→ pas très catholique ou trop catholique ?
Par ptit moine le jeudi 29 mai 2008, 10:24 - d'accord ; pas d'accord ! - Lien permanent
Mise à jour. Ce billet contient des
commentaires précieux sur la position traditionnelle de l'Église orthodoxe à
l'égard de l'œcuménisme et sur le rapport entre l'Église orthodoxe et l'Église
catholique romaine. Je renvoie donc à ces commentaires. Pour cette raison, ce
billet se trouve maintenant dans les billets «sélectionnés» (cf. colonne de
droite).
Un grand merci aux commentateurs pour leur contribution !
Je voulais revenir sur mon commentaire d'hier à propos d'une
information en soi un peu invraisemblable :
Le métropolite Nicolas (Corneanu) du patriarcat orthodoxe de Roumanie aurait
communié dimanche dernier dans une église de rite catholique uniate à Timisoara
(Roumanie). Les photos ci-dessous (source : www.greco-catolica.org) le montrent
clairement. Il est vrai qu'un ecclésiastique ne communie jamais en simple
soutane mais en vêtements liturgiques avec — au minimum — l'étole.
On comprend en tout cas l'existence dans ce pays d'une Église orthodoxe
ancien-calendariste, avec laquelle l'Église hors frontières était en communion
il n'y a pas si longtemps...
Le patriarcat de Roumanie a cependant publié un communiqué précisant que cette
«affaire» serait évoquée lors de la prochaine réunion du Saint Synode de
l'Église orthodoxe de Roumanie, qui aura lieu début juillet (source :
http://tinyurl.com/3ssopo).





Commentaires
"L'ancien" Porphyre dit qu'il ne faut pas s'inquiéter, que la tentation oecuménique finira par disparaître. Prions Dieu que le patriarcat de Roumanie prenne les sanctions nécessaires afin de ne pas désorienter ses ouailles.
Il faut lire le très beau livre paru à l'AGE D'HOMME sur le Père Porphyre : anthologie de conseils.
eh!bien, que dirait Jésus de cela ?
ne serait-il pas le premier à boire avec l'autre et à lui donner l'eau de la vie ?
Ce n'est pas grave ! Faisons, pendant que nous y sommes aussi, entrer Josaphat Kuntzevitch — qui faisait dévorer les cadavres des orthodoxes par ses chiens — au calendrier orthodoxe avec Aloïs Stepinac qui a béni la croisade des nazis oustachis responsable du génocide des Serbes lors de la dernière guerre et qui a droit comme l'autre séide du Malin déjà cité aux honneurs des autels de passe romains.
Quelques réflexions :
Pour Nina :
Les saints pères (et avant eux l'Ecriture Ps. 85, 11) nous enseignent à ne jamais séparer la charité de la vérité. D'autre part, l'artifice littéraire "Ce qu'aurait fait le Christ" pour donner un semblant d'évidence à une opinion subjective sujette à caution est une imposture intellectuelle ... et spirituelle. J'ignore qui vous a appris à faire cela mais je doute que ce soit votre confesseur.
Mgr. Nicolas du Banat :
Il arrive régulièrement que des évêques déraillent. L'essentiel est qu'à l'invitation de l'Eglise ils se repentent. C'est ce qui distingue erreur de jugement et hérésie. L'une est une faute de l'intelligence, l'autre une faute de la volonté qui refuse le repentir. De grands saints comme Cyrille de Jérusalem se sont laissés séduire par l'hétérodoxie mais ils se sont repentis ensuite. Et c'est pourquoi le concile de Constantinople (381) a confirmé Cyrille repentant dans sa charge. Attendons-donc paisiblement ce que le saint Synode roumain décidera après examen de la cause.
Il faut aussi se souvenir de la distinction que saint Jean Chrysostome faisait entre ce qui est voulu par Dieu et ce qui est permis par lui. Cela s'applique aussi aux évêques. Le premiers entraînent leurs fidèle vers le haut par l'attrait des vertus et de la vie sainte, les autres les purifient par la patience. Dans ce dernier cas, en effet, il importe de ne pas nous tromper d'adversaire. Même si notre hiérarque présente tous les péchés et tous les défauts du monde, ce n'est pas lui qu'il nous faut combattre mais, avec charité, les opinions fausses qu'il professe ou les décisions iniques qu'il prend. Il nous faut surtout lutter contre celui, immatériel, qui les lui inspire, et cette lutte est au dedans de nous.
Mon dernier billet :
J'y parlais du signe de croix dans les églises hétérodoxe et autres détails. Ce billet se terminait par l'expression latine "cum grano salis" (avec un grain de sel) ce qui signifie dans la langue de Cicéron que tout ce qui précède doit être pris avec la distance de l'humour. Il semble que je n'ai pas été très bien compris, aussi, pour ne scandaliser personne, je précise que, comme tout chrétien orthodoxe, je ne peux pas ne pas vouloir que tous parviennent à la plénitude de la vérité qui se trouve dans l'Eglise une sainte catholique et apostolique qu'est l'Eglise orthodoxe. C'est ainsi que j'essaie d'être œcuménique. Mais le P'tit moine a raison : Je ne suis pas œcuméniste, je n'adhère pas à l'œcuménisme officiel qui est devenu un fromage où des personnages cooptés grassement payés promènent leur importance à travers le monde, de congrès en symposium, en priant pour que jamais l'unité n'advienne afin de pouvoir conserver leur rente de situation. Je n'adhère pas à l'œcuménisme qui tend à une uniformisation de la foi par le bas, à une relativisation des dogmes au nom de la tolérance et à un délitement de la praxis ordinaire des fidèles au nom de l'adaptation au monde.
Le moindre parmi les moines
Nicolas.
Je ne suis pas théologiens: simple Orthodoxe en recherche, je me sens très proche des interrogations de Nina et j'espère que nos frères plus savants pourront m'éclairer. En effet ce débat me pose 3 questions:
OBEISSANCE (послушание), étroitement lié avec humilité, lutte contre l'orgueil, le moi d'abord… cela me parait être un pilier de l'Orthodoxie. Alors que l'Occident met en avant l'intelligence individuelle et la compréhension, aboutissant aux bases du protestantisme, l'Orthodoxie s'en méfie, le rapprochant de la source du pêcher Originel: vouloir tout savoir et être comme Dieu… Alors, si on choisit l'Orthodoxie, il faut accepter ce principe d'obéissance et suivre les règles établies pas son Eglise. Si non, autant aller voir ailleurs! Pour Mgr Nicolas, la décision du synode sera significative pour toute l'Orthodoxie…
ANATHEME: l'interdiction de communier et de prier avec l'Eglise est, pour moi, la définition de l'anathème. Alors, puisque les anathèmes ont été levés en 1964, pourquoi l'Orthodoxie maintient-elle ces interdictions? L'Eglise romaine a tiré les conclusions logiques en autorisant la communion des Orthodoxes, comme le montre cet exemple… Il semble d'ailleurs que le patriarcat de Moscou ait une position particulièrement intransigeante sur le sujet, comme le montre un désaccord récent au sein de l'AEOF à propos de l'organisation d'une prière oecuménique…
AMOUR: "les greco-catholiques présents ont considéré cet événement comme un miracle étonnant et une manifestation de l'amours fraternel, témoignant du rapprochement des deux Eglises roumaines sœurs". De même dans le journal du RP. Alexandre (Schmemam) il y a des pages fantastiques sur l'Amour chrétien qui se manifeste dans le dialogue œcuménique…
CONCLUSION: gardant obéissance à mon Eglise, je prie pour l'élargissement et l'approfondissement de cet Amour dans l'unité de l'Eglise et je me réjouis de tout ce qui va dans ce sens
...c'est curieux, je commence à comprendre les Doukhobor ( les lutteurs de l'esprit) qui ont décidé de se passer de clergé...c'est super, aurais-je acquis ce que l'abbé Pierre appellait "l'anticléricalisme des saints") ??? ( j'ai comme un doute...mais bon, on peut toujours rêver...)
Je voudrais répondre à Nina et à Vladimir.
Notre Seigneur Jesus Christ n'a pas enseigné l'oecuménisme, tout au contraire.
Avez vous remarqué ce fait : Le Christ fête Paque avec ses apôtres le jeudi saint après 18 heures. Cela veut dire que pour Lui et ses apôtres Paque est le vendredi saint (car le jour commence la veille au soir). Or, pour les juifs, le vendredi en question n'est que le jour de la préparation (on demande à Pilate d'enlever les corps).
On m'a expliqué qu'il y avait chez les juifs (peut être que cela existe toujours) une tradition qui faisait que lorsque paque tombait une veille de sabbat, on reportait la fête au sabbat.
Le Christ ne changeait pas un iota à la Loi de Moïse. Et il nous demande de faire de même. Il n'était pas du genre conciliant en matière de foi.
Le fait pour les juifs d'avoir changé la Loi fit que le Christ a été crucifié le jour même de Paque !
A méditer ...
PS. Je répondrais à Tertius, mais aujourd'hui le temps me manque.
Je dois être trop bête, mais je ne vois pas le rapport entre mes questions, simples et précises, et les explications de Christodule à propos de la date de Paques. Je reste sur ma faim concernant l'OBEISSANCE (est-il vrai que l'Orthodoxie lui donne l'avantage sur la raison), l'AMOUR (nous venons de fêter la Samaritaine: n'est-ce pas un exemple de cet Amour œcuménique dont parle le RP Alexandre et que montre Mgr Nicolas?) et les ANATHEMES (à quoi sert-il de les lever si on continue à les appliquer?).
Les anathèmes sont toujours en vigueur, car c'est la seule église de Constantinople, sans consulter les autres églises orthodoxes, qui a fait cet acte discutable, nul et non avenu. Le Patriarche de Constantinople n'est pas le chef des orthodoxes et l'orthodoxie n'est pas sous la botte d'un chef d'état vaticanesque à qui elle doit obéir. Faut-il rappeler que le Mont Athos n'a plus gardé dans ses diptyques le patriarche Athénagoras qui a levé ces anathèmes ? Rome a-t-elle renoncé à toutes ses hérésies ? A-t-elle reconnu avoir prêté la main (par ses immondes prélats du style de Stepinac) aux massacres d'orthodoxes ? Ante Pavelitch, le Hitler croate, est mort avec, en mains, le chapelet béni par le bon Jean XXIII dans un couvent catholique où il était déguisé en moine. Si vous parvenez à retrouver sur YouTube ou Google Video cherchez donc le documentaire RATS LINE sur l'aide apportée par le Vatican aux "génocideurs" croates [vidéo 1 ; vidéo 2 ; vidéo 3].
Pour les frères orthodoxes qui ne comprennent pas, il serait bon qu'ils lisent le livre de Branco Miljus, Assassins au nom de Dieu (L'Age d'Homme, 1991) et qu'ils sachent que lors de la première session du Concile de Vatican II, les orthodoxes avaient été invités comme observateurs. D'abord, seuls l'ERHF accepta de s'y rendre (Mgr Antony de Genève et le Père Igor de Vevey-Lausanne), puis le Patriarcat de Moscou et enfin Constantinople joignirent le mouvement.
L'esprit de grande ouverture et de fraternité dont on nous rebat les oreilles n'eut qu'un temps limité. En effet, dans un des autels latéraux, on installa les "reliques" de Josaphat Kuntzévitch que, pour honorer les corréligionnaires de ses victimes sans doute, on avait affublé d'habits orthodoxes. Le Père Alexandre Troubnikoff de Meudon, présent comme journaliste, furieux, quitta une cérémonie en allant à contresens et, à la sortie du lieu, rencontra l'ambassadeur de France Wladimir d'Ormesson. Voyant que le Père Alexandre était troublé, il lui en demanda la raison. Père Alexandre la lui donna et lui dit qu'il allait de ce pas dans l'église orthodoxe russe de Rome (via Pallestro) pour y célébrer un office de pannikhide pour les victimes de Josaphat Kuntzévitch. L'ambassadeur lui demanda s'il pouvait remettre cet office au lendemain, ce que Père Alexandre refusa. Alors Wladimir d'Ormesson lui demanda s'il pouvait faire un autre office de pannikhide le lendemain. Père Alexandre accepta. Le lendemain, Wladimir d'Ormesson assista à cet office avec les ambassadeurs de Grande-Bretagne et d'Allemagne.
Rome aime beaucoup les orthodoxes : elle nous a donné tant de martyrs. Il est vrai que c'est elle qui les a assassinés... Mais c'est un détail... Il est vrai aussi qu'avant de canoniser Aloïs Stepinac, Jean-Paul II a demandé pardon. Le pouvoir d'un pape est tel qu'il peut faire un saint de celui qui a laissé le Métropolite Platon être dénudé, ferré comme un cheval et traîné dans la rue avant qu'on le fasse mourir en allumant un feu sur sa poitrine. Ce saint Métropolite avait fait appel à ses sentiments chrétiens... en vain semble-t-il, mais c'est encore un détail de l'histoire des relations entre Rome et les orthodoxes. Les franciscains des camps de concentration croates, qui organisaient des concours d'égorgement de Serbes, ont-ils été blâmés par ce "saint" ? A-t-il empêché ses prêtres de prêcher en chaire la croisade antiserbe ? A-t-il empêché les conversions forcées (sous peine de mort) ? Josaphat Kuntzévitch est toujours le modèle de l'unité que nous donne Rome !!!
Il ne s'agit pas de faire de l'anticatholicisme primaire, mais de ne pas être naïf : le Vatican n'a pas changé sa politique et nous ne sommes pas l'Eglise pour lui, le pape actuel l'a clairement dit : nous sommes un peu au-dessus des protestants, c'est tout. Nous ne sommes pas l'Eglise pour le Vatican... Cela tombe bien, le Vatican n'est pas l'Eglise du Christ ! Le Christ n'avait pas d'état, de diplomates et d'armée fut-elle d'opérette (mais il fut un temps où le Vatican avait une armée plus performante : les 700 000 martyrs Serbes peuvent en témoigner !).
J'ai trouvé tout plein de sites web qui parlent de ce sujet. D'abord je dirais, à propos des commentaires de Chrystodule et de Pravoslave, que vous ne connaissez rien, strictement rien, à la théologie de l'Église catholique romaine. Cette Église a ses problèmes, d'ailleurs graves, mais pas du tout ceux que vous évoquez. Pour l'Église de Rome, l'Église du Christ contient toutes les églises locales qui ont la succession apostolique.
Père Nicolas, vous ne connaissez guère la situation pastorale en Transylvanie et au Banate. Avant 1948, souvent les gens des deux camps (orthodoxes et catholiques byzantins) communiaient les uns chez les autres. Même les prêtres le faisaient. En 1948, lorsque les catholiques byzantins ont été forcés à se détacher de Rome pour se rattacher à Bucarest, personne n'a jamais signé aucune profession de foi. Aucun sacrement n'a été refait. (Je dis ça, et je pense amèrement à ceux qui répètent la chrismation, lorsqu'ils entrent dans une juridiction des 7 conciles. Quels sacrilèges!)
Les gens des deux camps avaient la même foi. Heureusement, après la sortie des catholiques orientaux de la clandestinité en 1990, grâce à Mgr Nicolas il n'y a point eu de conflits au Banate. Même après 1990 les gens prennent les sacrements les uns chez les autres; et vous trouverez plein de prêtres orthodoxes qui vont en pèlerinage à Medjugorje ou ailleurs, et concélèbrent avec les catholiques.
Or ici, précisément, un évêque a fait publiquement ce que d'autres évêques ont fait en secret, et ce que font publiquement des prêtres et des laïcs.
Pour comprendre le phénomène, il faut d'abord ce que nous pensons de l'eucharistie. Pour les uns, l'eucharistie est un acte individuel, une récompense pour la vie méritoire et virtuose, un signe d'unité de foi et croyances entre les communiants. Pour d'autres, l'eucharistie est un acte d'Église, et c'est justement elle qui nous aide à avoir une vie virtuose, et c'est précisément elle qui nous fait avancer vers l'unité.
La seconde attitude est réaliste. La première est hypocrite. Car théoriquement un orthodoxe roumain et un orthodoxe français et un orthodoxe russe ont la même foi. Or, en réalité, des amis se sont fait refuser la communion en Russie, parce qu'ils utilisent le calendrier grégorien; d'autres en Roumanie, car ils n'avaient pas jeûné quatre jours auparavant. Et ceux-ci, ce sont des problème doctrinaux et non pas disciplinaires ou pastoraux comme on le croit souvent. Ou bien, vous mêmes, vous serez traîtés d'hérétiques en banlieue de Moscou, s'ils apprennent que vous avez lu Olivier Clément ou Schmemann.
Par conséquent, Mgr Nicolas a plus de foi commune à partager avec ces hiérarques uniates ou latins, qu'avec des Moscovites ou des Moldaves.
Merci George, je me sens moins seul!
Mon cher Pravoslav, pouvez-vous me dire ou et quand d'autres Eglises ont prononcé un anathème contre Rome. A ma connaissance (mais je répétè que je suis ignorant et cherche à m'instruire)c'est l'assemblée des évêques de Constantinople (synode ou concile local?) qui, le 24 juillet 1054, déniât au pape le droit d'intervenir sur les questions d'investiture et excommuniait Humbert et sa suite (et pas toute l'Eglise romaine, me semble-t-il). Ce que Constantinople a fait Constantinople peur défaire, non?
Maintenant, si vous voulez rester à 1204 et ne considérer ensuite que Ante Pavelic, dites moi quelle place vous réservez à l'Amour du prochain et, plus généralement, à l'enseignement du Christ: il enseigne de tendre la joue qd on vous frappe et vous frappez qd vos frères vous tendent la main...
Cher Georges,
Les relations catholiques orthodoxes au Banat ne sont pas, en effet, mon centre d'intérêt principal. J'ai néanmoins visité la Roumanie assez en détail en 1999, quelques semaines après la visite du pape Jean Paul II, pour m'être rendu compte de la division de l'Eglise orthodoxe roumaine. En gros deux camps. 1) le clergé des diocèses et des facultés de Théologie où régnait un œcuménisme débridé qui manquait d'autant plus de frein qu'il était souvent fondé seulement sur la sentimentalité. 2) Les monastères et les skites où l'œcuménisme était rejeté de façon viscérale au point que, dans toutes les communautés dans lesquelles j'ai résidé, on m'examinait d'abord sur ce point avant de prendre connaissance de mes lettres de recommandation. En confidence, je faisais chaque fois une réponse à peu près semblable à celle que vous trouverez dans mon message n°4. L'higoumène de Putna en fut tellement content qu'il me demanda de prêcher sur le sujet à ses moines et aux fidèles le dimanche suivant.
Je comprends bien qu'au Banat les circonstances historiques ont pu favoriser des confusions. J'ai connu une situation semblable en Syrie lorsque, visitant l'agglomération de Raqqa sur l'Euphrate j'ai constaté que toutes les confessions chrétiennes, orthodoxes, syriaques, arméniennes, uniates étaient desservies par un seul prêtre melkite.
Je comprends donc qu'on puisse pratiquer une extrême économie dans des circonstances exceptionnelles. Mais je dois dire aussi que l'acribie reprend ses droits dès que ces circonstances disparaissent.
Dans l'église orthodoxe, c'est la théologie qui inspire l'action et non l'inverse. Ce n'est évidemment pas le lieu d'exposer ici la pensée assez fluctuante des églises orthodoxes sur la grâce des sacrements catholiques. Mais on peut dire que certains (comme le patriarchat de Moscou) la reconnaissent dans les célébrations romaines, d'autres (L'ERHF, la sainte Montagne et toutes les églises plus traditionnelles) nient son existence. Les modérés pensent plutôt que le fait qu'il n'y ait pas de grâce (de présence réelle du Christ) sur l'autel catholique ne signifie pas qu'il n'y ait pas de grâce du tout puisque ces fidèles hétérodoxes se rassemblent à n'en pas douter pour louer et glorifier Dieu d'un cœur plein de bonne volonté et que Dieu ne peut pas ne pas être sensible à leur zèle et leur envoyer la grâce de progresser vers la vérité en plénitude.
Quoi qu'il en soit de ces approches, les églises orthodoxes posent en principe le refus de l'intercommunion, considérant que l'unité dans la foi doit précéder l'unité dans la communion au Christ. C'est ce que j'essayais de dire dans mon précédent message : la vérité est la condition essentielle d'une charité authentique qu'il ne faut pas confondre avec les pulsions de notre sentimentalité déchue. Vous voulez faire la différence ? La sentimentalité déchue tend à la fusion chaude et confortante abolissant les différences, la charité engage dans la voie étroite et resserrée du sacrifice de soi, de la confrontation, pour que Je et Tu existent et dialoguent de façon vraie.
Le moindre...
Nicolas
Cher père Nicolas,
Merci de ces clarifications. Il me reste toujours mes interrogations sur l'origine de l'excommunication des Catholiques Romains : si ce n'est Constantinople 1054, puisque cet anathème a été dûment levé en 1964, où et quand d'autres Eglises ont prononcé un anathème contre Rome ? Il doit bien avoir un acte canonique justifiant cette position !
Les anathèmes ne sont que la partie ancienne de l'iceberg. Lorsqu'ils ont été prononcés, il est vrai qu'ils l'ont été par Constantinople, mais Constantinople à cette époque était au diapason des autres Églises orthodoxes. Constantinople n'avait pas encore développé sa théorie fumeuse des "terres barbares", et sa prétention néopapiste à la représentation de toute l'orthodoxie, non pas en tant que primus inter pares, mais en tant que Vatican de l'orthodoxie.
On peut déplorer le schisme occidental de 1054 (et il faut le faire !), mais on ne peut prétendre le dépasser et l'abolir par des actes de prétendue ouverture et charité et par la guimauve œcuménolâtre qui tient lieu de discours théologique et de pensée orthodoxe (c'est-à-dire droite). Quant à oublier les martyrs de la foi et faire l'impasse sur les bourreaux sanctifiés: non possumus ! Certains orthodoxes, en toute bonne foi certes, mais ignorants à la fois de l'histoire et de la théologie, mûs par leur bon cœur et une vision angélique d'une réalité romaine qui ne l'est pas, sont prêts à tout envoyer promener pour une unité de façade. Ils sont prêts pour la dhimmitude romaine.La rupture entre Rome et l'Orthodoxie date de 1054. Depuis, combien d'innovations dans le catholicisme romain !!! La juridiction universelle, l'infaillibilité pontificale, la juridiction personnelle du pape sur chaque fidèle, le nouveau dogme de l'immaculée conception, etc.
Si les différences étaient déjà existantes en 1054, quels sont les points de rapprochement à présent ? Les papes ont-ils renoncé à leurs privilèges ? Aux hérésies du filioque, du purgatoire et à celles nommées plus haut ? Il est vrai qu'après avoir désespéré des générations de pauvres mères chrétiennes dont les enfants étaient morts dans baptême, on a enfin annoncé au monde catholique que les limbes n'existaient pas l'année dernière !
Si véritablement les liens entre catholiques romains et catholiques de rites orientaux et orthodoxes sont si nombreux, pour quelle raison le Saint Alexis Toth (glorifié il y a quelques années et dont le corps est incorrompu) et des milliers d'uniates sont-ils revenus à l'orthodoxie aux USA pays de liberté ? Il fut persécuté, parce qu'il était intolérable aux Latins des USA d'avoir des usages liturgiques différents (clergé marié, communion sous les deux espèces, etc.). Ne serait-ce pas parce que lorsque cela sert Rome, le rite "orthodoxe" est toléré, mais en dehors de Rome, il semble n'être qu'un moyen stratégique pour berner les orthodoxes. Exagération ? Lisez le livre du Père Gabriel Patacsi de bienheureuse mémoire. Jésuite, ayant comme catholique un grand amour pour l'orthodoxie, ses rites, sa sainteté, il étudia au Russicum. Pourquoi choisit-il l'Orthodoxie ? Parce qu'il réalisa un jour avec horreur que le pseudo amour de Rome pour l'orthodoxie n'était qu'une stratégie pour vaincre l'orthodoxie. Lisez donc son livre (Hiéromoine Gabriel, On ne joue pas avec l'éternité, YMCA Press) et vous changerez peut-être d'avis...
Enfin, lorsque la Russie tomba sous le joug des soviétiques, que fit Rome ???
Encore une fois, il ne s'agit pas de critiquer le catholicisme pour critiquer le catholicisme, mais en quoi exactement a-t-il changé ? Sa doctrine est-elle différente ? Ses méthodes ont-elles changé ? Qu'avons-nous de commun du point de vue théologique avec Rome à présent ?
C'est le Père Basile de Stavronikita (qui doit être à Iviron à présent) qui disait que nous ne pouvons séparer l'amour de la vérité (je cite de mémoire, ceci devrait se trouver dans son beau livre chez Labor et Fides CHANT D'ENTREE). C'est parce que nous aimons les catholiques que nous leur devons la VERITE. Non, nous ne sommes pas près de l'unité et encore moins de l'union, mais ce ne sont pas les orthodoxes qui sont fautifs (ils ont d'autres péchés), ils n'ont pas changé les dogmes de l'Eglise. Et la communion, car c'est le point de départ de toute cette polémique, doit être l'achèvement du processus de réunion, pas le moyen. Les attitudes sentimentales n'ont rien de respectable et n'ont pas leur place dans un débat théologique qui doit se fonder d'abord sur l'Amour de la Vérité, sur l'Amour et la Vérité. Si l'on est orthodoxe, on ne peut séparer les deux.
Nous sommes résolument pour l'union avec Rome : qu'elle renonce à ses hérésies, à toutes ses hérésies, qu'elle renie ses bourreaux dont elle a fait des saints, qu'elle essaie de retrouver des cérémonies liturgiques dignes de ce nom (chers amis orthodoxes, avez-vous récemment assisté à une messe ?) et nous serons heureux de retrouver le Patriarcat de Rome et son Patriarche dans la Communion Orthodoxe.
Cher Vladimir
Il ne faut pas confondre anathème et excommunication.
L'excommunication est une peine canonique qui frappe les hérétiques et leur interdit la participation à la vie sacramentelle de l'Eglise jusqu'à ce qu'ils aient fait pénitence et aient renoncé à leurs hérésies.
S'ils persistent dans leur cacodoxie malgré l'excommunication qui est à la fois une peine et un remède, l'Eglise peut prononcer leur anathème, c'est-à-dire la suspension de toute relation avec eux. (C'est ce qu'indique saint Paul, voir Gal. 1,8.)
En 1054 des excommunications et des anathèmes ont été prononcés réciproquement entre représentants de l'église romaine et de l'église de Constantinople.
Le patriarche Athénagoras et le pape Paul VI (si mes souvenirs sont bons) ont levé les anathèmes, c'est-à-dire ont ouvert la possibilité de se parler pour pouvoir inaugurer un dialogue œcuménique dont ils espéraient qu'il conduirait à restaurer l'unité de foi.
Nous en sommes donc là : Nous pouvons nous parler, mais les différences dogmatiques (qui se sont aggravées au cours des siècles) subsistent. Par conséquent subsiste aussi l' excommunication qui est moins aujourd'hui considérée comme une peine imposée à la partie adverse que la constatation qu'il y a entre catholiques et orthodoxes des dissensions dogmatiques qui brisent l'unité dans la charité et la vérité, unité qui est le préalable nécessaire pour communier ensemble.
Le moindre ...
Nicolas
Mon cher Provoslave,
J'essaye toujours d'y voir clair et j'en conclus donc que, du point de vue strictement canonique, la seule anathème (Constantinople 1054) ayant été levée (Constantinople 1964), rien ne s'oppose à la prière commune.
Du point de vue théologique il y a des divergences importantes et des discussions sont en cours pour tenter de les aplanir. La formule de Vatican 2 me parait personnellement excellente ("légitime diversité en matière de culte", /…/ "quand il s'agit d'approfondir la vérité révélée, les méthodes et les moyens de connaître et d'exprimer les choses divines ne sont pas les mêmes en Orient et en Occident", /… il/ "n'est donc pas étonnant que certains aspects du mystère révélé aient été parfois mieux saisis et mieux exposés par l'un que par l'autre, si bien que l'on doit considérer ces diverses formules théologiques souvent plus complémentaires qu'opposées") et j'attends avec humilité que mon Eglise prenne position. L'Orthodoxie n'y a pas (encore?) adhéré et j'en prends acte, mais aucune Eglise, toujours dans la mesure de mes modestes connaissances, n'a jugé ces divergences suffisamment essentielles pour reprendre les anathèmes... Dont acte: il n'y a pas d'anathème, mais des interdictions canoniquement injustifiées, je ne suis pas archevêque pour pouvoir en juger et je ne d.pends pas du diocèse de Mgr Nicolas... Restons obéissant à nos hiérarchies et prions pour l'unité de l'Eglise.
Christ est ressuscité!
Merci père Nicolas!
Vous mettez le doigt sur la profondeur de mon ignorance : je confondais !!!
Ceci étant, je n'ai jamais entendu parler que de l'excommunication du cardinal Humbert et de sa suite, soit des personnes précises et dénommées. Qui l'a étendue à l'ensemble de l'Eglise Romaine, quand et pourquoi ? D'autant que, toujours d'après mes pauvres informations, l'Eglise de Rome n'était pas considérée comme hérétique malgré ses divergences dogmatiques (filioque avant le schisme, question des énergies divines incréées, question du salut, immaculée conception, infaillibilité, etc. ensuite). Suis-je là aussi dans l'erreur ? Du côté de Rome, on voit bien qu'il n'y a pas d'excommunication, puisqu'un prélat orthodoxe est admis à l'Eucharistie à l'autel...
Christ est ressuscité
Mon cher frère en Christ Vladimir,
Vous avez envie de l'unité comme d'une chose belle et sainte, et vous avez tout à fait raison. Cela vous honore. Mais c'est dans la vérité qu'elle peut se faire. Je le redis : nous orthodoxes aimons les catholiques, mais le catholicisme non (la doctrine est fausse). Je puis aimer de toutes mes forces et de tout mon amour des malades atteints d'une maladie grave (et elle l'est, elle est spirituelle, elle ne concerne pas le corps passager, mais l'âme éternelle), mais ce n'est pas en attrapant cette maladie que je vais prouver mon amour.
On croit toujours que les orthodoxes qui restent fermes quant à la doctrine, et qui refusent l'œcuménisme sont des monstres exaltés incapables d'amour. Mais la plus grande preuve d'amour est de ne pas sacrifier la Vérité et de mentir à l'autre en lui faisant croire qu'il est aussi dans la Vérité alors qu'il ne l'est pas. Et il n'y a pas de vérité relative et de vérité absolue, disait le Staretz Sophrony, disciple de Saint Silouane de l'Athos. Il n'y a que la Vérité : le Christ. Et Il n'a jamais eu de vicaire sur terre.
Le Christ est ressuscité!
En Vérité Il est ressuscité!
Je pense qu'il n'y a plus rien à dire sur le sujet. Prions !
Cher vladimir,
Il n'est pas question de vous faire ici un cours d'histoire dogmatique. Reportez-vous, je vous prie à une Histoire de l'Eglise un peu détaillée ou faites une recherche sur internet.
Vous avez en effet raison, les excommunications de 1054 concernaient les personnes de Michel cérulaire, Humbert de Moyenmoutier et quelques autres car, à la remise en question par les byzantins de la validité des mandats des latins a succédé une querelle à propos du Filioque. Une fois les incidents clos de la façon que l'on sait, tout cela a mijoté doucement avec le temps qui passe pour resurgir violemment en 1204 lorsque la IVe croisade a mis Constantinople à sac. C'est à partir de cette date que s'est développée une littérature d'apologétique anti-latine avec en tête des motifs de querelle le filioque, la chrismation, le purgatoire, les pains azymes... et la barbe des prêtres. La théologie de saint Grégoire Palamas a été l'objet d'une controverse dans la première moitié du XIVe siècle, ce qui n'a guère arrangé les choses. Le reste, l'infaillibilité pontificale et l'Immaculée conception, a été dogmatisé par les latins au XIXe siècle. Les orthodoxes ont rejeté ces innovations. Il faut aussi noter que les uniates melkites se sont violemment opposés (mais sans succès) au projet de définition de l'infaillibilité pontificale lors du "concile" Vatican I.
A propos de votre dernière remarque :
L'Eglise orthodoxe considère la communion romaine comme hérétique. La communion romaine considère l'Eglise orthodoxe comme seulement schismatique (séparée), ce qui est moins grave. Elle considère que l'Eglise orthodoxe est une vraie Eglise avec succession apostolique et, selon ses termes, validité des sacrements. Elle permet donc à ses fidèles, en cas d'impossibilité de recevoir les sacrements d'un prêtre catholique, de les demander à un prêtre orthodoxe (ce que les Eglises orthodoxes interdisent à leur clergé de faire). Elle estime, de plus, que dans certains cas (comme celui, semble-t-il de Mgr Nicolas) l'intercommunion est un moyen de promouvoir l'unité (Ce qui est impensable pour l'Eglise orthodoxe). Ainsi s'explique que les catholiques peuvent donner la communion à quelqu'un qu'ils considèrent comme séparé de la communion romaine.
Je suis obligé d'être très elliptique, pardonnez mes approximations et reportez-vous aux ouvrages disponibles sur le sujet.
S'il vous plaît, ne prolongez pas le débat car les autres blogueurs vont haïr mon intempérance de plume.
Le moindre ...
Nicolas.
Je pense qu'il est raisonnable de suivre les conseils de père Nicolas et de Pravoslavne et de ne pas diluer le débat en prolongeant la discussion.
Merci encore à tous.
Ce billet, ou plutôt ses commentaires, peut sans nul doute servir de référence.
Cher Pravoslave, je comprends votre confusion devant les choses qui se passent souvent. Je me rappelle quelle fut ma confusion lorsque j'ai vu pour la première fois une messe "novus ordo" en France. Mais le problème n'est pas là, comme je vous l'ai déjà dit. En effet, une telle messe "novus ordo" n'est pas la référence de la foi de l'Église de Rome, et encore moins celle de l'Église uniate de Transylvanie. J'ai aussi vu énormément de messes sacrilèges célébrées par des prêtres dits "orthodoxes" (des 7 conciles), dans les Pays de l'Est. Donc le problème n'est pas là.
Permettez-moi maintenant de répondre au Père Nicolas, point par point.
«J'ai néanmoins visité la Roumanie assez en détail en 1999, quelques semaines après la visite du pape Jean Paul II,»
Moi, j'y suis né, j'y ai vécu...
«pour m'être rendu compte de la division de l'Eglise orthodoxe roumaine.»
Oui, vous avez raison.
«En gros deux camps. 1) le clergé des diocèses et des facultés de Théologie où régnait un œcuménisme débridé qui manquait d'autant plus de frein qu'il était souvent fondé seulement sur la sentimentalité.»
Ici il s'agit des héritiers légitimes de l'époque d'avant 1948. Il s'agit d'un vécu, non pas d'une oecuménisme aveugle prôné d'en haut. Il s'agit d'une pastorale du terrain, qui a résolu pas mal de problèmes de familles et de villages. J'y reviendrai...
«2) Les monastères et les skites où l'œcuménisme était rejeté de façon viscérale au point que, dans toutes les communautés dans lesquelles j'ai résidé, on m'examinait d'abord sur ce point avant de prendre connaissance de mes lettres de recommandation.»
Il s'agit de l'hérésiarque Élie Cléopas (Ilie Cleopa), un moine analphabète qui a dicté (et publié, grâce à ses disciples) quelques petites dizaines de livres. Le nouveau monachisme des années 1990 n'est pas du tout le même que le monachisme déjà existant auparavant. Donc dans la plupart des monastères et couvents, surtout en Moldavie & Wallachie, vous trouverez les disciples de Cleopa.
«Je comprends bien qu'au Banat les circonstances historiques ont pu favoriser des confusions.»
Ce ne sont pas des confusions. Aucunement! Ce sont des circonstances pastorales.
«J'ai connu une situation semblable en Syrie lorsque, visitant l'agglomération de Raqqa sur l'Euphrate j'ai constaté que toutes les confessions chrétiennes, orthodoxes, syriaques, arméniennes, uniates étaient desservies par un seul prêtre melkite.»
1. Ce ne sont pas des confessions, mais seulement des obéissances différentes. Ces gens ont la même foi orthodoxe.
2. Heureusement, ceci se pratique souvent au Moyen-Orient, mais aussi dans une paroisse en Belgique.
«Dans l'église orthodoxe, c'est la théologie qui inspire l'action et non l'inverse.»
Ça dépend ce qu'on appelle "théologie" et "action". Si je comprends bien, vous voulez dire que, puisque ces églises n'ont pas la même théologie, elle ne peuvent pas avoir d'action eucharistique commune. En principe ça devrait être vrai. En réalité, c'est inverse qui se passe. Les diverses juridictions des Églises des sept conciles n'ont pas la même théologie, mais ont, comme chez les Anglicans, des théologies et pratiques diamétralement opposées. Au nom d'une unité juridique, l'action d'intercommunion passe avant la théologie.
«Les modérés pensent plutôt que le fait qu'il n'y ait pas de grâce (de présence réelle du Christ) sur l'autel catholique...»
Je n'appelle pas ça des "modérés", mais des jansénistes dangereux.
«puisque ces fidèles hétérodoxes se rassemblent à n'en pas douter pour louer et glorifier Dieu d'un cœur plein de bonne volonté»
Qu'est-ce que vous fait dire que ces fidèles soient des hétérodoxes? Ou bien: en quoi un "orthodoxe" russe pélagien et janséniste est-il plus orthodoxe que ma grand-mère, qui a été baptisé chez les uniates, qui communiait fréquemment et qui ne connaissait que dal sur le filioque?
«Quoi qu'il en soit de ces approches, les églises orthodoxes posent en principe le refus de l'intercommunion, considérant que l'unité dans la foi doit précéder l'unité dans la communion au Christ.»
C'est surtout ce que vous dites dans ce paragraphe qui constitue notre divergence.
1. Déjà il n'y a pas d'unité doctrinale entre les différentes Églises des sept conciles. Pourtant il y existe une unité juridique, qui permet l'intercommunion entre des orthodoxes et des hérétiques, se trouvant tous dans un lien juridique.
2. La communion au corps et au sang du Christ, c'est elle qui nous unit. Faire l'inverse est une forme cachée de pélagianisme, car on considère l'unité comme une chose réalisable par l'effort humain, sans faire confiance à la grâce (qui se trouve dans les sacrements).
3. Si les différents fidèles avec leurs pasteurs, rattachés à Bucarest ou rattachés à Rome, ont une foi de base commune, surtout en gardant la foi des 7 conciles, peu importent les détails doctrinaux, qui n'affectent en rien la vie des fidèles. Que les théologiens résolvent les détails doctrinaux, et qu'ils laissent tranquille les fidèles, qui de toute façon ne s'y intéressent pas.
3. Si le Christ est présent dans les espèces eucharistiques, RIEN ne peut empêcher les gens à y aller. Un Seigneur unique, une fois unique, un baptême unique. Diviser le Christ en "communion uniate" ou "communion orthodoxe" est pire que le nestorianisme. Le Christ est un. Et si nous l'y reconnaissons, il est faux que de ne pas y communier.
4. La foi identiquement commune dans les moindre détails n'a jamais été, dans l'histoire de l'Église, une condition d'intercommunion, pour la masse des évêques et des fidèles. Que du contraire, cette théorie a d'abord été formulée par certains scolastiques. Par exemple, au début du XXe siècle, l'Église orthodoxe roumaine établit une certaine intercommunion avec les anglicans. L'intercommunion avec les uniates n'a même pas été discutée, car ELLE EXISTAIT DÉJÀ. Les anglicans et les vieux-catholiques et les Suédois ont aussi l'intercommunion (d'autel et de chaire), tout en précisant qu'ils n'ont tous la même foi dans les doctrines essentielles, mais tout en n'étant pas d'accord sur certains détails.
Cher Georges,
La confusion mentale que reflètent vos billets interdit qu'on y réponde. Que vous dire d'ailleurs, et par où commencer ? N'avez-vous pas lu ce que P'tit moine recommande? Faites un peu silence, lisez, mettez de l'ordre dans vos idées en essayant de prendre de la distance par rapport à vos affects.
Bien à vous dans le Christ.
Le moindre...
Nicolas
Je me permets de répondre à Georges et à sa remarque sur le Père Cléopa dont il dit "Il s'agit de l'hérésiarque Élie Cléopas (Ilie Cleopa), un moine analphabète qui a dicté (et publié, grâce à ses disciples) quelques petites dizaines de livres."
J'aimerais savoir pour quelles hérésies le Père Elie a été comdamné... Ensuite, sur son niveau de culture : il faudrait arrêter de croire que la foi est lié à la possession d'un doctorat quelconque : "Si tu pries tu es théologien"... Les apôtres étaient bien des pêcheurs, non? Quant aux livres en question, j'en ai lu des extraits qui sont en tout point orthodoxes et utiles.
Par ailleurs, la distinction que vous faites entre doctrines essentielles et détails montrent que vous ne semblez guère comprendre la notion de plénitude (plénitude de la Vérité entre autre)... Une petite lecture de Saint Justin de Celije (Père Justin Popovitch vous ferait le plus grand bien).
Encore merci George!
Vos commentaires remplis d'Amour chrétien me vont droit au cœur: tant qu'il y restera des participants comme vous, ce blog vaudra la peine d'être visité. J'espère que vous ne cèderez pas aux injonctions de nos frères "zélotes" et continuerez à témoigner. L'Eglise du Christ est bâtie sur l'Amour et la joie: le RP. Alexandre (Schmeman) écrit: "la "fausse religion" commence par l'incapacité à se réjouir, ou plutôt – par le refus de se réjouir." Je ne vois aucune joie et beaucoup de haine dans ce qu'écrivent nos zélotes, alors que la communion de Mgr Nicolas est un grand signe d'amour et de joie.
Ceci dit, je voudrais reprendre le commentaire qu'un ami m'a envoyé sur ce sujet: "toutes ces questions (et une foule d'autres, bien sûr) pourront trouver une réponse acceptable, non par des compromis, mais par la charité, et une clarification des traditions réelles. Vous aurez noté, par exemple, que les tenants d'une ligne "rigide" parmi les commentaristes de l'excellent moinillon reconnaissent que leur position est celle de l'Athos (ou d'un certain nombre de monastères de l'Athos) et d'autres orthodoxes tout à fait vénérables, mais pas forcément de tous les patriarcats (que ce soit Moscou ou Constantinople, par exemple) ni de toutes les époques. On peut donc être orthodoxe sans (forcément) être arc-bouté dans une position "anti-oecuménique". Mais on ne peut l'être que si on a autant d'amour pour ses frères zélotes (qui peut-être nous regarderaient de travers) que pour ses frères (ou ses cousins, comme dit Monachus Exiguus) catholiques (ou protestants). Je veux dire par là qu'il ne s'agit pas de se poser en pharisien du genre "j'ai plus de charité que tel orthodoxe borné..." : lui aussi essaie d'aimer et de suivre le Christ, comme nous, c'est à dire comme il peut et avec la grâce du St Esprit".
Je pense qu'en ce dimanche particulièrement, nous devrions prier ensemble que Dieu nous aide à y voir claire, nous qui sommes tous aveugles de naissance...
Christ est ressuscité!
PS: merci père Nicolas pour vos éclaircissements. Ils sont assez précis pour m'aider à m'orienter, mais me laissent sur ma faim pour les détails: si la position de l'Eglise Catholique a été clairement définie par Vatican 2 (je peux retrouver les textes exacts), je ne sais tjrs pas où et quand a été précisée celle de L'Eglise Orthodoxe (... "considère la communion romaine comme hérétique"). Il apparaitrait donc que chacun fait comme il veut, des zélotes de l'Athos (qui défendent parfois leurs positions à coup de bâtons) à Mgr Nicolas (le communiqué roumain souligne qu'il s'agit d'une première depuis 1700...)
En demandant votre bénédiction
Avec un peu d'autoritarisme, je mets un terme aux commentaires de ce
billet. Comme on pouvait s'y attendre, les derniers commentaires diluent à tel
point le bon vin que ce dernier perd de sa saveur. Je regrette un peu aussi que
nos bien-aimés lecteurs ne soient pas très attentifs à mes
recommandations.
Si quelqu'un désire s'exprimer encore sur ce thème, il peut le faire dans les commentaires du billet : FronleichnamLes premiers commentaires font bien le point sur l'Église orthodoxe, en tout cas telle qu'elle est vécue par l'inspirateur de ce blog.
Un estimable lecteur me signale un débat sur le forum suivant :
http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=2309 où il est possible d'intervenir.
BON DIMANCHE ! C'est le dernier de la période postpascale.