Je dis cela pour ceux qui, dans des couvents ou dans des villes, se sont donné pour but de pratiquer la continence, parce qu'ils ne peuvent, par suite des circonstances qui se présentent, pratiquer sans interruption les œuvres de la foi dans la charité, et surtout aussi pour leur éviter de tomber dans la vaine gloire ou dans les tentations du diable. Ainsi certains d'entre eux se vantent un peu partout de leur refus de faire appel aux médecins. Par contre, si quelqu'un mène une vie d'anachorète en ces lieux plus écartés, dans la seule compagnie de deux ou trois frères qui partagent son genre de vie, qu'il s'adresse dans la foi, au Seigneur, qui seul peut guérir toute maladie et toute langueur, quels que soient les maux qui l'atteignent. Car la solitude lui apporte, en plus du Seigneur, une consolation suffisante dans ses maladies. C'est pourquoi un tel homme ne cesse jamais de pratiquer les œuvres dans la foi, surtout qu'il ne trouve pas l'occasion de faire étalage de sa vertu de patience, protégé qu'il est par la solitude comme par un beau voile. C'est pourquoi : A l'isolé, Dieu donne le séjour d'une maison (Ps 67.7).
Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.