Dimanche de l'exil d'Adam. Veille du Grand carême.
« Avec Adam et Eve amèrement déchus le genre humain pleure son Paradis perdu
».
Lire le synaxaire ici : http://tinyurl.com/2qo3kc
source : http://tinyurl.com/2cecon
Commentaires
1.
Le dimanche 9 mars 2008, 16:36 par Christophoros
"les vrais paradis sont ceux qu'on a perdus" (Marcel Proust)...
Que signifie la deuxième icône?
C'est la partie inférieure de la première, une scène en rapport avec le péché
originel?
On peut y reconnaitre le Christ, mais je ne vois pas de quelle scène
évangélique il y est question. Ces deux hommes qui cueillent un fruit comme
Adam et Eve le fruit défendu, l'apportent à Jésus et sont jetés dans un trou
par un ange... non, je ne vois pas qui c'est...
► Cliquez sur le
lien indiqué dans le billet pour voir l'original: tinyurl.com/2cecon ptit moine
D'accord, d'accord... le style aidait bien à soupçonne que c'était une seule
et même image, mais John Petrov ne met pas sur son site ce que signifie la
moitié inférieure de l'icône.
C'est étrange : les deux personnages cueillent leur fruit habillés et sont
chassés nus, à l'inverse d'Adam et d'Eve.
Jetés dans la fosse (la géhenne, mais sans le feu, donc celle de Jérusalem?)
l'un d'entre eux est habillé d'un mystérieux manteau blanc (un suaire?) Ce
n'est pas l'épisode de la vie d'un saint et je ne connais rien de tel dans les
évangiles.
J'insiste, donc, qu'est-ce que c'est?
4.
Le mercredi 12 mars 2008, 12:33 par игумен Евфимий
Это изображение "Притчи о слепце и хромце" Кирилла Туровского или, как
она
еще называется: "Кирила мниха притча о человечестей души и о телеси, и о
преступлении Божия заповеди ..." http://www.mosds.ru/BRK1/XII-04.htm
Novgorod (?) Milieu du XVIe s.
Le prototype de l'œuvre de saint Cyrille de Tourov, mentionnée ci-dessus
(Parabole de l'aveugle et du boiteux) est la parabole du Christ : cf.
Matth. 21, 33-46. Voir la traduction de Tertius dans lecommentaire n°
8.
Спаси Господи вам, уважемые батюшки Евфим и Ф... Монашок !
Я не знал ваш автор, святитель Кирилл Туровский, а придча его очень интересна:
воровые слепой и хромой, грешные душа и тело, ну да, душа всегда винует тело
свой о грехе, неправильно цитирует Евангелие "Духъ убо бодръ, плоть же
немощиа".
Икона, которая представляет Изгнание из Рая под этой придчей, тоже прочитает
оба сразу : Бог спросил Адам и Ева сохранить cад Его, муж (глав семьи) винует
жену, но это бы значит, что, как слепой и хромой, них нужно друг друга чтобы
преступить забав Бога.
Saint Cyrille (futur évêque de Tourov ; fêté le 28 avril) est né dans les
années 30 du XIIe siècle dans la ville de Tourov, en Biélorussie actuelle. Il
devint moine au monastère des Saints-Boris-et-Gleb. Il était partisan d'un
monachisme sévère.
Dans les années 1170, il prit une part active dans la lutte contre l'hérésie de
l'évêque Fedorets de Vladimir (qui
s'était fait ordonner à Constantinople, en trompant le patriarche).
Dans un ouvrage polémique La parabole de l'aveugle et du boiteux,
connu également sous le nom de Parabole sur l'âme et le corps, il
condamne le prince André Bogolioubski qui soutenait Fedorets. Il y pose le
problème de la responsabilité égale de l'âme et du corps devant le péché, et
par conséquence celui de la responsabilité égale du pouvoir religieux et du
pouvoir civil devant Dieu.
Il est sans doute décédé à la fin du XIIe siècle.
Ses contemporains l'appelaient le « Chrysostome russe ».
A la demande d'Albocicade, et pour ne pas surcharger de travail le
Moinillon, je m'offre un petit travail de thème russe et j'offre ici une
traduction de la citation courte de cette "parabole de l'aveugle et du
boiteux", celle
qu'il nous a proposée au commentaire
n°5, signée "le petit hérisson dans le brouillard" (qui vaut bien un bon
pot de confiture de framboises) et je ne m'attaquerai pas à la grande citation, où
l'interprétation de la parabole est développée sur plus de niveaux, sous peine
d'y passer la nuit...
"Il y avait un jour un homme de bien, qui possédait une vigne, il l'entoura
d'une barrière, creusa un puits, lui bâtit un entrée et une porte, mais n'en
barra pas l'entrée. Revenant chez-lui, il se dit: qui établirai-je pour garder
ma vigne? Si j'établis quiconque parmi mes servants, ceux-là, connaissant ma
mansuétude, se serviront dans mon bien. Voici ce que je ferai: je placerai à la
porte un aveugle et un boiteux, ainsi, si l'un de mes ennemis vient piller ma
vigne, le boiteux l'aperçoit et l'aveugle l'entend. Si n'importe quel de ces
deux-là veut pénétrer dans ma vigne, celui qui est boiteux, privé de l'usage de
ses jambes, ne pourra passer à l'intérieur; et si l'aveugle y va, il courra à
sa perte et ne trouvera pas son chemin. Et, les installant à la porte, il leur
laissa pouvoir sur tout ce qu'il y avait à l'intérieur de sa vigne, leur donna
assez de provisions, assura leur habillement et dit: de ce qui se trouve dans
ma vigne, n'y touchez pas sans ma permission. Après cela il partit, disant
qu'il reviendrait dans quelques temps.
"Après cela, quand il eut passé quelques temps, l'aveugle dit au boiteux:
"Quel est ce doux parfum de derrière le portail de la vigne?" Le boiteux
répondit: "A l'intérieur de la vigne, notre maître possède beaucoup de choses
belles, sans parler de celles qui sont bonnes à manger. Mais comme notre
seigneur est sage, il nous installa, toi l'aveugle et moi le boiteux, pour que
nous ne puissions atteindre et nous rassasier de ces beaux fruits". Et
l'aveugle répondit ainsi: "Pourquoi ne me l'as-tu pas dit plus tôt? Bien que je
sois aveugle, je sais me servir de mes jambes et je suis fort, je peux
supporter, et toi, et la faute". Et l'aveugle dit: "Prends le panier et
assois-toi sur moi; je te porterai, tu m'indiquera la route, et nous
ramasserons toutes les bonnes choses de notre seigneur. Et s'il vient ici,
notre affaire lui restera cachée. S'il m'accuse de vol, je dirai: tu sais,
seigneur, que je suis aveugle. Si c'est toi, tu dira: je suis boiteux et je ne
peux entrer dans ton jardin".
"Ainsi le boiteux alla sur l'aveugle, et, en entrant dans la vigne, volèrent
tout ce qu'ils trouvèrent des biens de leur seigneur.
"En voyant que sa vigne avait été pillée, l'homme jugea nécessaire de
séparer l'aveugle du boiteux, et ordonna d'aller chercher l'aveugle en premier
pour qu'il l'interroge. Quand fut amené l'aveugle, il commença son enquête. "Ne
t'ai-je pas établi, dit le maître, comme un bon gardien pour ma vigne? Pourquoi
l'as-tu pillé?" "Seigneur, répondit-il, tu sais que je suis aveugle et que je
ne vois pas où je vais sans que l'on m'aide, je n'ai vu personne, et n'ai pas
entendu quiconque passer devant moi par la porte, j'aurais crié très fort après
lui. Mais je pense, seigneur, que c'est le boiteux qui a volé".
"Après cela le maître appela le boiteux et le confronta à l'aveugle, et ils
commencèrent à s'accuser l'un l'autre. Le boiteux disait à l'aveugle: "Si tu ne
m'avais pas porté, je n'aurais jamais pu avec ma boiterie arriver jusque là".
Et l'aveugle disait: "Si tu ne m'avais montré le chemin, je n'aurais jamais pu
arriver jusque là». Alors le seigneur, assis sur son trône de juge, dit: "De la
même manière que vous avez volé, de cette manière que le boiteux s'asseye
maintenant sur l'aveugle». Quand le boiteux se fut assis sur l'aveugle, le
seigneur ordonna à tous ses serviteurs de les torturer impitoyablement et de
les torturer dans un cachot, là il y aura des pleurs et des grincements de
dents.
"Comprenez donc, mes frères, l'interprétation de cette parabole. Le maître
de la maison, c'est Dieu, le Père, Créateur de toutes choses, Son Fils, de
bonne naissance, Notre Seigneur Jésus-Christ. Le vignoble, c'est la terre et
notre monde. L'ordre aux vignerons, c'est la Loi de Dieu et Ses commandements.
Et les serviteurs qui sont avec le maître, ce sont les anges. Le boiteux, c'est
le corps de l'homme, et l'aveugle, c'est son âme. Lorsqu'ils sont installés à
leur porte, cela signifie qu'Il donne pouvoir à l'homme sur toute la terre,
leur donnant la Loi et les commandements. Quand l'homme transgressa le
commandement divin et pour cela est condamné à mort, c'est au début son âme qui
va se justifier devant Dieu, disant : ce n'est pas moi, mais le corps qui a
péché. Pour cela les âmes ne seront pas tourmentées à leur mort, mais elles
demeureront Dieu sait où. Mais quand le Seigneur viendra renouveler la terre et
ressusciter tous les morts, lors nos âmes entreront dans la vie éternelle, et
les pécheurs subiront des souffrances éternelles.
► Toute notre
gratitude à Tertius : on comprend bien ainsi le rôle des personnages de
l'icône. ptit moine
Commentaires
"les vrais paradis sont ceux qu'on a perdus" (Marcel Proust)...
Que signifie la deuxième icône?
C'est la partie inférieure de la première, une scène en rapport avec le péché originel?
On peut y reconnaitre le Christ, mais je ne vois pas de quelle scène évangélique il y est question. Ces deux hommes qui cueillent un fruit comme Adam et Eve le fruit défendu, l'apportent à Jésus et sont jetés dans un trou par un ange... non, je ne vois pas qui c'est...
D'accord, d'accord... le style aidait bien à soupçonne que c'était une seule et même image, mais John Petrov ne met pas sur son site ce que signifie la moitié inférieure de l'icône.
C'est étrange : les deux personnages cueillent leur fruit habillés et sont chassés nus, à l'inverse d'Adam et d'Eve.
Jetés dans la fosse (la géhenne, mais sans le feu, donc celle de Jérusalem?) l'un d'entre eux est habillé d'un mystérieux manteau blanc (un suaire?) Ce n'est pas l'épisode de la vie d'un saint et je ne connais rien de tel dans les évangiles.
J'insiste, donc, qu'est-ce que c'est?
Это изображение "Притчи о слепце и хромце" Кирилла Туровского или, как она
еще называется: "Кирила мниха притча о человечестей души и о телеси, и о
преступлении Божия заповеди ..."
http://www.mosds.ru/BRK1/XII-04.htm
Novgorod (?) Milieu du XVIe s.
Le prototype de l'œuvre de saint Cyrille de Tourov, mentionnée ci-dessus (Parabole de l'aveugle et du boiteux) est la parabole du Christ : cf. Matth. 21, 33-46.
Voir la traduction de Tertius dans le commentaire n° 8.
source : http://veruyu.ru/post517.html?sid=4139026bd8129edfe2116cb0c56710c0
Спаси Господи вам, уважемые батюшки Евфим и Ф... Монашок !
Я не знал ваш автор, святитель Кирилл Туровский, а придча его очень интересна: воровые слепой и хромой, грешные душа и тело, ну да, душа всегда винует тело свой о грехе, неправильно цитирует Евангелие "Духъ убо бодръ, плоть же немощиа".
Икона, которая представляет Изгнание из Рая под этой придчей, тоже прочитает оба сразу : Бог спросил Адам и Ева сохранить cад Его, муж (глав семьи) винует жену, но это бы значит, что, как слепой и хромой, них нужно друг друга чтобы преступить забав Бога.
Saint Cyrille (futur évêque de Tourov ; fêté le 28 avril) est né dans les années 30 du XIIe siècle dans la ville de Tourov, en Biélorussie actuelle. Il devint moine au monastère des Saints-Boris-et-Gleb. Il était partisan d'un monachisme sévère.
Dans les années 1170, il prit une part active dans la lutte contre l'hérésie de l'évêque Fedorets de Vladimir (qui s'était fait ordonner à Constantinople, en trompant le patriarche).
Dans un ouvrage polémique La parabole de l'aveugle et du boiteux, connu également sous le nom de Parabole sur l'âme et le corps, il condamne le prince André Bogolioubski qui soutenait Fedorets. Il y pose le problème de la responsabilité égale de l'âme et du corps devant le péché, et par conséquence celui de la responsabilité égale du pouvoir religieux et du pouvoir civil devant Dieu.
Il est sans doute décédé à la fin du XIIe siècle.
Ses contemporains l'appelaient le « Chrysostome russe ».
Le texte en russe ancien de cette Parabole se trouve ici (!) : http://www.krotov.info/acts/12/2/kirill_tur_02.htm#58
et en russe moins ancien ici (ou dans le commentaire suivant) : http://old-rus.narod.ru/03-14.html
A la demande d'Albocicade, et pour ne pas surcharger de travail le Moinillon, je m'offre un petit travail de thème russe et j'offre ici une traduction de la citation courte de cette "parabole de l'aveugle et du boiteux", celle qu'il nous a proposée au commentaire n°5, signée "le petit hérisson dans le brouillard" (qui vaut bien un bon pot de confiture de framboises) et je ne m'attaquerai pas à la grande citation, où l'interprétation de la parabole est développée sur plus de niveaux, sous peine d'y passer la nuit...
"Il y avait un jour un homme de bien, qui possédait une vigne, il l'entoura d'une barrière, creusa un puits, lui bâtit un entrée et une porte, mais n'en barra pas l'entrée. Revenant chez-lui, il se dit: qui établirai-je pour garder ma vigne? Si j'établis quiconque parmi mes servants, ceux-là, connaissant ma mansuétude, se serviront dans mon bien. Voici ce que je ferai: je placerai à la porte un aveugle et un boiteux, ainsi, si l'un de mes ennemis vient piller ma vigne, le boiteux l'aperçoit et l'aveugle l'entend. Si n'importe quel de ces deux-là veut pénétrer dans ma vigne, celui qui est boiteux, privé de l'usage de ses jambes, ne pourra passer à l'intérieur; et si l'aveugle y va, il courra à sa perte et ne trouvera pas son chemin. Et, les installant à la porte, il leur laissa pouvoir sur tout ce qu'il y avait à l'intérieur de sa vigne, leur donna assez de provisions, assura leur habillement et dit: de ce qui se trouve dans ma vigne, n'y touchez pas sans ma permission. Après cela il partit, disant qu'il reviendrait dans quelques temps.
"Après cela, quand il eut passé quelques temps, l'aveugle dit au boiteux: "Quel est ce doux parfum de derrière le portail de la vigne?" Le boiteux répondit: "A l'intérieur de la vigne, notre maître possède beaucoup de choses belles, sans parler de celles qui sont bonnes à manger. Mais comme notre seigneur est sage, il nous installa, toi l'aveugle et moi le boiteux, pour que nous ne puissions atteindre et nous rassasier de ces beaux fruits". Et l'aveugle répondit ainsi: "Pourquoi ne me l'as-tu pas dit plus tôt? Bien que je sois aveugle, je sais me servir de mes jambes et je suis fort, je peux supporter, et toi, et la faute". Et l'aveugle dit: "Prends le panier et assois-toi sur moi; je te porterai, tu m'indiquera la route, et nous ramasserons toutes les bonnes choses de notre seigneur. Et s'il vient ici, notre affaire lui restera cachée. S'il m'accuse de vol, je dirai: tu sais, seigneur, que je suis aveugle. Si c'est toi, tu dira: je suis boiteux et je ne peux entrer dans ton jardin".
"Ainsi le boiteux alla sur l'aveugle, et, en entrant dans la vigne, volèrent tout ce qu'ils trouvèrent des biens de leur seigneur.
"En voyant que sa vigne avait été pillée, l'homme jugea nécessaire de séparer l'aveugle du boiteux, et ordonna d'aller chercher l'aveugle en premier pour qu'il l'interroge. Quand fut amené l'aveugle, il commença son enquête. "Ne t'ai-je pas établi, dit le maître, comme un bon gardien pour ma vigne? Pourquoi l'as-tu pillé?" "Seigneur, répondit-il, tu sais que je suis aveugle et que je ne vois pas où je vais sans que l'on m'aide, je n'ai vu personne, et n'ai pas entendu quiconque passer devant moi par la porte, j'aurais crié très fort après lui. Mais je pense, seigneur, que c'est le boiteux qui a volé".
"Après cela le maître appela le boiteux et le confronta à l'aveugle, et ils commencèrent à s'accuser l'un l'autre. Le boiteux disait à l'aveugle: "Si tu ne m'avais pas porté, je n'aurais jamais pu avec ma boiterie arriver jusque là". Et l'aveugle disait: "Si tu ne m'avais montré le chemin, je n'aurais jamais pu arriver jusque là». Alors le seigneur, assis sur son trône de juge, dit: "De la même manière que vous avez volé, de cette manière que le boiteux s'asseye maintenant sur l'aveugle». Quand le boiteux se fut assis sur l'aveugle, le seigneur ordonna à tous ses serviteurs de les torturer impitoyablement et de les torturer dans un cachot, là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
"Comprenez donc, mes frères, l'interprétation de cette parabole. Le maître de la maison, c'est Dieu, le Père, Créateur de toutes choses, Son Fils, de bonne naissance, Notre Seigneur Jésus-Christ. Le vignoble, c'est la terre et notre monde. L'ordre aux vignerons, c'est la Loi de Dieu et Ses commandements. Et les serviteurs qui sont avec le maître, ce sont les anges. Le boiteux, c'est le corps de l'homme, et l'aveugle, c'est son âme. Lorsqu'ils sont installés à leur porte, cela signifie qu'Il donne pouvoir à l'homme sur toute la terre, leur donnant la Loi et les commandements. Quand l'homme transgressa le commandement divin et pour cela est condamné à mort, c'est au début son âme qui va se justifier devant Dieu, disant : ce n'est pas moi, mais le corps qui a péché. Pour cela les âmes ne seront pas tourmentées à leur mort, mais elles demeureront Dieu sait où. Mais quand le Seigneur viendra renouveler la terre et ressusciter tous les morts, lors nos âmes entreront dans la vie éternelle, et les pécheurs subiront des souffrances éternelles.
Merci beaucoup !