...visiblement, le moinillon est un moine qui compte dans l'Orthodoxie..
2.
Le dimanche 6 avril 2008, 01:49 par Christophoros
ça n'a aucun rapport...je suis tombé sur un texte qui montre qu'il est très
dangereux d'employer des russes un peu trop dévots et admirateurs du pape (ce
doit être des uniates...de drôles d'oiseaux très appréciés des Orthodoxes, il
paraît...)...
in "Vous plaisantez monsieur Tanner" par Jean-Paul Dubois (collection
Points)
(...) LE PAPE
"Les quelques jours durant lesquels Chavolo et Dorado croisèrent Zeitsev furent
pour le moins électriques. Je craignais que les tensions ethniques ne finissent
pas dégénérer et qu'une bagarre éclate à la maison. A vrai dire, je ne me
souciais guère des blessures que les belligérants pouvaient s'infliger. Ce que
je redoutais avant tout, c'étaient les dommages collatéraux. Les dégâts sur les
cloisons refaites à neuf, les enduits encore frais.
On l'aura compris, Zeitsev était un catholique forcené, un catcheur de Dieu.
Faire le coup de poing en son nom était un de ses loisirs préférés. Zeitsev
avait deux idoles : le pape et "padre Piou" comme il disait, en fait le padre
Pio, cureton italien, sorte de demi-saint illuminé ou quelque chose comme ça.
En fin de soirée, j'avais remarqué que Zeitsev priait souvent en travaillant.
Aucun son ne sortait de sa bouche, mais ses lèvres bougeaient à toute vitesse.
Et je le regardais faire. Les mains sur la terre et la tête au ciel. Et
moi-même je croisais les doigts pour que tout cela ne se mélange pas., les
voies du Seigneur et les fils du salon, que le courant passe, et qu'enfin la
lumière soit.
Lorsque Chavolo et Dorado eurent terminé le travail et que, sur le chantier, je
me retrouvai seul avec Zeitsev, l'atmosphère changea radicalement. Le moine de
Moscou commença à prendre ses aises et installa petit à petit son attirail
religieux. Il fixa un crucifix dans le couloir et aménagea dans un coin du
salon un petit autel avec une bougie, quelques rameaux d'olivier, deux photos
du pape et du padre, et un livre de prières. Je le trouvais parfois agenouillé,
les mains jointes ou se signant frénétiquement si bien que, de dos, l'on aurait
pu penser qu'il tentait de chasser une nuée de moustiques. Vêpres, matines,
complies et je ne sais quoi d'autre. Tout y passait. Evidemment le travail
n'avançait pas et le chantier devenait une annexe du Vatican. Chavolo avait vu
juste. Zeitsev était marteau. Un matin nous eûmes une explication.
- Monsieur Zeitsev, ça ne peut plus durer comme ça. Vous passez plus de temps à
prier qu'à faire le travail pour lequel je vous ai engagé.
- Viou pas piouvoir ompéché moi di prier. Cié liberti diou kioult.
- Je ne vous empêche rien du tout. Je vous demande simplement de vous occuper
de mon électricité tant que vous êtes sur le chantier. Ensuite, libre à vous de
vous enfermer dans un monastère.
- Viou n'ékioute jami quand je parle, monsieur Tanner. Moi pas viouloir
monastire. Seulement faire elektriciété avec proutiktioun di Diou.
- Ce que je voudrais, monsieur Zeitsev, c'est que vous passiez plus de temps à
faire des branchements qu'à prier. C'est tout.
- Monsieur Tanner. Si Diou qui mi don li idée klair. Vous savoir comment je
tester courant, au dibiou, quand je commence éliectricitié à Moscou et moi pas
avoir boîtier kontrol ? Je mettre langue sour li fils dinioudé. Parfois quand
courant là, moi traverse pièce comme fiousée. Mais, tioujiour, Diou, protège
moi." (...)
Cela ne se passerait pas en Afrique votre histoire?
Ou bien serait-ce un ancien étudiant de l'Université PATRICE LUMUMBA (elle s'appelle
autrement depuis 1991...)?
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...visiblement, le moinillon est un moine qui compte dans l'Orthodoxie..
ça n'a aucun rapport...je suis tombé sur un texte qui montre qu'il est très dangereux d'employer des russes un peu trop dévots et admirateurs du pape (ce doit être des uniates...de drôles d'oiseaux très appréciés des Orthodoxes, il paraît...)...
in "Vous plaisantez monsieur Tanner" par Jean-Paul Dubois (collection Points)
(...) LE PAPE
"Les quelques jours durant lesquels Chavolo et Dorado croisèrent Zeitsev furent pour le moins électriques. Je craignais que les tensions ethniques ne finissent pas dégénérer et qu'une bagarre éclate à la maison. A vrai dire, je ne me souciais guère des blessures que les belligérants pouvaient s'infliger. Ce que je redoutais avant tout, c'étaient les dommages collatéraux. Les dégâts sur les cloisons refaites à neuf, les enduits encore frais.
On l'aura compris, Zeitsev était un catholique forcené, un catcheur de Dieu. Faire le coup de poing en son nom était un de ses loisirs préférés. Zeitsev avait deux idoles : le pape et "padre Piou" comme il disait, en fait le padre Pio, cureton italien, sorte de demi-saint illuminé ou quelque chose comme ça. En fin de soirée, j'avais remarqué que Zeitsev priait souvent en travaillant. Aucun son ne sortait de sa bouche, mais ses lèvres bougeaient à toute vitesse. Et je le regardais faire. Les mains sur la terre et la tête au ciel. Et moi-même je croisais les doigts pour que tout cela ne se mélange pas., les voies du Seigneur et les fils du salon, que le courant passe, et qu'enfin la lumière soit.
Lorsque Chavolo et Dorado eurent terminé le travail et que, sur le chantier, je me retrouvai seul avec Zeitsev, l'atmosphère changea radicalement. Le moine de Moscou commença à prendre ses aises et installa petit à petit son attirail religieux. Il fixa un crucifix dans le couloir et aménagea dans un coin du salon un petit autel avec une bougie, quelques rameaux d'olivier, deux photos du pape et du padre, et un livre de prières. Je le trouvais parfois agenouillé, les mains jointes ou se signant frénétiquement si bien que, de dos, l'on aurait pu penser qu'il tentait de chasser une nuée de moustiques. Vêpres, matines, complies et je ne sais quoi d'autre. Tout y passait. Evidemment le travail n'avançait pas et le chantier devenait une annexe du Vatican. Chavolo avait vu juste. Zeitsev était marteau. Un matin nous eûmes une explication.
- Monsieur Zeitsev, ça ne peut plus durer comme ça. Vous passez plus de temps à prier qu'à faire le travail pour lequel je vous ai engagé.
- Viou pas piouvoir ompéché moi di prier. Cié liberti diou kioult.
- Je ne vous empêche rien du tout. Je vous demande simplement de vous occuper de mon électricité tant que vous êtes sur le chantier. Ensuite, libre à vous de vous enfermer dans un monastère.
- Viou n'ékioute jami quand je parle, monsieur Tanner. Moi pas viouloir monastire. Seulement faire elektriciété avec proutiktioun di Diou.
- Ce que je voudrais, monsieur Zeitsev, c'est que vous passiez plus de temps à faire des branchements qu'à prier. C'est tout.
- Monsieur Tanner. Si Diou qui mi don li idée klair. Vous savoir comment je tester courant, au dibiou, quand je commence éliectricitié à Moscou et moi pas avoir boîtier kontrol ? Je mettre langue sour li fils dinioudé. Parfois quand courant là, moi traverse pièce comme fiousée. Mais, tioujiour, Diou, protège moi." (...)
Cela ne se passerait pas en Afrique votre histoire?
Ou bien serait-ce un ancien étudiant de l'Université PATRICE LUMUMBA (elle s'appelle autrement depuis 1991...)?