sur le caractère choquant des Evangiles évoqué ci-dessus. Il est bien évoqué par Anne Bernet dans sa bibliograpie de Bernadette Soubirous, la voyante de Lourdes, (Tempus) que je suis en train de lire :
(...) Jacomet ( un policier chargé d'enquêter sur les visions de Bernadette), qui tenait ses comptes, crut d'abord à la générosité de quelques riches bigotes. Il put constater par lui-même qu'il errait.
Le 29 avril, il avait vu, des ses yeux vu, quelqu'un mettre dans la corbeille des offrandes une pièce de dix francs, dix francs or ! Il avait lorgné le nabab et sursauté; il le connaissait ! C'était un tailleur de Tarbes, prénommé Jacques, père de famille nombreuse, et paralytique...
Jacomet eut l'intention de rapporter l'anectote, et d'autres analogues au préfet, insistant sur leur caractère scandaleux: comment des parents, qui ne savaient pas toujours comment nourrir leurs enfants, osaient-ils les priver de pain et gaspiller leur épargne à ces mômeries ? Cela ne pouvait agréer à Dieu ! Et puis, Jacomet leva sa plume, corrigea embarassé : "Je ne crois pas que cela puisse plaire à Dieu..." avait-il finalement écrit, prudent.
Se souvenait-il brusquement de la veuve au Temple, celle qui, au lieu de se priver du superflu, déposa dans le tronc tout ce qu'elle avait pour vivre ?
Ce scandale n'était-il pas essentiellement évangélique ? N'était-il pas l'écho de la dure leçon imposée aux pharisiens et aux scribes ? Obscurément, le bourgeois second Empire, qui soignait une vague ressemblance avec Napoléon III, trompait sa femme et venait, chaque soir, faire réciter, dans leurs chambres, leurs prières à ses enfants, devinait une menace, et un appel.
Ou irait la société si la Reine des Anges descendait du Ciel s'entretenir avec la fille analphabète d'un repris de justice ?
Et si les Lourdais, ces avares finis, prenaient sur leurs heures de travail ou de repos afin d'aménager la grotte et ses environs, d'y creuser des bassins, d'y installer des canalisations et d'aplanir le chemin d'accès à effrayer une mule et où, par extraordinaire, personne ne s'était jamais blessé.
Homme d'ordre, Jacomet percevait soudain le caractère révolutionnaire, par excellence, de cette religion, la sienne, qui parlait de "déposer les puissants de leur siège et d'exalter les humbles" - qui rendait grâce "parce que ces choses avaient été cachées aux sages et aux puissants" et qui invitait les jeunes gens riches "à vendre ce qu'ils possédaient" pour suivre un charpentier de Galilée.( ...)
Oui, étrange...mais ce n'est pas ça, à mon avis, qui fait que l'on a (on non) la Foi...
Dans la série les coincidences troublantes...Nous avons une crèche dans notre salon (tradition catholique - en l'occurence des "Gratalou" du nom du santonier pour ceux qui connaissent...), il y a la même (en plus) petit dans la chambre de mes filles...Avant Noel, ma fille cadette casse un santon, un des trois rois mages (le blanc) décapité...Après Noel, ma fille aînée casse un santon de la crèche du salon, un des trois rois mages (le blanc) aussi, également décapité...Que faut-il en déduire ???
Il m'arrive aussi, très fréquemment, de penser à un sujet à un problème et, quelques jours après, d'ouvrir au hasard un des (trop nombreux) livres de ma bibiothèque et de tomber sur un sujet s'y rapportant...et encore d'autres coincidences...
Très impressionnant!...cette vidéo...