En effet, quelle différence établir entre les fils de Dieu et les fils de ce siècle, si la justice de ces derniers ne se révèle pas imparfaite comparée à la justice des premiers, ce qui amène à parler, d'une part, de droit humain et d'autre part de justice divine. C'est ainsi que notre Seigneur, insulté, ne rendait pas l'insulte ; souffrant, ne menaçait pas (1 Pi 2, 23) ; mais qu'il se laissa dépouiller de son vêtement en silence et que, pour dire plus encore, il pria son Père pour le salut de ces hommes criminels. Cependant les hommes de ce monde entament des procès sans fin s'ils ne récupèrent pas avantageusement les biens en litige, exigeant les intérêts avant même la créance, de telle manière que leur droit devient le plus souvent la source d'une grande injustice.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.