prosélytisme
Par ptit moine le mercredi 30 janvier 2008, 09:00 - d'accord; pas d'accord ! - Lien permanent

Du latin ecclésiastique proselytus, du grec προσήλυτος « nouveau venu dans
un pays » (Larousse).
Paradoxe.
Les imams pourront donc maintenant étudier les sciences laïques à l'Institut
Catholique...
Mais, en revoyant une photo de 2000 où le pape Jean-Paul II embrasse le coran,
je me dis que, finalement, ce n'est pas complètement illogique.
source :
Le Figaro d'aujourd'hui
autre
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Commentaires
Il existe un grand relativisme dans l’Eglise latine source de nombreuses confusions qui semblent en effet bénéficier de l’appui de la prétendue infaillibilité pontificale. Le dialogue islamo-chrétien promu par l’Eglise latine engendre des discours particuliers. Malheureusement un des textes les plus significatifs de ce courant relativiste fut écrit par un moine cistercien de Tiberine (Algérie) qui mourut assassiné avec ses frères, mémoire éternelle.
Le pauvre moine écrivait ceci : « Ne pourrait-on laisser retentir, dans la paix d’une écoute intérieure, le Livre de l’Islam, avec le désir et le respect de ces frères qui y puisent leur goût de Dieu ? Et, en effet, il m’est arrivé bien souvent de voir surgir du Coran, au cours d’une lecture d’abord ardue et déconcertante, comme un raccourci d’Evangile qui devient alors chemin vrai de communion avec l’autre et avec Dieu…Il me semble que le Christ de Pâques aurait quelque chose à nous dire de Lui, à travers ces versets, si nous Le laissions nous rejoindre là, comme sur un nouveau chemin d’Emmaüs. Et si son Esprit peut faire vibrer de lumière et de joie la lettre qui le cachait, n’est-ce pas parce que Celui qui accomplit toutes les écritures pourrait aussi donner sens plénier à celle-ci, sans rien altérer de son visage ? Impossible de s’en convaincre si l’on n’aborde pas le texte coranique avec un cœur pauvre et désarmé, prêt à se mettre à l’écoute de toute Parole qui sortirait de la bouche du Très-Haut »
Source : (à méditer par tous les fanas d’œcuménisme) : comprendre.org
Autre exemple, en janvier 2006 le diocèse d’Evreux se rassemblait dans une salle omnisport pour célébrer avec plusieurs évêques une messe à l’occasion du départ en retraite de son évêque. Lors de cette célébration il fut apporté lors de la procession des offrandes – au moment de l’offertoire – un tapis de prière musulman où les arabophones purent lire des versets du coran et la chahâda, la confession de foi musulmane : « J'atteste qu'il n'y a pas d'autre divinité que Dieu et que Mohammed est Son Envoyé ».
Toutes les photographies se trouvent sur le site du diocèse d’Evreux : catholique-evreux.cef.fr
Sur Vatican II (à titre d'illustration) in "Confession d'un cardinal" par Olivier Le Gendre (J.C. Lattes, p. 249) :
(...)
— C'est toute l'ambiguité de ce concile qui a de l'importance autant par son intention, son état d'esprit, son déroulement, qui ressemble d'assez près à un drame, que par les textes votés.
— Qu'entendez-vous par "drame" ?
— La dramaturgie du concile fut exceptionnelle. D'abord, une décision solitaire d'un pape très méjugé. Ensuite, la maladie qui le frappait déjà et dont il savait qu'elle aurait raison de lui avant la fin du concile. Le nombre des évêques aussi. A Trente, à l'ouverture du concile en 1545, moins d'une trentaine d'évêques étaient présents ! Pour Vatican I en 1870, ce furent sept cents évêques qui siègèrent même si plus de cent cinquante partirent avant la fin pour marquer leur désapprobation. A Vatican II, plus de deux mille évêques se pressaient dans la basilique Saint-Pierre de Rome. Dramatique aussi fut la sorte de putsch menée par certains évêques de la curie. Vous dites putsch en français, n'est-ce pas ?
— Nous utilisons ce mot allemand aussi en français mais rarement, je dois dire, quand il s'agit de l'Eglise catholique ou d'un concile. Nous le réservons plutôt aux coups d'état dans des républiques instables ou corrompues.
— Tout le déroulement du concile avait été préparé par la curie : documents, consultation à distance des évêques, rédaction des projets de constitution. On a pu dire que tout était verrouillé et que la curie envisageait un concile qui se serait contenté de proposer quelques amendements aux documents rédigés par ses soins et les aurait votés sans autre forme de procès.
— Certains évêques, dès l'ouverture, mirent en cause cette méthode de travail et refusèrent de discuter les textes en question. Ils imposèrent qu'ils soient rédigés à nouveau par des commissions dont ils feraient partie. Jean XXIII accepta au grand dam de cardinaux comme ce pauvre Alfredo Ottaviani qui écumait littéralement lorsqu'il parcourait les couloirs du Saint-Office. Je fus deux ou trois fois l'interlocuteur obligé de sa colère. Il se ruait sur tous ceux qu'il croisait, même les plus jeunes et les moins gradés dont je faisais partie, pour leur exprimer son indignation, son irritation, ses vexations. Je vous assure que ce cardinal, aussi rouge que sa soutane quand il était en rage, avait de quoi impressionner le jeune prêtre que j'étais.
(...)
Les religions ne montrent que des facettes de compréhension limitées des humains sur ce qu'est divin. Ceci me porte à espérer, qu'un jour ils (les religions) formiont UN, afin que la vérité soit honorée telle quelle, sans la lourde charge des coutumes, habitudes et dogmes, aussi imparfaits que la pensée des hommes.
Tiens un adepte des religions new age... qui pensent que les religions révélées ne comprennent rien à rien...
comme disent mes enfants : nanèreu, c'est celui qui dit qui y est !
Illustration in le sublime livre cité ci-dessus. P. 311... le cardinal est incognito au chevet d'un malade du sida, quelque part en Asie du Sud-Est :
(...)
— Vous accordez plus d'importance à manifester, à incarner, pourrait-on dire, la tendresse de Dieu auprès de Poo qu'au fait qu'il reconnaisse ou pas l'origine de cette tendresse qui passe par vous ?— L'incarnation de Dieu est la spécificité irréductible chrétienne. Elle signifie que la condition humaine, apparemment absurde, est l'oeuvre de Dieu. Quand Poo somnole dans son lit, affaibli par le virus qui aura raison de lui demain ou la semaine prochaine, quand il perçoit vaguement ma présence, il sent que sa condition, apparemment dénuée de toute grandeur, de tout avenir, de toute valeur, a de l'importance à mes yeux, est digne, en un mot, de mon attention, de ma présence. Il sent qu'il n'est pas rien puisque quelqu'un passe du temps, un temps apparemment inutile, à son côté.
— Quand je suis prêt de Poo, je rends concret, à ma modeste échelle, le plan de Dieu sur les hommes. Je signifie à Poo que sa vie n'est pas absurde puisque je passe du temps avec lui, de la même manière que Dieu a signifié au monde que sa condition n'était pas absurde puisque son Fils s'y est incarné.
— Je veux bien comprendre cela, l'interrompis-je, mais Poo relie-t-il votre présence à Dieu ?
— Si vous-même ne comprenez pas, comment vais-je avoir une chance de me faire comprendre par nos lecteurs à venir ?
— En étant plus clair, Eminence, en creusant plus profond. Il n'y a pas d'autres moyens à ma connaissance.
—Etre chrétien, voyez-vous, ce n'est pas seulement croire qu'il existe un Dieu. Ce n'est même pas croire en un Dieu d'amour ni même acquiescer aux articles du credo. C'est s'accepter comme les mains de Dieu dans le monde. C'est se mettre à la disposition du plan de Dieu pour le monde, c'est se ressentir comme les continuateurs de l'acte de création divin.
— Quand je suis au chevet de Poo, je crois, de manière insensée peut-être mais avec une totale certitude que je suis la main de Dieu et le regard de Dieu sur Poo, homme qui souffre, qui ne sera jamais baptisé, qui ne fera jamais partie des statistiques de l'Eglise, qui mourra demain peut-être. Je lui apporte cette tendresse de Dieu.
Je préfèrerais bien sûr qu'il connaisse l'origine de ma présence, Celui au nom de qui je suis à son chevet, mais cette connaissance, de l'ordre de la foi, vient en second dans l'ordre des priorités. Ce qui compte pour Poo, c'est qu'il ressente cette tendresse. Ce qui compte pour moi, c'est de la lui offrir. Et vous me pardonnerez mon audace, je crois que, ce qui compte pour Dieu, c'est que Poo reçoive cette tendresse qu'il réserve à chacun de ses enfants.
— Vos questions sont comme ces poupées russes : quand on en dévisse une, on ne sait jamais si c'est la dernière. Je préfèrerais que Poo partage ma foi, comme je préfèrerais que nos pays d'Occident ne l'aient pas pour une large part perdue. Je refuse de me fixer sur le nombre de baptisés ou de pratiquants, sur la façon dont il faudrait rajouter du sacré dans nos liturgies pour affirmer notre identité chrétienne. Je refuse cela au nom d'une réflexion de simple bon sens : comment voulez-vous que quelqu'un croie en Dieu s'il n'a pas l'occasion de ressentir quelque chose de Lui ? Et comment voulez-vous que la tendresse de Dieu soit ressentie s'il n'y a pas des gens pour la transmettre et l'incarner ?
- Qu'est-ce qu'un saint universel ? Ce n'est pas un docteur de l'Eglise, ce n'est pas un grand pape, ce n'est pas un théologien, même si ces trois types de personnes peuvent être saints eux aussi. Un saint est avant tout un humain qui a fait de sa vie l'incarnation de la tendresse de Dieu pour les personnes qu'il a cotoyées.
(...)
Pourquoi cher petit moine, il y aurait d'un côté les "simples chrétiens" (disons de basse catégorie) et les "pasteurs" (plus mieux comme diraient mes enfants ???)...
J'avoue ne pas (oser) comprendre...
Merci de ces précisions...il faut aussi dire que le livre en référence est un recueil d'entretiens qui ,par nature, n'est pas aussi "construit" qu'un essai, par exemple...
Que des immams puissent se former à la Catho de Paris, je ne sais pas trop quoi en penser. Il serait intéressant de connaître l'opinion de Mgr Georges Khodr, évêque orthodoxe du Mont Liban et docteur en islamologie dont la compétence n'est pas contestée.
Par contre, voir un évêque (et à fortiori le pape de Rome) embrasser un coran comme on embrasse l'Evangile me met extrêmement mal à l'aise.
Il est vrai, par ailleurs, que JP II avait l'habitude d'embrasser le sol des pays dans lesquels il arrivait : peut-être faut-il être prudent dans l'interprétation de cette photo ?