saint Vladimir choisit la chrétienté orientale
Par ptit moine le lundi 28 juillet 2008, 09:00 - fêtes - Lien permanent

Johann Lebrecht Eggink : Le Prince Vladimir choisit sa foi (1822).
Source : http://tinyurl.com/st-vladimir
En prélude du baptême de la Rus' dans le Dniepr en 988.Le clergé de l'Église romaine se détourne.



Commentaires
«Le clergé de l'Eglise romaine se détourne.»
Je suis toujours effaré par ce procédé qui consiste à utiliser la puissance du langage pour faire passer en douce les idées les plus scandaleuses.
Cette technique est assez simple. Elle consiste à utiliser dans les médias un mot précis mais avec un autre sens jusqu’à ce qu’il passe dans l’usage courant. Gommant ainsi le sens original et faussant du même coup certains concepts de la conscience collective.
Un exemple le mot passion, qui originalement signifie souffrance est devenu synonyme de hobby, de passe temps plaisant. D’où l’incompréhension de beaucoup devant ce qu’est la Passion du Christ, pour qui apparemment se faire clouer au bois devait être une sorte de sport de l’époque ........
Un autre exemple, le nom d’Eglise, qui pourtant définit quelque chose d’extrêmement précis, est systématiquement attribué par les médias à toutes communautés plus ou moins chrétiennes.
Le pire, ce n’est pas que ce soit devenu l’usage des milieux athées de générer de telles différences ; le pire en fait est que cet usage est spontanément assimilé et reproduit par ceux qui justement sont sensés repérer ces différences et qui, entre autre, ont pour mission de toujours affirmer la Vérité.
« Si tu ne peux pas les convaincre, alors embrouille-les ! »
Proverbe du diable
Effrayantes références...
Un tableau aussi, ça se détourne :
Volodymyr : "Trop beau, ton gros livre ! Y'a même des images, fais voir!!"
Ses conseillers : "Ouah l'aut' eh ! Comment c'est écrit petit !"
Les légats du Pape : "Alors elle ne vous plait pas, ma belle crosse en or ? Ben puisque c'est comme ça on se casse !"
"Comment chuis trop dégoûté, là..."
Le garde : "Prenez garde à ne pas trébucher dans le décor sommaire de ce tableau, messeigneurs."
Oui, vous avez mille fois raison cher Moinillon, «Effrayantes références... » en effet !
J’avoue l'avoir citée alors que d’autres ne se contentent "que" de la mettre en application.
c'est d'autant plus cocasse que c'est si éloigné de la vérité historique. Sainte Olga avait elle-même sollicité la venue du clergé "romain", à son époque.
Je me permet de renvoyer à un résumé chronologique des faits:
http://stmaterne.blogspot.com/2006/...
Saint Vladimir, à l'époque du choix, regardait le fric avant tout. Constantinople avait beaucoup plus à lui offrir que l'Occident, que ce soit les parties encore Orthodoxes (il y en avait encore) ou les parties déjà pleines de "lapsi." Vladimir marchanda la main de la soeur des co-empereurs comme on marchande une carpette - et lesdits empereurs firent de même, le marchandage étant à double sens..
On se rappelera que les Varangues, dont Vladimir était quelque part lui aussi descendant, avaient la route du Dniepr dans le sang depuis des siècles. Donc Constantinople était un choix logique.
La belle légende des Chroniques tardives est charmante. Je trouve dommage cependans qu'elle enlève un peu du lustre de la conversion, en brodant comme elle fait. Enfin, c'était la mode (mais est-ce que ça a vraiment changé?)
Certes Vladimir était intéressé par les débouchés commerciaux et la porte ouverte sur la Méditerranée. A l'instar du bon roi Henry pour qui Paris valait bien une messe, Vladi choisit Constantinople et la monogamie, renonçant à une dizaine d'épouses-concubines.
Quant à la route "des Varègues aux Grecs", elle ne fut pas, en dehors de quelques taquineries avec les tribus voisines, baignée dans le sang. Les Novgorodiens et autres villes du Nord, avaient trop besoin de paix pour assurer leur commerce.
Pour ceux qui ont envie de lire la fameuse Chronique de Nestor sur les
www.scribd.com/doc/2949245/Chronique-de-Nestorbalbutiements de la Rus' je recommande, dans la bibliothèque d'Albocicade, ce
téléchargement :
Je crois avoir lu dans sa biographie par Volkov que mon bon patron avait renoncé à plusieurs centaines de concubines... Cela vaut bien un brevet de sainteté !
Allons, allons, on parlait sérieusement de politique, là, et puis voilà que le débat se porte sur les concubines du Prince Vladimir. Et vous oubliez de dire que s'il avait choisi l'islam il aurait gardé ses concubines, mais il aurait dû renoncer à la vodka !!!
(c'est les vacances, autant se détendre un peu après tout)
Merci pour vos bons voeux (je ne sais s'il faut écrire "petit frère" ou "petit père" :-)) En + cette année je trouve ma fête bien commémorée: 2 patriarches qui se parlent à cette occasion!!!
pour Marie : je m'excuse de devoir vous contredire, mais je pense que Varangue est bel et bien le terme exact. Varègues est selon moi une traduction française inappropriée.
J'ai cité ici l'origine norvégienne du terme, dans l'historique des fondateurs de la si peu russe Rus':
"Les Varangues, ces Suédois qui dirigèrent la Russie, devinrent Orthodoxes et gardèrent Constantinople - récit largement illustré de leur épopée, citations des Sagas et Chroniques & vie de saint Sigfrid, évêque Orthodoxe de Vaxlö, Père de la seconde évangélisation de la Scandinavie (début 11ème s.)"
http://stmaterne.blogspot.com/2008/...
Ce terme générique vient des habitants du Varangerfjörd, peuplades de l'Age de Bronze, dont l'archéologie a retrouvé l'existence au nord de la Norvège, des implantations de 1.500 ans avant Jésus-Christ. Gwyn Jones signale en p.18 de son "history of the Vikings" (Oxford University Press) que la science anthropologique a de plus démontré l'identité raciale commune avec celle des habitants du Oslofjörd, tout en bas, eux-mêmes cousins de ce qu'on appellera plus tard les Suédois, d'implantation plus tardive.
Mais ça reste du détail
Cependant, ce n'était pas une route pacifique, car l'esclavage et la collecte de tribut était une norme chez les Vikings en terres dominées. Cette route vers les Grecs n'était donc pas de tout repos pour ceux qui y vivaient.