Mais dès qu'elle eut regardé le bois avec plaisir et que, entraînée par un vif désir, elle y eut porté la main et qu'elle eut goûté à son fruit avec une délectation intense, aussitôt, elle se laissa séduire par le plaisir de l'étreinte physique, étant dans sa nudité comme liée à la passion. Dès lors, elle tourna tout son désir vers la jouissance des biens présents, après avoir, par l'attrait du fruit, mêlé Adam à sa propre chute. Il s'ensuit que désormais l'esprit humain éprouve de la difficulté à garder le souvenir de Dieu ou de ses commandements. A nous donc de tenir toujours notre regard tourné vers la profondeur de notre cœur, en gardant toujours étroitement le souvenir de Dieu, et de traverser en aveugles cette vie pleine de séductions trompeuses. Car, il revient à la philosophie vraiment spirituelle de toujours couper les ailes à l'amour qui nous attire vers les biens visibles. C'est aussi ce qu'enseigne Job, cet homme riche de l'expérience de tant d'épreuves, lorsqu'il dit : Si mon cœur est allé à la suite de mes yeux (Job 31, 7). Une telle protestation est la marque d'une continence extrême.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.