propos ascétiques LV
Par ptit moine le mardi 12 août 2008, 06:00 - sentences - Lien permanent
L'âme
ne désirera pas se séparer du corps, si elle ne devient pas indifférente à
l'égard de l'air que nous respirons. En effet, tous les sens du corps
s'opposent à la foi, parce qu'ils relèvent du monde présent, tandis que la foi
promet l'abondance et la magnificence de biens seulement à venir.
Donc, pour le combattant, il convient de ne songer ni aux arbres aux larges
branches ou aux beaux ombrages, ni aux sources aux belles eaux, ni aux prairies
avec leurs herbages variés, ni aux demeures fastueuses, ni aux rencontres avec
sa parenté ; il convient également de ne pas garder le souvenir de la gloire et
de l'éclat des honneurs, s'il y a eu part, mais il lui faut plutôt se contenter
du nécessaire, dans l'action de grâces, et considérer la vie présente comme une
route poursuivie en pays étranger, vide de toute affection charnelle. C'est
ainsi que, si nous resserrons notre pensée, nous la tournerons tout entière sur
la trace de la vie éternelle.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos
ascétiques. Cent chapitres.



