propos ascétiques LXVIII
Par ptit moine le lundi 25 août 2008, 06:00 - sentences - Lien permanent
Le plus souvent, notre esprit supporte avec peine la prière, parce qu'étroite
et resserrée est la vertu de prière, mais pour la théologie, il s'y adonne avec
joie parce que larges et amples sont les contemplations divines. Donc, pour
éviter de laisser le champ libre à notre esprit pour multiplier les paroles ou
pour s'envoler à l'excès dans sa joie, livrons-nous le plus souvent possible à
la prière, à la psalmodie, à la lecture de l'Ecriture Sainte, sans négliger les
méditations d'hommes instruits qui affirment leur foi dans leurs paroles.
Si nous agissons ainsi, nous empêcherons notre esprit de mêler ses propres
mots aux paroles de la grâce et de se laisser entraîner par la vaine gloire,
dans un excès de joie ou de paroles. An contraire, au temps de la
contemplation, nous le garderons hors de l'imagination et nous ne tirerons de
lui que des pensées capables de faire jaillir des larmes. Comme il se repose
dans ces moments de recueillement et s'apaise dans la douceur surtout de cette
prière, non seulement il reste à l'abri des défauts évoqués plus haut, mais
encore, il se renouvelle de plus en plus pour s'appliquer avec ardeur et sans
peine aux contemplations divines, en même temps que, avec une grande humilité,
il progresse dans l'approfondissement du discernement. Cependant, il faut
savoir qu'il existe une prière capable de s'élever au-delà de toute limite :
elle est alors le fait de ceux que la grâce sainte comble en toute perception
et plénitude.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos
ascétiques. Cent chapitres.



