l'essentiel
Par ptit moine le dimanche 6 avril 2008, 12:00 - documents - Lien permanent

Une amie de fac, qui me retrouve grâce à internet, découvre ma moinillonnité.
C'est un extrait de sa lettre qui m'a touché et que j'ai illustré : c'est aussi un petit clin d'œil.



Commentaires
Vrotre amie de fac à bien raison.!
A l'aveuglette? Mais non, nous avons tous la lumière du Christ pour nous guider ! C'est Lui l'essentiel de nos vies, que nous soyons clercs ou laïcs, que nous vivions dans le Siècle ou dans la Règle. C'est Lui que nous ne devons pas perdre de vue et qui nous amène, à sa suite, au monastère ou n'importe où ailleurs, à témoigner là où nous sommes du Royaume céleste.
La lumière du Christ est pour tous, certes. Pour les aveugles également brille le soleil, mais ils ne le voient pas. Ne nous leurrons pas, il est beaucoup plus difficile pour nous qui sommes dans le monde de percevoir la lumière du Christ et combien de fois nous la perdons. Heureusement qu'il y a encore des fous de Dieu pour aller d'emblée à l'essentiel et prier pour nous autres...
A JEAN. (En Cyrénaïque.)
Je vous trouve heureux au delà de toute expression, vous qui nous avez quittés, nous autres hommes, "errants dans le séjour triste et sombre d'Até", et plongés dans les terrestres pensées. Dès à présent, dégagé des vulgaires soucis, vous venez d'entrer dans la vie heureuse. Ganus, votre ami, en nous racontant votre existence nouvelle, s'est bien gardé sans doute de rien dire qui ne fût l'exacte vérité, quoique par amitié quelquefois on altère la vérité. Ganus donc raconte que vous vivez dans un monastère; que si vous venez encore à la ville, c'est uniquement pour consulter les livres et acquérir la science théologique. Il ajoute que vous avez pris le manteau brun: le manteau n'en vaudrait pas moins s'il était blanc; car cette couleur, nette et brillante aux yeux, convient mieux à la pureté des âmes. Mais si vous préférez le brun, pour imiter vos devanciers, je vous approuve de vouloir plaire à Dieu: car c'est l'intention qui fait le mérite de nos actes; c'est dans l'intention que réside la vertu. Je vous félicite donc, vous qui avez atteint tout de suite le but que nous poursuivons à grand-peine. Priez pour nous afin que nous arrivions aussi. Puissions-nous n'avoir pas perdu le temps que nous consacrons à la philosophie, et ne point user inutilement notre vie sur les livres. Recevez les vœux que je forme pour votre santé et pour votre bonheur.
De Ptolémaïs, 412.