propos ascétiques XXX
Par ptit moine le vendredi 18 juillet 2008, 06:00 - sentences
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Le
sens de l'esprit est un goût exact de ce que l'on discerne. Car, de la même
manière que, lorsque nous sommes en bonne santé, grâce au sens corporel du goût
nous distinguons sans erreur les bonnes saveurs des mauvaises pour diriger
notre appétit vers ce qui est savoureux, ainsi notre esprit, lorsqu'il commence
à se mouvoir en bonne santé, dans une grande insouciance, peut ressentir en
plénitude la consolation divine, sans jamais se laisser détourner par la
consolation contraire.
De même en effet que le corps, pour avoir goûté aux douceurs des nourritures
terrestres, en garde dans ses sens une expérience infaillible, ainsi l'esprit,
lorsqu'il met sa fierté à s'élever au-dessus de la prudence de la chair, peut
goûter sans erreur en plénitude la consolation de l'Esprit Saint
— Goûtez et
voyez combien le Seigneur est bon (Ps 33, 9) —, et garder, par
l'action de la charité, le souvenir ineffaçable de ce qu'il a goûté, discernant
sans erreur ce qui est le meilleur, selon ce que dit le saint : Ce pour quoi je prie, c'est que
votre amour abonde de plus en plus en connaissance et en toute clairvoyance,
pour que vous discerniez le meilleur (Ph 1, 9-10).
Saint Diadoque de Photicé : Les propos
ascétiques. Cent chapitres.