Cependant, que, sans cesse dans son cellier intérieur, il tienne son regard si étroitement fixé sur cette parole, qu'il ne s'en détourne pas vers des imagination. En effet, tous ceux qui méditent sans cesse ce nom saint et glorieux dans la profondeur de leur coeur deviennent aussi, un jour, capables de voir la lumière de leur esprit. Car, si ce nom est retenu par la pensée avec un soin étroit, il consume toutes les souillures qui peuvent surnager dans l'âme, dans la force du sentiment. Notre Dieu est un feu consumant (Dt 4, 24), est-il dit. D'où vient que, dès lors, le Seigneur attire l'âme à un grand amour de sa gloire. Car si ce nom glorieux et très désirable reste, d'une manière durable, dans la mémoire de l'esprit, avec la ferveur du cœur, il établit en nous la disposition habituelle d'en aimer la bonté, sans que rien dès lors n'y fasse obstacle. C'est là, en effet, la pierre précieuse que l'on ne peut acheter qu'après avoir vendu tout son bien, et dont la découverte procure une joie indicible.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.