Si nous agissons ainsi, nous empêcherons notre esprit de mêler ses propres mots aux paroles de la grâce et de se laisser entraîner par la vaine gloire, dans un excès de joie ou de paroles. An contraire, au temps de la contemplation, nous le garderons hors de l'imagination et nous ne tirerons de lui que des pensées capables de faire jaillir des larmes. Comme il se repose dans ces moments de recueillement et s'apaise dans la douceur surtout de cette prière, non seulement il reste à l'abri des défauts évoqués plus haut, mais encore, il se renouvelle de plus en plus pour s'appliquer avec ardeur et sans peine aux contemplations divines, en même temps que, avec une grande humilité, il progresse dans l'approfondissement du discernement. Cependant, il faut savoir qu'il existe une prière capable de s'élever au-delà de toute limite : elle est alors le fait de ceux que la grâce sainte comble en toute perception et plénitude.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.