carême et semêne
Par ptit moine le samedi 12 juillet 2008, 13:00 - réflexions - Lien permanent
Un ami m'écrit : « Quelle grâce nous avons eue, en
suivant l'ancien calendrier, d'avoir bénéficié d'un carême dont ceux qui
suivent le nouveau calendrier ont cette année été totalement privés ! »J'écrivais justement à un autre ami "néo-calendariste" qui se demandait bien pourquoi je parlais encore de carême dans un billet sur la Nativité du Précurseur :
Cette année, en effet, le jeûne des Apôtres a débuté pour tout le monde (je veux dire : les orthodoxes) le 23 juin (une semaine après la Pentecôte) et a duré six jours (une semêne) pour les joyeux "néo-calendaristes", mais il a duré 19 jours pour... nous !« Oui, oui, les neo-calendadaristes sont sûrement bien contents de
réduire presque à néant les carêmes...
Des rusés ! »
On me rétorquera que le carême peut aussi ne durer qu'une semaine (ou plutôt 8 jours minimum) quand la fête de Pâques est la plus tardive (le 8 mai du calendrier civil), le carême commençant alors le 4 juillet (cal. civil). Oui, mais dans ce cas-là nos amis néos restent sans jeûne des Apôtres et volent donc 5 jours au carême !
Des rusés, je vous dis !
Ironie mise à part, c'est important car le jeûne est une préparation à la fête, comme le jeûne est aussi une préparation à la communion.
C'est donc bien une grâce de participer à la vie de l'Église comme l'Église l'a réglementé par sa tradition.






Commentaires
Allons, allons, il ne faudrait pas faire de généralisation abusive... Il est vrai que le carême des saints apôtres est singulièrement raccourci pour les "néo-calendaristes", voire même qu'il lui arrive de "passer à la trappe". Mais sur les 4 carêmes de l'année, c'est le seul qui connaisse ce sort, les trois autres (Grand Carême, Dormition et st Philippe) ont rigoureusement la durée commune. Donc ce ne sont pas "les carêmes" qui sont "réduits presque à néant", juste (enfin, si je peux dire) celui des saints Apôtres...
Par ailleurs, votre ami commet une petite erreur : cette année "ceux qui suivent le nouveau calendrier" n'ont pas été totalement privés du jeûne des saints Apôtres : il a duré une semaine...
Vivement 2078, qu'on en ait le cœur net !
Il faudrait tout de même trouver un vocabulaire précis et réserver le mot "carême" à une période de quarante jours, conformément à ce que ce mot signifie. On pourrait parler du jeûne (ou plutôt de "l'abstinence" moins restrictive) des Apôtres, de la Dormition etc ... et du Carême, voire du Grand Carême, période de préparation à Pâques. Lorsque je lis "carême d'une semaine", me revient le souvenir obsédant d'un restaurateur de Calais qui, sans doute pour attirer la clientèle anglaise, proposait un "Five o'Clock à toute heure."
Enfin (on ne se refait pas) cette citation où les choses sont tellement bien dites :
Antiochos le Pandecte :
Le moindre...
Hier. Nicolas.
C'est drôle cette photo (toute révérence gardée pour le défunt) mais cela me fait penser irrésistiblement à l'expression "Creuser sa tombe avec ses dents"...bien entendu il s'agit alors de mort spirituelle. Est-ce que j'explicite ce qui a été suggéré ?
Résumons :
Khitrets = rusé
Rusé = Néo-calendariste
Mais c'est la tombe de Khitrets qui est mise en valeur.
Donc, doit-on en conclure qu'un bon "néo" est un "néo" mort ?
J'en frémis.
Souvenons-nous aussi que les saints Apôtres et les premiers Chrétiens, tous authentiques Orthodoxes, partageaient le pain eucharistique durant le repas normal... c'est la perte de ferveur qui a amené à un changement, à un jeûne pré-eucharistique. Il n'est pas possible de le dire fondé théologiquement et incontournable à moins de dire que les Apôtres n'étaient pas.. Orthodoxes...
Ce jeûne n'a donc d'intérêt que s'il est vraiment une préparation, et pas simplement une rubrique à accomplir pour être en règle, avec sa conscience étriquée ou avec un pnevmatikon rubriciste. Le premier jeûne que le Seigneur a demandé, c'est la miséricorde.. c'est beaucoup plus difficile que de s'abstenir de manger et de boire, bien plus difficile. Parole de quelqu'un qui sait s'abstenir sans problème mais a dur à la miséricorde !