Mais lorqu'elle commence à se purifier grâce à une grande vigilance, alors, comme une sorte de remède vivifiant, elle sent la crainte de Dieu qui la brûle, comme en la poursuivant de ses reproches dans un feu destiné à produire l'impassibilité. De là vient que par la suite, une fois purifiée en partie, elle se hâte d'atteindre à la purification parfaite, l'amour croissant en elle en même temps que diminue la crainte, afin d'arriver ainsi à la charité parfaite en laquelle il n'est plus de crainte, comme il a été dit, mais une totale impassibilité, fruit du désir de la gloire de Dieu. Mettons donc toute notre joie et toute notre fierté à acquérir d'abord la crainte de Dieu, pour arriver ensuite à la charité qui est la plénitude de la loi de perfection en Christ.

Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.